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 “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”

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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Dim 12 Aoû - 16:09

Aimée avait l’air déçue ? De quoi donc ? De mon attitude ? Je lui avais dit de ne pas se faire d’illusions à mon sujet. Je lui avais dit que j’étais un connard et qu’il n’y avait pas de surprises à attendre de moi. Si elle était déçue, elle devait s’en prendre à elle-même. Je n’avais pas à me sentir responsable d’avoir brisé ses petites illusions à mon sujet.
Mais je n’étais pas d’accord sur un point.

« - Mieux vaut être seul que mal accompagné, c'est ça ? »

« Oh mieux vaut être mal accompagné et ne pas sembler seul Aimée. En étant mal accompagné on donne l’impression d’être entouré et intouchable. Il faut jouer dans la vie Aimée… »

Oh oui, j’étais mal accompagné mais j’étais seul dans le fond et c’était volontaire. Il fallait manipuler les gens dans la vie. J’avais un atout remarquable, mon charme naturel et mon argent. C’était une clef qui ouvrait à peu près toute les portes et pour le reste, il suffisait de dire Richter. Ça, c’était le mot magique.
J’adorais prononcer son prénom à voix haute, c’était chantant, c’était charmant, ça sonnait mieux que Danielle en fait mais soit. Aimée oui, pourquoi l’appeler Amy ? C’était vulgaire, c’était moche.

Je regardais son verre vide, je regardais mon verre désormais vide… Ouais… Mieux valait prendre les bouteilles. Je me le vais pour aller gratter les bouteilles en question, les payer complète. Elles ne seraient pas perdues.
Je posais les bouteilles sur la table.

« À ton service Aimée. »

Je nous resservais. Tout en cherchant quoi dire. J’avais du mal à faire la conversation quand je ne connaissais pas les gens et encore plus quand je ne cherchais pas à les connaître. Quoi que justement, je devrais peut-être chercher à la connaître.

« Alors, qu’est-ce qu’il faut que je sache sur toi Aimée ? Ta date d’anniversaire ? Ta couleur préférée ? Un petit copain ? Une phobie cachée ? Je sais que tu veux devenir médecin mais que tu n’en es pas sûre, que tu vis près du cimetière… Moche comme environnement soit dit en passant. Que tu bosses au cimetière… ça fait beaucoup de morts quand même… Ah, je sais que tu conduis aussi et que tu ne veux pas partager ta peine non plus. Oh oui et que tu sembles préférer la solitude à la compagnie d’un être humain en chair et en os. »

J’avais retenu tout ça ? Moi ? C’est fou ce que je pouvais retenir quand je n’y étais pas forcé… Ou plutôt, quand il s’agissait d’une jolie fille qui était trop franche pour son bien.
Connais tes ennemis mieux que toi-même. Je ne savais pas si elle deviendrait une ennemie mais je ne savais pas ce qu’elle deviendrait tout court.

Je n’avais même pas envisagé l’opinion que je garderais d’elle alors que d’habitude, j’étais du genre à me faire une idée très fixe sur chaque personne avant même de les connaître. Je m’arrête souvent aux apparences. Personne ne m’intéresse si ce n’est moi ou Kat’. Et pourtant, cette fille m’intéressait un peu. J’avais cette petite pointe de curiosité la concernant.
Peut-être que ça me plaisait au final. Oh non, il fallait que j’éloigne rapidement cette pensée de mon esprit. Hors de question ! Je ne devais même pas envisager de m’intéresser à elle plus tard qu’après cette soirée arrosée.

Je buvais une gorgée, une longue gorgée, ça m’empêcherait de parler un moment au moins. N’avais-je donc rien appris auprès de mes parents ? L’attachement est inutile, l’attachement est une saloperie, l’attachement tue à petit feu, l’attachement rend con.

« Tu ne fumes pas ? »

Je avais un stock de cigarettes mais je voulais savoir si je fournirais aussi en la matière ce soir.
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Lun 13 Aoû - 16:29



« Oh mieux vaut être mal accompagné et ne pas sembler seul Aimée. En étant mal accompagné on donne l’impression d’être entouré et intouchable. Il faut jouer dans la vie Aimée… »

Je ne m'attendais pas à ce qu'il dise, mais je voi que lui il passe sa vie mal accompagné sans pour autant avoir l'impression d'être... accompagné. Je prends sa phrase comme un conseil, s'entourer pour se protéger, être intouchable. Je n'avais jamais vu les choses comme ça. Je n'avais pensée comme ça, ce qui était d'autant plus assez énervant c'était qu'il n'avait pas tort.

