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 j'ai la gueule de bois amoureuse ; le réveil est violent.

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MessageSujet: j'ai la gueule de bois amoureuse ; le réveil est violent.   Dim 2 Sep - 15:33

❝ Si tu as peur de te faire mal, tu augmentes les chances, justement, de te faire mal. Regarde les funambules, tu crois qu’ils pensent au fait qu’ils vont peut-être tomber lorsqu’ils marchent sur la corde raide ? Non, ils acceptent ce risque, et goûtent le plaisir que braver le danger leur procure. Si tu passes ta vie à faire attention de ne rien te casser, tu vas terriblement t’ennuyer, tu sais… ❞

Tout ça n'était qu'un rêve, juste une chimère, un bout de pensée. Et pourtant, au clair de lune, il en est tout autrement. L'appartement est bien retourné dans tout les sens, les corps sont entremêlés, et lui continue de dormir. Une tombe. Son souffle chaud s'écrase contre ma joue et je n'ose bouger de peur de le réveiller, mes yeux se plantent sur le plafond constellé de peinture et je me mets à réfléchir. Tout ça c'est faux, c'est dans mon esprit, moi je sais plus ce que je pense, j'ai le cerveau à l'envers. Je suis tout retourné. C'est ça, non ? Etrangement, tout paraît calme, c'est une atmosphère tranquille, rien à voir avec le feu qu'il y a eu ces trois derniers jours. Ou quatre maintenant. Enfin, le temps semble suspendu au milieu de la nuit, alors moi je ne sais plus. J'ai le cerveau bouffé comme si un zombie était collé à ma tête. Et je commence à douter de ce qu'il s'est passé hier soir. Ma main me fait toujours autant mal, mais quand je tourne mon regard sur March, j'ai le cœur qui palpite, comme une mauvaise horloge mal réglée, je comprends pas d'où ça vient. Si, je pense m'en douter, mais j'essaye de ne pas y croire, j'essaye de me dire qu'on a pas jouer aux cons hier soir. C'est moi le con de l'histoire, je sais, mais ça aussi j'essaye de croire que c'est faux. Alors je me lève du canapé, me retire de l'étreinte, un peu à contre cœur je crois, et je regagne ma chambre. J'ai le cœur en cavale. Alors je me laisse tomber dans mon lit, les yeux toujours rivés sur ce plafond comme s'il allait m'apprendre quelque chose. Non, hier soir ça c'est vraiment passé comme ça, hier soir la barrière a été franchie, bêtement. Hier soir je me suis autorisé à faire la chose interdite, mais c'est ce joint et ces histoires de Capitaine qui m'ont forcés à faire ça, moi je n'aurais rien fait sinon, pourquoi je l'aurais fait ? Moi je n'aime pas ça, je ne suis pas... de ce côté là. On s'est juste laissé emporter hier soir, voilà tout, on ne doit pas ressasser tout ça. C'est finit, c'est passé, c'était faux, c'était une chimère. Et puis, soudain, le noir.
I never felt so lonely, I wish that you could show me love.
Le soleil entre dans ma chambre, me tape tellement fort dessus que j'ai l'impression qu'il est armé d'une batte de baseball. J'aurais du fermer les rideaux hier soir. Mais maintenant c'est trop tard, j'arriverais plus à me rendormir, alors je m'arrache de mon lit, simplement vêtu d'un caleçon Avengers. Que personne ne se moque de moi, j'ai encore trop la tête dans le coton pour ça. Et je traîne des pieds jusque dans le salon, j'allume la télé l'air de rien et je me rends à peine compte que le salon st revenu un tant soit peu à la normale, que tout les meubles retournés sont mit à leurs places et que la porte du balcon est grande ouverte, histoire d'aérer. C'est le froid du matin qui attaque mes jambes qui me le fait remarquer, mais ça me dérange pas plus que ça, c'est un moment de la matinée que j'aime beaucoup. Le froid du matin. La tête dans les nuages. Et à la télé passe ma série préférée, j'ai envie de pleurer de joie, à tout ça il ne manque plus qu'un thé pour faire de moi l'homme le plus heureux de la terre. Je marche vers la cuisine en chantonnant le refrain du générique. « TINNIIIINNIIINNIIINLIIINNIIIN. » Qui a dit que c'était pas joli que je le mange ? Je me rends pas compte encore, en arrivant dans la cuisine, que je ne suis pas seul, c'est ce stupide cœur qui se met à battre à nouveau qui me le rappelle, qui essaye de s'arracher de mon torse. Padam, padam. J'ai envie de le jeter par la fenêtre pour qu'il arrêtes un peu de faire autant de bruit. Mes yeux se lèvent, lentement, et se posent sur March. Je l'observe un moment, je me retiens de hurler et de partir en courant, ça ferait pas très beau à voir je pense. Mais j'ai les images de la veille qui reviennent dans ma tête comme des flash, je crois qu'on essaye de m'aveugler, en tout cas maintenant c'est bien incrusté sous mes paupières. C'est trop pour moi, trop pour le mec qui arrêtes pas de répéter haut et fort à quel point c'est cool d'être hétéro et que les nanas sont bonnes, alors je hurle un peu sans m'en rendre compte. « Il ne s'est strictement RIEN passé, alors maintenant tais-toi ! » Mon index pointé sur lui, je me rends compte qu'il n'a rien dit et qu'il a juste une super tasse de thé entre les mains et que bordel, pourquoi j'en ai pas bu une avant de l'ouvrir, au moins j'aurais remis mes idées en place, je commence à étouffer sous les bouclettes là. Je me râcle la gorge, laisse ma main retomber le long de mon corps et je n'ose même plus faire un geste. Je suis bien con. Mais je veux pas en entendre parler de ça, de la veille, de mon cœur qui s'emballe, j'ai envie de tout jeter par la fenêtre. C'est peut-être pour ça que la porte-balcon est ouverte, dans l'fond.
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MessageSujet: Re: j'ai la gueule de bois amoureuse ; le réveil est violent.   Dim 2 Sep - 18:18

