Partagez | 
 

 Curiosity is one of the great secrets of happiness / PV Hadrien

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


→ INSCRIT DEPUIS : 21/04/2013
→ MESSAGES : 175
→ LOGEMENT : Avec sa mère dans une petite maison
→ JOB(S) : Etudiante & Serveuse
→ HUMEUR : Perdue



MessageSujet: Curiosity is one of the great secrets of happiness / PV Hadrien    Sam 1 Juin - 9:36




« I’m inclined to reserve all judgments, a habit that has opened up many curious natures to me. »


    « Selena! Je file au travail! N'oublie pas que la famille de Jack vient manger à la maison ce soir, il faudra faire chauffer le rôti! »

Lança ma mère alors qu'elle était déjà à la porte d'entrée. Nous ne nous étions pas encore fâchées aujourd'hui, un sacré miracle par les temps qui courent... J'étais dans la salle de bain entrain de lutter contre mon abondante chevelure, ne comprenant qu'un mot sur deux. S'était une habitude de ma mère: parler normalement en étant à l'autre bout de l'appartement puis se plaindre qu'on ne l'écoute pas. Ce n'est pas une question d'écoute! C'est une question de capacité d'audition et, jusqu'à nouvel ordre, je ne suis pas super man... Mais inutile de lancer l'assaut aussi tôt dans la journée, et surtout pas pour une absurdité pareille. Je sais de quoi elle parle, la famille de Jack vient dîner à la maison ce soir et c'est à moi de préparer le repas à cause des horaires décalées de son travail. Cette semaine, elle fait du dix heure vingt heure... Je n'ai toujours pas compris cette étrange organisation d'ailleurs. Pour ma part, c'est une journée tranquille qui s'annonce, nous sommes samedi mais je ne travaille pas; mon patron me devait un jour et j'ai trouvé que celui-ci serait de bonne augure.

    « Okay!! »

Criais-je afin de l'autoriser à quitter les lieux pour de bon. Ce n'était pas de la haine, très loin de là même, c'était une sorte de malaise constant, un sentiment atroce de ne pas être à ma place avec elle, que nous ne partagions pas le même sang... Je ne sais pas depuis combien de temps je ressentais ça, peut être bien depuis toujours en fait. Il m'arrivait même de rêver que j'étais née dans une rose c'est vous dire à quel point je n'était pas tranquille... Mais on s'habitue plus ou moins à tout, aux disputes, aux réconciliations, aux excuses vaseuses. Notre vie n'en restait pas moins agréable et nous ne nous crêpions jamais le chignon en public, à part quelques fois devant Jack... Rien de grave, une mère en pleine crise de la quarantaine et une fille en manque de liberté, quoi de plus normal!? Avec une grimace, je tirais sur le dernier noeud qui trainait dans cet enfer rouge puis posais ma brosse. Un bon soldat qui avait livré plus d'un combat acharné... Mais qui n'était pas très loin de son dernier soupir. Visiblement, j'avais tiré de mon père en ce qui concerne mes cheveux, puisque ma mère semblait avoir une chevelure impeccable du matin au soir sans jamais y faire quoi que ce soit! Une injustice de plus dans ce bas monde! Enfin, j'avais au moins hérité de son tempérament de feu et de son caractère de cochon! Elle était peut-être vraiment ma mère dans le fond!

Trêve de bavardages! Il est l'heure de se bouger les fesses! Et pour cela, rien de tel qu'un bon petit jogging avec de la bonne musique à fond dans les oreilles! C'était mon moyen de décompresser tout en éliminant toutes ces vilaines graisses! Bon, j'avoue préférer de très loin le confort de mon canapé et mon petit carnet de dessin; seulement ça n'aide pas vraiment à garder la ligne... Dans mon petit survêtement, je descends les escaliers en trottinant, tentant d'être le plus discrète possible afin de ne pas déranger nos voisins du dessous. Une idée de ma mère, pas des plus idiotes: Pour avoir un peu d'argent en plus, elle loue l'étage inférieur de notre maison, coupant celle-ci en deux appartements de taille respectable. Je connais mal les locataires mais ils ne se plaignent jamais alors je suppose qu'ils sont plutôt sympathiques. Enfin ils ont surtout l'air d'être au travail pour le moment... Après avoir traversé le petit couloir, je passe le pas de la porte et entame directement mon petit exercice. Le temps est plutôt maussade aujourd'hui, une chance que je ne sois pas frileuse!