❝ Imperceptiblement, je me laisse tomber amoureux. Perceptiblement, aussi. A l'intérieur de mon horloge, c'est le jour le plus chaud du monde. ❞

Oh sombre crétin. Oh oui, évidemment, il fallait s'en douter, s'endormir comme deux mollusques sur le canapé. Sans se douter que de toute manière, cette histoire est au fond du trou. C'est vrai quoi, ça n'a jamais compté. C'était faux tout ça dites ? Oh oui, certainement. Ou peut-être pas. En tout cas, ce que je sais, c'est que j'ai mal à la tête. Je fixe le plafond, d'un air pensif, tout en comptant évidemment les tâches qui trônent. Du vert, du bleu, un peu de rouge aussi. OH BAH TIENS, du rose. Un rire sec s'échappe de mes lèvres et je m'étire. Mon dos craque tout à coup. Bien évidemment, Yaël n'est plus là. Disparu, pfuit comme un courant d'air. Oh, il a surement dû se réveiller dans la nuit et devant l'horreur faite, il a préféré disparaitre. J'aurais préféré qu'il reste dans mes bras, je l'avoue, sans ménagement. Sa présence, sa chaleur, n'était en aucun cas désagréable, si ce n'est dire que j'adorais ça. Oh c'est vrai, voyons, autant la faire à l'amour à l'eau de rose qui se vend facilement dans ce monde étrange. C'est pas de l'amour, je crois pas, c'est ... Autre chose. Une amitié amélioré, voilà ! Allez, on a pas brisé de limite, c'est des conneries ça. C'était amical, totalement innocent, et il n'y avait aucun fond. Crétin, même toi tu n'y crois pas. Pourtant, il devait le savoir que j'étais de cette tendance aussi, c'est vrai quoi. Je le vois déjà arriver en hurlant que ça, c'était pas dans le contrat. Pourtant, c'est bien la première chose que j'ai pu lui dire : je suis de tout les bords, je précise au cas où, si tu serais du genre à pas apprécier ce genre de personnes. Oh, il a pas hurlé au loup, évidemment que pas. Fichu joint. J'ai plus envie de rire qu'autre chose, et je me demande s'il est nerveux ou bien, heureux. J'ai le coeur qui tangue, et l'esprit qui flanche - comme d'habitude j'ai envie de dire. Mais soit. Je roule des yeux, passe une main dans mes cheveux, si ce n'est dire qu'une s'écrase avec nonchalance sur mon front. Désespéré. Seigneur dieu, je crains d'avance sa réaction. Allez savoir, peut-être qu'avec de la chance il ne s'en souviendra pas, et je pourrais garder ça pour moi ? Oh oui, c'est beau de prendre ses rêves pour des réalités, comme c'est mignon. Une part de moi me dit que : je devrais me jeter sur lui. Mais, non, je ne peux pas. Après tout, ce serait bien trop beau. C'est vrai quoi, comme si monsieur le chevelu allait avoir une révélation en se levant ce matin ? Impossible. J'ai beau avoir une imagination débordante, je n'arrive pas à me faire avaler ça. Quelle situation. Quelle histoire ! Pourtant, je me demande si le joint ne reflète pas une petite part de réalité. Oh pas forcément tout vous voyez, mais juste un petit quelque chose. Yaël, ne courir qu'après les femmes ? J'en ris maintenant, je rigolerais presque affreusement fort, rien que pour le tirer de son sommeil d'ange. Je me redresse d'un coup, mains dans les poches - parce que oui, je n'ai pas eu le loisir de me changer, du coup je suis toujours autant en couleurs qu'hier.
Un thé, oh oui un thé. Bon peut-être pas pour se réveiller dans toute sa splendeur - auquel cas le café, mais seigneur, cette mixture agit d'une manière violente sur moi, je ne cesse de courir partout, un peu comme Yaël mais en bien pire. En extrême. La tasse de thé entre les doigts, je glisse ma main dans ma tignasse. Le réveil est plutôt difficile, et d'une certaine façon : j'aurais préféré ne pas me réveiller. Je m'assois sur la table, le silence. Mais, celui-ci est évidemment de courte durée. Quand un frisé se réveil, préparez-vous à vous cacher sous les tables. « TINNIIIINNIIINNIIINLIIINNIIIN. » Aïe mes oreilles. C'est la télévision qui s'allume, monsieur chevelu qui hurle et voyez le résultat. Mes pauvres oreilles. Certes, c'est beau de le voir de bonne humeur, mais, au