Une heure passe. J'entends des gens sur le chemin, ils discutent de cette histoire de manifestation, de procès ou que sais-je encore... Je ne sais pas trop quoi penser de tout cela, j'ai du mal à me sentir vraiment concernée et je m'en veux un peu. Tous les habitants de Taleville semblent avoir un avis bien précis sur la situation alors que moi... Je ne suis qu'une jeune fille de vingt ans qui rentre à peine dans la vraie vie finalement, comment pourrais-je avoir un véritable avis? Puis je ne connais pas ce type! Je ne peux pas le juger seulement avec les dires d'autres personnes très loin d'être objectives! Alors je préfère ne pas avoir d'avis, attendre que la justice fasse son travail. Et pour le loup? Je ne pense pas être d'un très grand intérêt pour lui, je ne suis même pas sûre qu'il ne soit pas le fruit de l'imagination d'un rigolo alors! Je secoue doucement la tête alors que je regagne finalement le porche de ma petite demeure. Ailleurs, différente, une fois de plus.

La suite de ma journée n'est pas d'un très grand intérêt, ma mère n'a pas le temps de manger à la maison aujourd'hui alors ce sera restes réchauffés pour moi! Le tout devant la rediffusion d'un talk show amusant que je regarde au moins une fois sur trois millions! Quoi? La télévision n'est pas vraiment ma copine! Rien de tel qu'un bon film à mes yeux, c'est la vie! Une fois mon repas terminé, vient l'heure du travail pour l'université... Oh joie! Dissertations, études de texte, et autres merveilles que j'oublierai aussitôt l'année terminée! Faites des études qu'y disait! Bonne blague... Mais quand on aime on ne compte pas toutes ces belles années qu'il me reste avant de pouvoir les enseigner à mon tour! Oui, enseigner. Pas à l'université... Ou peut-être que si en fait... J'ai le temps de voir venir! Je n'en suis qu'à ma deuxième année alors... Je soupire, tourne beaucoup de pages, bois au moins quatre cafés, note, efface... Une étudiante normale ayant autant envie de travailler que de se pendre, normal. Après de longues heures passées dans ce brouillard étrange, je réalise qu'il est grand temps de m'occuper du repas du soir. Maman à fait le plus gros, je n'ai plus qu'à faire une sauce pour la salade et mettre la viande et les pommes de terres au four.

Mais c'est sans compter sur mes récents talents de pâtissière qui me donnent envie d'éblouir nos convives avec... Et pourquoi pas un bon gâteau au chocolat?! Rapide coup d'oeil dans les placards: j'ai tout! Quoi que la quantité de sucre risque d'être assez limitée... Je mesure avec notre bon vieux verre doseur et réalise avec effroi qu'il manquera quelques bons grammes. Quoi que je souhaite faire aujourd'hui, il en manquera et nous ne vivons pas vraiment à côté du centre ville! Sans compter que ma charmante voiture est au garagiste alors je suis un peu prise au piège. Qu'à cela ne tienne! J'ai des voisins non?! Bon, pas ceux de dessous... Mais il y a du monde autour! Sans compter que la petite maison à notre droite m'a toujours intriguée... Un peu lugubre, étrange. Pourtant l'homme qui y habite semble relativement jeune bien que je ne l'ai vu que très rarement... Peut-être est-il un peu ermite sur les bords? Ce n'est donc peut-être pas une super idée de frapper à sa porte... Seulement je suis aussi curieuse qu'un chat (oui, une vraie ménagerie à moi toute seule!) et ce jeune homme à la maison bizarre m'intrigue, c'est l'occasion rêvée!!

Il pleuvote dehors, un temps qui rend la maison plus lugubre encore... Et dire que je trouvais ma maison étrange! Une sensation inexplicable s'empare de moi avant de frapper. Pas de la peur, ou peut-être un peu... Mais peur de quoi? J'ai déjà aperçu le jeune homme, et il est loin d'être un gros monstre tout poilu! Ressaisie toi ma vieille! Me dis-je en prenant une grande inspiration. Trop de mystère sans doute... Finalement, je me lance, tapotant doucement sur la porte en bois. Une odeur fort agréable semble s'échapper de ses murs abimés par le temps. Des fleurs? Voilà que je deviens complètement folle! Déjà que je n'étais pas très claire... Combien de fleurs faudrait-il pour obtenir un tel parfum?! Et surtout, comment se parfum pourrait-il être assez fort pour envelopper celui de la demeure?! Impossible... Restons calme. Mon sweat shirt commence un peu à s'humidifier, tant pis pour mes cheveux qui crient déjà à l'aide sous la capuche. Ce qui ma fait d'ailleurs réaliser que ma tenue n'est pas franchement fantastique: un jean classique, des converses rouges et un sweat gris à capuche. Ce qui se cache dessous n'est pas franchement mieux puisqu'il s'agit d'un vieux T-shirt gris tout désigné pour faire de la cuisine... Bah, quelle importance? Pour compenser, j'affiche un grand sourire avenant et plein d'innocence, presque comme une enfant, comme toujours.