niveau de la chanson ... Non, s'il te plaît, ne va jamais te lancer dans une carrière de ce genre. Tu es bien mieux comme écrivain. Je laisse tomber ma tête en arrière avec nonchalance, tout en baragouinant un vague : aaah mon dieu. Désespéré vous dites ? Si peu. Maintenant, je crains le pire. Parce que habitude matinale, veut dire : cuisine et thé. Une évidence Laurence ! C'est logique. Après tout, il est fou de thé, comme les autres, comme moi. Impossible de passer une journée sans une tasse. Mes jambes se balancent dans le vide, je mordille ma lèvre inférieure. Visiblement, il ne me remarque pas. Passe devant moi, presque ... Trop heureux. Loin d'être perturbé. Mais, je sais que ce moment de répit sera de courte durée. Des brides me reviennent, un frisson me traverse l'échine. C'est, agréable, pire qu'agréable même. C'est quoi ce bazar ? Je déglutis, mon coeur s'emballe, il se met à claquer d'un coup, d'une maladresse pitoyable même. Je glisse mes lèvres sur la tasse, boit une gorgée de thé. Puis tout à coup, j'écarquille les yeux. « Il ne s'est strictement RIEN passé, alors maintenant tais-toi ! » Oh oui, c'est logique. Serais-tu du genre à lire dans les pensées ? Je le regarde perplexe. Mes sourcils se froncent, j'hésite à rire. Je dois l'avouer, j'ai envie de rire, oh oui. Cette situation est presque gênante, pourtant, je préfère plutôt prendre ça pour de la rigolade - pour une fois. Il est vrai que je pourrais me dire : allez avoue, en vrai tu es un homosexuel refoulé mon cher ! Faisons nous un câlin mon aimé, tu veux ? Oh non. Je le regarde un instant, de haut en bas, et bas en haut. Toujours aussi peu vêtu - pudique lui ? Non, non, pas vrai. La tasse entre les doigts, je le fixe dans le blanc des yeux. Ses yeux verts. Et vlan, mon coeur rate un bond. « Oui, effectivement, bonjour à toi aussi cher ami. Je vois que tu es ... De très bon poil, c'est toujours un plaisir de te voir comme ça. » Bah dis-donc March, tu utilises l'ironie et l'humour facile maintenant ? Cette fois-ci, je n'ai pas envie de hurler, pas envie de claquer une porte, envie de rien. Pas oublier, oh, loin de là. Mais, juste ne pas en venir aux mains, oui parce qu'il est possible qu'il se jette sur moi pour m'arracher les cheveux. Après tout, il niera en bloc, peut-être qu'il aura le culot de dire que tout est de ma faute, oui, c'est évident. Tout est plus facile à avaler quand c'est la faute des autres. « Tu est télépathe en fait, je n'ai rien murmuré, ni gueulé même. Pourtant, tu as entendu quelque chose, tu as dû lire dans mes pensées. » J'écarquille les yeux de manière abusive, toujours aussi perplexe d'ailleurs. C'est juste lui qui monte sur ses grands chevaux, qui préfère fermer le dossier avant qu'il soit ouvert. Il n'y a rien à dire, après tout. Enfin, je crois ... Oh pourtant si, si, il y a des choses à dire. Comme : bordel Yaël, dis-moi qu'il y avait quelque chose de vrai dans tout ça. Un frisson, un coup de jus, comme une décharge qui me taquine l'esprit. Des souvenirs, ses lèvres collées aux miennes, puis, plus rien. Le noir, complet. Heureusement, ce n'est pas allé plus loin. Oh, je ne dis pas ça pour moi, je dis ça pour lui. Il serait déjà loin de moi je pense. Déjà, là c'est une chance qu'il reste, qu'il puisse même me regarder. Peut-être qu'il se voile la face, qu'il se dit : non, embrasser un homme, ce n'est pas bien, c'est le mal. « Mais bon, très bien ! Je ferme ma bouche avec une clef, et je la jette par la fenêtre. » Jouer au roi du silence ? Oh, je peux rester muet, quand je le veux bien évidemment. Vouloir, c'est pouvoir parait-il. Un sourire s'accroche à mon visage, je ne quitte pas ses yeux. Je déglutirais presque, j'en serais presque nerveux. Et pourtant, il y a cette chaleur qui m'envahit. Bonheur ? Allez savoir, en tout cas, c'est assez agréable, et même s'il hurle, je suis toujours aussi content de le voir fidèle à lui-même, il n'a pas eu peur et ça, ça veut déjà tout dire.