Et finalement le voilà, mon mystérieux voisin est là, dans l'embrasure de la porte à peine ouverte. Il n'a pas l'air franchement très heureux de me voir mais cela n'ôte rien à son charme: Une belle tignasse brune, des yeux d'un bleu profond, un visage fin bien qu'un peu pâle... Presque surprise par une telle apparition (il faut dire qu'on imagine plus ce genre d'homme dans un palais que dans une gargote...), je ne trouve pas vraiment mes mots, laissant un léger silence s'installer entre nous. Du sucre, tu es là pour du sucre espère d'idiote!! Me dis-je alors que mes lèvres refusaient de formuler le moindre mot. Dans mon esprit, ce silence dura une éternité mais, concrètement, ce ne fut que quelques petites secondes de rien du tout...

    « Bonjour! Désolée de vous déranger... Je... Je suis votre voisine et il s'avère que je suis en pénurie de sucre en poudre! Pourriez-vous me dépanner? Je vous offre une belle part du gâteau en échange! »

Souriais-je avec une aisance improbable. Mon cerveau avait toujours cette étrange aptitude de changer du tout au tout... Chose qui m'arrangeait plutôt il faut dire, surtout dans ce genre de situation! Seulement il faut me comprendre, je ne savais pas par où commencer: Nous étions voisins depuis un bon moment mais nous n'avions jamais eu l'occasion de nous rencontrer vraiment. Alors j'hésitais entre la présentation basique (au risque de passer pour un vendeur au porte à porte....) ou l'attaque directe que j'avais finalement préféré. Après tout, une Rose aura toujours le même parfum, quelque soit son nom non? Alors pour le moment je serais simplement la voisine en détresse, s'était aussi bien comme ça!

_______________________________


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


→ INSCRIT DEPUIS : 25/05/2013
→ MESSAGES : 93
→ LOGEMENT : Une modeste maison dont la sobriété ne laisse pas présager le raffinement intérieur
→ JOB(S) : Botaniste spécialisé dans l'horticulture et la floriculture {Jardin botanique}


MessageSujet: Re: Curiosity is one of the great secrets of happiness / PV Hadrien    Sam 1 Juin - 20:03

●•●


Ils l’avaient hanté une fois la nuit tombée. Comme souvent. Comme toujours. Le monde des songes le happait dans un tourbillon étrange dont il ne réchappait jamais qu’à moitié et ces grands yeux bruns sans propriétaire le lui rappelaient piteusement. Hadrien parvenait toutefois à se convaincre qu’il était parfaitement indemne à chaque fois qu’il écrasait deux doigts encore gourds sur le bouton du réveil, le réduisant ainsi au silence. Le simple fait de se lever et de plonger dans le réel était signe de victoire sur cet onirisme gluant entachant son existence parfaitement réglée. Le jeune homme était un casanier. L’extérieur le tentait aussi peu qu’une baignade en pleine rivière infestée de crocodiles ou de piranhas. En ce qui concernait l’imaginaire, l’analogie était presque impeccable. Trop éloigné pour être atteignable, il le rebutait jusqu’à provoquer sa fuite.

Aussi la solitude demeurait-elle son meilleur refuge. Pelotonné dans ses habitudes, il était presque serein. Café sur café pour attraper le train de la routine et émoustiller ses neurones qui seraient, une fois encore, mis à rude épreuve, telles étaient les premières note de musique de sa mélodie journalière. Venait ensuite l’inspection des roses, chaque pensionnaire ayant ses « habitudes » particulières et recevant des marques d’attention qui lui étaient propres. Ensuite, il allait se noyer lui-même sous l’eau de sa douche, se vêtait, attrapait sa veste et en remontait machinalement le col, se donnant des airs de lugubre comte à la cape flottant au vent.

Le reste de ses activités se résumaient rapidement : travailler, dans la plus grande minutie, sur ses projets d’horticulture. Et également dans le plus grand silence. Peu osaient le déranger, de toute manière car chacun avait fini par retenir que l’exigence d’Aulnoy frôlait la maniaquerie. Sans compter les accueils plus que glaciaux réservés à tout qui viendrait troubler sa royale concentration. Le Jardin des Hespérides vivait au rythme de ses visiteurs tandis que le jeune homme respirait suivant celui de ses fleurs, en somme. Rien de bien compliqué ni de bien palpitant, vous en conviendrez, mais Hadrien n’avait jamais prétendu vendre du rêve à qui que ce soit.