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MessageSujet: Re: j'ai la gueule de bois amoureuse ; le réveil est violent.   Jeu 13 Sep - 14:18

❝ Si tu as peur de te faire mal, tu augmentes les chances, justement, de te faire mal. Regarde les funambules, tu crois qu’ils pensent au fait qu’ils vont peut-être tomber lorsqu’ils marchent sur la corde raide ? Non, ils acceptent ce risque, et goûtent le plaisir que braver le danger leur procure. Si tu passes ta vie à faire attention de ne rien te casser, tu vas terriblement t’ennuyer, tu sais… ❞

J'essaye de ne pas écouter l'appel de la porte-balcon, j'essaye aussi de me dire que tout va bien, j'essaye de me dire que si j'ai réussis à dormir toute la nuit c'est parce qu'il n'y a rien de grave, rien de bien sérieux, de toute manière March et moi on est pas les plus grands sages du monde, hein. Je me cherche des excuses, j'essaye de retourner tout ça dans tout les sens, j'ai l'impression qu'on a mit une mini-bombe dans mon crâne. TIC TAC TIC TAC TIC, BOOM ! Je ne sais même plus comment je m'appelle à ce stade là. Certains diront que c'est parce que c'est le matin, parce que lorsqu'on vient de se lever, on a toujours la tête dans les nuages, on a toujours l'esprit ailleurs... J'ai du mal à croire que c'est le matin qui me fait de l'effet comme ça, surtout quand il est à côté de moi. Je sens que cette journée va être longue, en tout cas pour mon pauvre petit cœur, il semble être tout déréglé, j'ai peur qu'il soit bientôt midi et de le voir prendre feu. Je rêve de m'enfuir, tête la première, mais j'ai peur de m'emmêler les pieds et de tomber, de rouler et de me prendre un mur, de me détruire la colonne vertébrale, j'ai peur de mourir, j'ai peur de faire n'importe quoi, peur de me tromper. Je suis perdu, on m'a perdu depuis bien trop longtemps, depuis que hier soir mon cœur s'est emballé trop vite en sentant les lèvres de March contre les miennes, en sentant ses mains sur ma taille. Rien que d'y penser, j'ai des décharges sur ma peau, comme si j'étais chargé en électricité d'un coup, bientôt je vais faire sauter toute la baraque si je continue à y penser. Peut-être même que je vais finir casser, peut-être même qu'il faudra me réparer, peut-être même que ses lèvres seraient la meilleure des colle, la plus merveilleuse... Je me suis encore perdu, beaucoup trop loin, j'ai l'esprit qui gambade, parce que de toute manière je n'arrive à rien, j'ai beau lui dire de rester là, ça ne fait rien. Il s'enfuit, me file entre les doigts, il n'en fait qu'à sa tête. C'est comme ce cœur qui s'emballe, comme s'il avait tout les droits. Non, il faut arrêter maintenant. STOP. Je dois me reprendre en main, reprendre ce stupide cœur, arrêter de flipper pour rien. J'ai besoin d'un thé pour chasser ces idées, pour tout remettre à l'endroit. Alors je tend les mains, je me mets sur la pointe des pieds pour prendre une tasse. On dirait que je vais toucher le ciel. C'est sûrement à cause de lui. Je ne veux même pas entendre sa réponse, je gueule trop le matin, je devrais penser à me la fermer, j'aimerais me terrer dans un trou à rat. Ne plus jamais qu'on entende parler de moi. Je me retourne vers lui, ma tasse vide entre les mains, et nos regards qui s'accrochent. « Oui, effectivement, bonjour à toi aussi cher ami. Je vois que tu es ... De très bon poil, c'est toujours un plaisir de te voir comme ça. » En plus il se fou de ma gueule. Il utilise l'ironie, parce que d'habitude c'est pas son genre, alors je détourne le regard. Mais c'est vrai que commencer par un bonjour ça aurait été peut-être mieux. Je ne sais même plus où me foutre. Ce n'est pas moi qui m'emporte d'habitude, d'habitude c'est lui, moi je suis celui qui fait des blagues à la con et qui le regarde partir, claquer les portes. C'est moi qui regrette après, c'est lui, c'est nous. It's all about us. « Tu est télépathe en fait, je n'ai rien murmuré, ni gueulé même. Pourtant, tu as entendu quelque chose, tu as dû lire dans mes pensées. » Mon dieu, mais c'est qu'il me fait presque peur, je reste con à le regarder écarquiller les yeux, à me regarder comme si j'étais fou, comme s'il l'était aussi en fait. Je croyais qu'on étaient pas fous sous le toit Richter-Creed ? Alors merde, me regarde pas comme ça ou je vais finir par le devenir, je vais finir par crier très fort, tu sais, comme un enfant en pleine crise. Putain, merde. Je sais même plus qui je suis. On est à nouveau en plein jour, le soleil a dévoré mon armée d'ombre, il a dévoré notre grand secret, il a tout prit avec lui. Comme un rêve. Alors il ne faut pas continuer sur ce chemin, il faut tout arrêter. Ce n'était que hier soir, que dans ma tête, ce n'était que sous l'effet du joint que mon cœur s'est emballé comme ça. « Mais bon, très bien ! Je ferme ma bouche avec une clef, et je la jette par la fenêtre. » Oh non surtout pas ça. J'ai peur du silence, peur de l'effet qu'il a sur moi. Ca me rappelle la maison. Le silence et le piano.
Ce crétin m'a prit de cours, je sais même plus ce que je fais là avec ma tasse vide. Je la pose sur le comptoir et me serre du thé, lentement, j'y ajoute du sucre et j'attends un peu. Vaut mieux boire la première gorgée de la journée, histoire de replacer les idées, parce que pour l'instant je m'enfonce plus qu'autre chose. En plus ça le fait rire, je suis sûr. Alors je bois, en silence, et finit par me tourner un peu vers lui. On peut croire que je joue au Roi du Silence avec lui, mais j'hésite juste entre le frapper et lui sauter dessus, l'enlacer contre moi, le serre contre mon cœur et l'embrasser. Faire comme si tout était tout à fait normal, comme si c'était prévu que lui et moi on dérape autant, que je passe Capitaine de son cœur, et autres conneries. Alors finalement je repose ma tasse et me tourne vers lui, me met à l'applaudir. Enfin, j'évite de frapper trop fort parce que j'ai encore ma main dans son satané bandage, j'ai encore la main toute cassée, j'ai encore mal partout. Je suis manchot d'un bras. « Bravo, tu as enfin saisit toute la subtilité de l'ironie, très bien March. » Rien que de prononcer son prénom ça me file des frissons dans tout le corps. Je comprends pas vraiment ce qu'il m'arrive. Cet enfoiré de Maël se foutrais bien de ma gueule maintenant. J'attrape un biscuit et mord dedans, comme si c'était tout à fait normal, comme si je prenais un petit déjeuner. Mais j'ai juste envie de sauter par-dessus la fenêtre. Y a Game of Throne qui m'attend dans le salon et je suis bloqué avec March et des sentiments douteux. J'ai raté ma vie quelque part, je crois. « Et me regarde plus jamais comme ça, t'es flippant, on dirait ma mère quand elle recevait mon bulletin. » Et puis c'est plus fort que moi, c'est comme si on me poussait ou j'en sais rien, je m'approche de lui, ma main libre attrape doucement son t-shirt et je le regarde genre comme si j'étais un pauvre gosse paumé, ou j'en sais rien, je dois pas être beau à voir, ou alors je dois un peu faire pitié. Mais je sais pas, aujourd'hui y a tout qui est à l'envers, moi le premier, je crois qu'aujourd'hui j'ai les sentiments chamboulés et les envies ailleurs. Je le tire un peu vers moi et un frisson se déclenche dans mon dos, jusqu'au bout des doigts. Je crois que si on me jette de l'eau dessus, je finis électrocuté. En tout cas je suis devenu fou, c'est clair maintenant, et si je lui dis, il va se foutre de ma gueule. « Ne te tais pas, parle, parle-moi. » Je demanderais presque qu'il me raconte une histoire si ce n'était pas moi le conteur. Je suis pitoyable, un pauvre enfant, je fais pitié, ça ne m'étonnerais même pas de m'en prendre une dans la gueule. Monsieur fait des caprices, Monsieur veut, Monsieur jette, Monsieur n'est pas content, Monsieur déborde d'amour, Monsieur ne sait pas ce qu'il veut. Je suis l'homme le plus perdu au monde.
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MessageSujet: Re: j'ai la gueule de bois amoureuse ; le réveil est violent.   Lun 17 Sep - 17:13

❝ Imperceptiblement, je me laisse tomber amoureux. Perceptiblement, aussi. A l'intérieur de mon horloge, c'est le jour le plus chaud du monde. ❞

Juste le fixer, laisser cette bulle de silence nous envelopper. Le silence me fait peur d'habitude, mais, pour une fois, j'en profite. J'ai peur des mots qu'il peut dire, parce que cette fois-ci les rôles s'inversent, je suis Yaël et il est March. Je suis celui qui déblatère des vannes, et il est le colérique qui se barre en hurlant. Je m'amuse à le détailler, haussant les épaules, je ne sais pas si c'est tristement ou autre. Je papillonne des yeux, un frisson me parcoure le corps. J'le veux juste contre moi, je veux juste sentir la chaleur de son corps contre le mien. Je veux juste Yaël, c'est pas si compliqué pourtant ? Je crois ? Oh, si c'est compliqué. Trop compliqué même. Lui ne veut rien s'avouer, il préfère se cacher dans sa carapace, comme une tortue. Oui, comme cette simili-tortue, se cacher dans une coquille et apparaitre seulement comme bon lui semble. Mon coeur claque contre ma poitrine, tout doucement, c'est agréable même. J'aimerais le prendre dans mes bras, lui murmurer à l'oreille des mots qui se bloquent dans ma gorge, des mots qui ne devraient même pas exister, même pas sortir de ma pauvre bouche. Ici, ils appellent ça " aimer " moi, je n'en ai pas la moindre idée. Je découvre, mon horloge interne commence à se détraquer, parfois elle marche tranquillement, comme si tout allait bien, et des fois pas du tout. Je ne veux pas le perdre, je ne veux pas faire de connerie et me dire que par ma faute, demain il ne sera plus là. Qu'il aura plié bagage par ma seule et unique faute. C'est pas allé plus loin, non. Tu vas partir pour ça, dis-moi ? Je pince ma lèvre inférieure, presque nerveux. Mes doigts se crispent doucement sur la tasse de thé. Si je continue, elle va m'éclater entre les doigts. Je veux juste en rire, peut-être pas oublier. Garder ce secret pour moi, pour toi, pour nous. Et personne d'autre ne le saura. Je te jure sur ma vie que ta réputation de coureur de jupons ne sera pas tâchée par cette rature, ce petit passage hors du temps. Le revoir sourire à nouveau, me suffira amplement. Comme ça, tout sera enterré, au plus profond de mon endroit, dans un lieu que personne ne pourra pénétrer. La réalité fait mal quand elle revient en pleine figure, quand on se rend compte qu'une petite bêtise peut avoir des sales conséquences. Mais, là, il parait calme, peut-être pas trop à vrai dire, mais je n'ai pas eu de poing dans la figure. Oui, c'est pas mal pour le début, c'est même super. Puis, un son résonne dans cette salle. Des mains qui claquent, je baisse mes yeux alors, sur son bandage. Ah oui, c'est vrai, ce petit détail. C'est comme si j'avais eu droit à un lavage de cerveau, quelque chose de dingue, comme oublier facilement, grâce à cette cigarette magique. J'ai envie de lui demander, s'il ne veut pas ré-essayer de fumer ça, juste une fois. Ou alors pour toujours. Si je peux avoir droit à un moment comme celui de hier soir, je veux bien recommencer, encore et encore. Une chaleur se met à envahir mon corps, un sourire collé à mon visage. Je suppose que ça doit énerver Yaël. Mais, excuse moi mon cher, c'est sans le remarquer que je ne cesse de sourire bêtement, comme un enfant. « Bravo, tu as enfin saisit toute la subtilité de l'ironie, très bien March. » Je roule des yeux, le pire, c'est que j'en suis pire que fier. Peut-être qu'il se moque de moi, mais, je m'en contre fiche, comme de la dernière pluie. Il aura beau me chercher aujourd'hui, il aura beau vouloir se moquer de moi, je ne réagirais pas au quart de tour. Non, parce que bizarrement, je suis, heureux. Surement plus qu'il ne le faudrait. C'est crétin vous ne trouvez pas ? Se mettre dans un état comme celui-ci, ne laisser personne briser votre délire juste à cause de souvenirs. Et de sensations. C'est encore trop récent, je sens encore les gestes, les paroles qui me traversent gentiment l'oreille. Notre grand secret, les ombres qui vont nous dévorer. Est-ce qu'elles te mangent là ? Hein ? Est-ce qu'elles s'amusent à te ricaner dans les oreilles ? Les ombres sont vicieuses, elles veulent nous détruire. Mais, après tout, nous sommes plus forts que ça. « Et me regarde plus jamais comme ça, t'es