Quand sa journée toucha à sa fin, comme tant d’autres, il regagna sa demeure telle une ombre, lové dans sa bulle personnelle qu’il préservait de toute intrusion. La soirée s’annonçait ordinaire, sacro-saint tête-à-tête entre ses dames et lui-même, sans la moindre perturbation. Il était le nez plongé dans un bouquin quand un vague bruit de carillon retentit à ses oreilles, provoquant un long et profond soupir. S’interrompre pour quelque chose d’accessoire lorsqu’il s’était déjà remis à l’ouvrage, en négligeant même l’heure du repas, n’était déjà pas particulièrement quelque chose qu’il appréciait. S’interrompre « pour quelqu’un » atteignait le stade supérieur sur l’échelle de l’agacement, la gradation étant proportionnelle à la variabilité du temps que l’on risquait de perdre à bavasser avec n’importe qui.

S’arrachant à ses fleurs, Hadrien se redressa pour gagner la porte. La mine pas particulièrement avenante, il l’ouvrit pour faire face à une demoiselle malmenée par la pluie. Espérant qu’elle n’était pas là pour demander un quelconque service, il la scruta des pieds à la tête tout en marmonnant un bonjour, comme la courtoisie le requérait.

Bonjour ! Désolée de vous déranger ... Je ... Je suis votre voisine et il s'avère que je suis en pénurie de sucre en poudre ! Pourriez-vous me dépanner ? Je vous offre une belle part du gâteau en échange ! , développa la visiteuse, rassurant à moitié Hadrien. La requête était simple, peu envahissante et, normalement, rapidement réglée. Voilà qui ne devrait pas le détourner trop longtemps de ses recherches.

Inutile, répliqua Hadrien, au risque de passer pour un mufle en entamant ainsi sa réponse, c’est de bonne grâce , consentit-il sobrement, laissant la porte entrouverte avant de tourner les talons vers l’intérieur de sa demeure.

Sans plus de cérémonie, il traversa le corridor pour rallier la cuisine et quérir du sucre. Planté devant le placard, il hésita à attraper une tasse avant de réaliser que cela obligerait cette demoiselle à revenir. Après mûre réflexion, il n’était pas certain d’avoir envie de compagnie impromptue dans les jours à venir. Optant finalement pour le paquet de sucre complet, il descendit prestement à la cave, surveillant machinalement sa montre pour vérifier qu’il restait « dans les temps ». On ne faisait pas attendre quelqu’un avec qui on était occupé mais, heureusement, ses roses n’étaient pas susceptibles.

Je pense que ceci devrait vous suffire, pren- … , s’interrompit-il, une fois de retour à l’entrée, constatant qu’il n’y avait plus personne … sur le porche. Un peu plus loin, en revanche, son invitée surprise s’extasiait face aux boutures de rosiers et Hadrien dut se faire violence pour ne pas lui sommer de ne toucher absolument à rien.

A la place, il se contenta d’un raclement de gorge, signalant par là même son retour. Il n’était en effet pas totalement certain qu’elle ait entendu sa précédente phrase et il n’avait aucune envie qu’elle ne sursaute et renverse la moindre chose. Aucun risque n’était à courir quand il était question de ses fleurs ...

Le Français était par ailleurs tiraillé, n’ayant pas l’habitude de recevoir de la visite, encore moins plus loin que le pas de la porte. Le sucre … , embraya le jeune homme avec sobriété, tendant le paquet vers son interlocutrice. Voilà, il avait rempli la part de ses obligations en jouant les gentlemen, cela devrait suffire. Toutefois, il ne put s’empêcher d’ajouter. Il y a les mêmes au jardin botanique, vous savez … Ce qui n’était pas totalement vrai puisque la plupart des projets qu’il menait dans sa demeure étaient essentiellement personnels et pas pour étoffer le Jardin des Hespérides. Néanmoins, ceci était une tentative boiteuse pour écourter l’entrevue et, surtout, minimiser le côté un peu « extraordinaire » de sa maison qui, comparativement à l’extérieur, s’illuminait quand on mettait deux pieds dedans. Il n'avait pas non plus envie qu'on aille faire la moindre analogie entre sa personnalité et sa maison, sa taciturnité à lui ne s'effaçant pas pour peu qu'on ouvre les portes de son cœur et autre niaiserie du genre. Les filles, ça 'imaginait souvent n'importe quoi, non ?

●•●
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Curiosity is one of the great secrets of happiness / PV Hadrien

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Rusted Great Sword - Wonr Great Sword
» Great Mahou Daisakusen (Dimahoo) Astuce & Bios traduc
» The Great War In Europe: Deluxe Edition - GMT
» Great Campaign of Le Second Empire
» Peut être le plus rare: Great Ice Hockey Jap.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Believe In Magic :: Blueberry street-