flippant, on dirait ma mère quand elle recevait mon bulletin. » Un Yaël mal réveillé, ça donne ça. Une boule de nerfs, mais dans le mauvais sens. Il agit étrangement ce matin, en même temps, c'est normal. Je ne peux pas lui en vouloir, je ne peux pas lui hurler dessus comme un pauvre dingue mécontent. Non, je respecte ce qu'il veut et ce qu'il ne veut pas. Depuis des années c'est comme ça, et je n'ai jamais brisé ce principe fondamental. S'il veut tant mieux, s'il ne veut pas, tant pis. Puis, il se rapproche, sa main se pose sur mon tee-shirt et il me fait avancer, je me retrouve maintenant debout face à lui. Yeux dans les yeux, pas encore main dans la main, certes. Son visage est prêt, peut-être pas trop, mais juste assez pour que je puisse me plonger dans ses yeux. « Ne te tais pas, parle, parle-moi. » Un autre contre coup, mon coeur qui rate un bond. Maladresse maladive qui me prend directement à la tête, un peu partout. Je n'arrive plus tellement à réfléchir.
Ses lèvres, son visage, son tout. C'était la bêtise de trop, celle qui me fera perdre toute ma raison. J'hésite, je ne sais pas. J'aimerais le prendre dans mes bras, faire quelque chose de révélateur, qui sera décisif pour nous. Et pourtant, cette peur me prend aux tripes, me prend au coeur. Le perdre me ferait trop mal, me rendrait malade. Je pose juste mes mains sur son cou, et je sens son tic-tac exploser contre sa peau. C'est dingue, trouvez pas ? Il flippe peut-être. Je me rapproche de son visage, et, je dépose un simple baiser sur son front, comme une mère avec son gosse. Je me met à ricaner gentiment. « Et ta mère t'en collait des comme ça sur le front aussi ? » Je ne sais pas, j'ai l'euphorie qui me grimpe dans le corps, d'une manière dingue. Faut que je me modère, faut que je recule. Il me file entre les doigts, ou alors est-ce moi qui veut disparaitre ? Qui veut éviter quelque chose ? Je me recule alors, lui ébouriffe la tignasse. Une catastrophe sa coupe de cheveux, je dois bien l'avouer. La tasse de thé vide, je la pose dans le lavabo. J'inspire un long moment. Deux paniqués, ça va pas du tout le faire. J'ai les idées en vrac, j'ai des flashs qui me reviennent, une chaleur qui me prend les nerfs, me prend la tête. Je ne veux pas trop l'approcher, j'ai peur de faire une bêtise, peur qu'il disparaisse. Peur de trop de choses, trop de questions, et pour une fois, je n'ai pas l'audace d'essayer en me disant : tant pis pour les conséquences. Là, c'est différent. Là, c'est Yaël Creed qui est en jeu, et je ne préfère pas m'amuser avec le feu. « Parler, parler, parler. Moi je veux bien ! Mais, je ne sais pas quoi dire. Tu sais, je suis pas conteur, j'ai pas les histoires qui me viennent comme ça, en claquant des doigts. » Autant dériver la conversation, éviter de s'enliser dans les sables mouvants. Tout faire pour ne plus parler de la veille, mais, ça me revient, d'une manière précise. Ce jeu malsain pour deux hommes qui préfèrent se voiler la face plutôt que de tout avouer. C'est vrai, mentir est plus simple, le mensonge est plus doux à l'oreille, parait plus agréable. Mais, il ne l'est pas. Pourtant, contrairement à la vérité, le mensonge, lui ne fait pas de mal. Il ne brise pas des coeurs, il ne casse pas des vies. Je baisse mes yeux sur mes vêtements, sur mes mains. Mon rire me traverse les lèvres, claque contre les murs. J'hausse les sourcils, amusé. « Trop cool. Je suis un, pot de peinture humain. » Non, pas que je ne savais pas que hier j'étais dans un état catastrophique, mais, je ne pensais pas autant. Et à tout les coups, mes cheveux doivent partir dans tout les sens, c'est logique. Je m'avance vers la sortie de la cuisine - parce que oui, je ne compte pas rester dans un tel état toute la journée -, dos à lui. Puis, tout à coup, je m'arrête. Fixant le plafond un vague instant, j'ajoute, l'air de rien. « Concernant l'ironie, faut croire que j'ai eu un bon professeur. » Quelle finesse. Yaël professeur de comment glisser l'ironie et moi pauvre élève. Allez savoir, peut-être qu'un jour viendra où je pourrais le dépasser, être le roi de la bonne humeur, lui piquer son rôle. Mais, c'est impossible. En ce bas monde, il est le roi de la blague facile, du rire qui s'entend toute la journée. Roi de carreau, roi de pique, roi de trèfle, roi de coeur.

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MessageSujet: Re: j'ai la gueule de bois amoureuse ; le réveil est violent.   Mar 9 Oct - 8:28

❝ Si tu as peur de te faire mal, tu augmentes les chances, justement, de te faire mal. Regarde les funambules, tu crois qu’ils pensent au fait qu’ils vont peut-être tomber lorsqu’ils marchent sur la corde raide ? Non, ils acceptent ce risque, et goûtent le plaisir que braver le danger leur procure. Si tu passes ta vie à faire attention de ne rien te casser, tu vas terriblement t’ennuyer, tu sais… ❞

Et si c'est moi qui fuit aujourd'hui, March, tu vas me laisser faire ? Non pas que ça m'inquiète, mais je me dis que j'aimerais pas m'échapper, en fait. Enfin tu peux toujours mourir pour que je l'avoue, tu peux toujours attendre, parce que ce n'est pas moi qui vais faire le premier pas, je trouve que j'en ai assez fait hier soir. Non ? J'en ai marre de me contredire sans cesse, c'est censé être une machine qui marche très bien, mon cerveau fonctionne parfaitement, je commande un pas, j'avance d'un pas. Et quand c'est avec toi, j'ai beau hurler de faire demi-tour, je continue à m'approcher. Faut croire que je tourne plus rond quand il est là. March, mais qu'est ce que tu m'as fais, sérieusement ? Maintenant tu peux me le dire, parce que je commence à flipper. Je commence à me dire que tu dois m'en vouloir pour me torturer ainsi, pour ne rien dire, pour ne rien faire. Oh si tu parles, aujourd'hui tu as trouvé une langue, mais ce n'est pas la tienne. A croire que hier soir on a échangés. Je pense que ça doit être ça, je pense que tout le monde entier est à l'envers aujourd'hui, je pense que si j'enlève mes cheveux à la manière d'un lego, je peux lui foutre sur sa tête à lui, et vice-versa. Je crois que dans le fond, j'ai même oublié comment je m'appelais. Pauvre petite âme, pauvre petite chose, pauvre petit enfant. Je n'ose pas le regarder, j'arrive juste à fixer désespérément ma tasse de thé, j'ai les doigts qui brûlent. J'ai juste envie de lui sauter dessus et de le serrer jusqu'à ce qu'il étouffe. Je deviens n'importe quoi, je crois que je suis un monstre, je vais le dévorer et il ne resteras plus rien de lui, je vais le dévorer. We're like monsters in love. J'ai même pas peur d'abord. Ou peut-être un peu. Je vois déjà Maël, son sourire sarcastique, ses gestes, cet air de triomphe. Parce que c'est lui qui te rend fou, il est fou, tu es fou, vous êtes tous fous chez vous. Oui c'est ça, bienvenu chez les fous ! J'ai l'impression que mon cœur joue une symphonie différente ce matin, j'ai l'impression de louper le train, j'ai l'impression que je manque un truc important, je me sens comme si je passais à côté de ma vie. Je m'ennuie terriblement. Je ne prends pas de risques, je ne vais pas me lancer comme ça à l'aventure, je ne vais pas me mouiller les bouclettes si facilement. Je ne comprends pas les battements de mon cœur, je ne comprends pas ce qu'il se passe, j'ai l'impression d'avoir le cœur de quelqu'un d'autre dans mon torse, et il bat terriblement fort, il loupe des battements quand nos regards se croisent. Il s'emballe. Tais-toi mon cœur. Dans la tête, j'ai la séduisante envie de partir en courant, de m'enfuir et ne pas me retourner, et j'ai la secrète certitude qu'il va me rattraper. Mais je pense que c'est dans ma tête tout ça, et je n'ose pas essayer, de peur de voir tout disparaître, de peur de ne plus jamais voir March. Je sais qu'on se déchire, qu'on se retrouve à chaque fois, mais j'ai l'impression que cette fois ce ne sera pas pareil, ça risquerait d'être fatale. J'ai le cœur en vrac. Et sans m'en rendre compte, je me suis rapproché, je me suis retrouvé à nouveau presque trop collé à lui, tout ça au lieu de fuir. Et ses doigts glissent dans mon cou, ça me fait l'effet d'une nouvelle décharge tout le long de la colonne vertébrale qui va taper directement dans mon bassin. Je suis foutu.
« Et ta mère t'en collait des comme ça sur le front aussi ? » Je me mords la lèvre et secoue un peu la tête. Non, évidemment que non elle n'a jamais fait ça parce que les gestes de tendresse c'était pas son fort, elle est un peu maladroite quand il s'agit d'amour, et j'ai l'impression de m'être transformé en elle pendant la nuit. J'y comprends rien à ce sentiment, mais j'aime l'affection, alors j'aime ce baiser sur le front. Je l'aurais aimé ailleurs, mais ça je ne le dis pas. Je ne compte pas répondre à cette phrase, de toute manière ça ne sert à rien, alors à la place je porte ma tasse de thé aux lèvres et je bois. Je crois que j'essaye de me noyer même. J'ai l'impression de perdre March, j'ai l'impression qu'il s'échappe et qu'il me glisse entre les doigts. Il n'existe plus contre mon corps. Hier soir j'avais une sensation étrange, une sensation d'être... complet ? Non c'est étrange. Mais hier soir c'était des flash de folies qui défilaient sous mes yeux, capitaine, monstres de l'ombre, lièvre, conteur, une grande table. Trop d'images incompréhensible. Un avertissement ? Il ne faut jamais s'embrasser messieurs, ce n'est pas fait pour vous, ou plutôt ce n'est pas fait pour toi Yaël. Tu es un idiot, voilà. « Parler, parler, parler. Moi je veux bien ! Mais, je ne sais pas quoi dire. Tu sais, je suis pas conteur, j'ai pas les histoires qui me viennent comme ça, en claquant des doigts. » Moi j'en ai pleins des histoires, alors je me redresse, je fais un pas vers lui. Il s'éloigne, je me rapproche, je ne veux pas de cette distance entre lui et moi, je veux juste qu'on se colle et qu'on reste comme ça toute la journée. C'est n'importe quoi dans ma tête, c'est vraiment tout bouleversé. Alors je continue à boire et fait comme si mon pas en avant était pour le lavabo, j'y dépose ma tasse à moitié pleine et me tourne ensuite vers lui. Il rit. Il s'observe et rit. On dirait un enfant, comme s'il découvrait enfin son état. Oh mon dieu, il me fait presque peur... Je me mords la lèvre, nerveusement sans doute et le regard. Il constate les dégâts, comme s'il reprenait un mode actif après avoir laissé son cerveau en mode veille pendant trois jours. Et il s'éloigne. Mes doigts se serrent un peu et je l'observe partir. Mais ce n'est pas tout, il s'arrête et regarde le plafond. J'ai l'impression d'avoir un petit animal perdu à la maison. « Concernant l'ironie, faut croire que j'ai eu un bon professeur. » Je souris.
Et ça me fait un bien fou, parce que je me sens allez un peu mieux, comme si sourire était le remède magique. D'accord, je vais mieux, alors je peux tout lui dire maintenant ! Ou pas tout à fait. Je n'arrive toujours pas à bouger et j'ai l'impression qu'un fossé se creuse entre nous. J'ai soudainement envie de pleurer. J'ai l'impression d'être l'homme le plus indécis du monde aujourd'hui, un coup oui, un coup non, un coup tout va bien, un coup tout va mal. Je m'approche un peu de March et attend, mes yeux fixés sur son dos, c'est pas si compliqué de passer mes bras autour de sa taille et de l'enlacer, le serrer un peu contre mon cœur. Je tends les mains, je sais que je peux le faire. Ou pas. Je finis par le pousser un peu dans le dos. « Remballe tes compliments le Picasso, et bouge de là, j'aimerais allez regarder mon épisode. » Yaël Dee Creed ou comment être l'homme le plus horrible du monde en deux secondes chrono. Je glisse une main devant mes yeux et les ferme en attendant un peu. Bon dieu. T'es vraiment un crétin Yaël. J'aimerais me coller la tête contre le mur, super fort, super violemment, quelque chose de méchant. Je le pousse un peu contre l'encadrement de la porte et me met face à lui, contre l'autre côté de l'encadrement, et le regarde. Mes mains se sont agrippées aux manches de son pull, un réflexe, la peur de le voir partir sans doute. Je le garde comme ça un moment, et détourne le regard, je me sens presque rougir, je me sens tellement... con. Je suis le roi des cons aujourd'hui. « Excuse-moi, je voulais pas dire ça. » Je redresse un peu mon regard vers lui et sourit, maladroitement, on dirait le clown de Ca qui s'apprête à manger un gosse. « J'ai l'cerveau à l'envers. » Comme si ça excusait beaucoup. Je tire un peu sur ses manches pour l'attirer contre moi et enlace sa nuque, je me cache à moitié contre lui, j'essaye de m'échapper peut-être. J'ai le cœur qui me démolit le torse, j'ai envie de le serrer encore plus fort, jusqu'à l'étouffer. Mais je calme mes ardeurs, mes doigts se glissent mécaniquement dans ses cheveux, j'ai l'impression de ne plus être maître de mes mouvements, j'ai une nouvelle envie en moi qui me pousse à faire tout ça, à poser mes lèvres contre sa mâchoire sans l'embrasser. Je fais mine de le renifler et marmonne : « Tu devrais vraiment prendre une douche, tu sens pas bon. »
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MessageSujet: Re: j'ai la gueule de bois amoureuse ; le réveil est violent.   Aujourd'hui à 2:08

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j'ai la gueule de bois amoureuse ; le réveil est violent.

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