« - Je préfère quand même être seule, je ne supporte pas devoir mentir. Constamment. »

Peu importe, je ne vais pas lui expliquer le fond de ma pensée, ça serait inutile. Mais j'admets que l'idée de devoir jouer avec la vie, en étant constamment entouré de personnes dont on ne supporte pas la vue, c'est plus irritant qu'autre chose. Je n'étais pas doué pour manipuler les gens dans la vie tout comme pour mentir et j'avais dans l'idée que pour Elliot c'était tout le contraire. Il me manipulait peut-être là ? Maintenant ? Je ne sais pas. Je préfère limite de pas y penser, garder ça pour moi et si jamais j'avais la sensation de faire quelques choses qui allait contre mes principes, alors je n'aurais qu'à partir. J'étais réputé pour quitter les groupes et les lieux sans un mot, comme ça. Au lycée déjà j'ai du mal quand les filles me collent. J'ai l'impression que dans la vie c'est la même chose qu'au lycée.

Plus on est entouré plus on est important, c'est sans doute ce qu'Elliot faisait. Peut-être venait-il de m'avouer que lui se plaisait à rester avec tout un tas de monde pour montrer sa supériorité, tout en étant au fond... seul ?

Je réfléchis trop. Je le regarde cherchais les bouteilles et nous resservir. Je ne manque pas de son sourire face à sa remarque. A ton service, ça sonne comme si c'était mon valet pour la nuit. C'est stupide, mais c'était sans doute ce que les fous ressentaient quand il avait l'impression d'avoir du pouvoir. Ou alors c'était qu'une infime partie, tant je n'avais aucune conscience de ce que le pouvoir pouvait réellement désignait. Lui il devait savoir, il savait comment utiliser son nom, son argent et comme vivre en société avec autant de charme que de bêtises.

J'étais loin d'être doué pour parler, mais si le silence ce fait j'aurais été la première à dire quelque chose. J'ai toujours été ainsi, toujours à dire le font de ma pensée plutôt qu'une phrase intelligente. Je crois même que dans le cimetière il l'avait compris, ce qui ne l'a pas empêché de se lancer dans un petit monologue qui m'arracha un sourire. Un gros sourire.

« Alors, qu’est-ce qu’il faut que je sache sur toi Aimée ? Ta date d’anniversaire ? Ta couleur préférée ? Un petit copain ? Une phobie cachée ? Je sais que tu veux devenir médecin mais que tu n’en es pas sûre, que tu vis près du cimetière… Moche comme environnement soit dit en passant. Que tu bosses au cimetière… ça fait beaucoup de morts quand même… Ah, je sais que tu conduis aussi et que tu ne veux pas partager ta peine non plus. Oh oui et que tu sembles préférer la solitude à la compagnie d’un être humain en chair et en os. »

Il essayait vraiment de me connaitre ou il s'était lancé dès les questions stupides avant l'ultime question ? Je bois une gorgée tentant de répondre à tout ça. J'essaye de formuler quelque chose d'assez court sans pour autant trop parler. C'était sans doute trop demandé pour ma petite personne.

« - 15 juillet, le rouge, Non et je suis incapable de monter dans une voiture. »

L'auto que j'avais dans le cimetière ressemblé à une espèce de voiture de golfe mélangé à un tracteur. Le genre de choses qui me permet de respirer et la seule chose dans lequel j'arrive à monter sans avoir peur. Ça me fait tout drôle de savoir qu'il a retenu tant de choses sur moi. J'ai donc rien à ajouter, je suis facile à cerner dans mon genre - enfin ça dépend. Je suis quand même bien flatté de voir tout ce qu'il a pu retenir, j'aurais aimé en faire autant sur lui. J'aurais pu lui faire une liste, mais non. Je vais m'abstenir. C'est mieux pour lui comme pour moi. Ce qui était drôle, c'est que je n'avais aucune idée de qu'on aller devenir lui et moi.

Des amis ? De simples connaissances ? Et si après ce soir on ne se reverrait plus ? Peut-être qu'on allait être ses gens qui s'ignoraient bêtement. Ceux qui se bousculent dans la rue sans dire un mot, sans échanger un regard.

Je ne voulais pas ça. C'est con mais je ne voulais pas ça. Je ne savais pas ce que je voulais vraiment. Je ne savais pas si je voulais être son ami, sa confidente, son ennemie, sa copine. Et si j'étais rien, au fond ça ne me ferait pas de mal, mais y'avait une partie en moi qui m'obligeait à en savoir plus sur lui. Il boit alors dans son verre. Et moi je le fixe, du genre calmement et paisiblement comme si sa compagnie me faisait du bien.

« - Et si je te retourner toutes tes petites questions, mon cher Richter. » C'était con, mais au fond je voulais bien savoir. Sa couleur préférée, son livre préféré, ce genre de choses tout con qu'on apprend avec le temps et pas autour d'un verre.

Il me demande lors si je fume. Je repose mon verre après avoir bu une gorgée.

« - Non, mais ça ne me dérange pas. »

J'avais toujours eu des amis fumeurs. Toujours était la seule qui ne fumait pas et n'avait jamais fumé de sa vie. J'étais la fille au principe qu'on ne pouvait changer. Je me disais que si les gens avaient besoin de fumer, ils n'avaient pas besoin que les autres fument pour eux. C'était déjà suffisant de respirer la même air qu'eux, non ?
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Lun 13 Aoû - 20:47

Mentir… Mentir aussi c’était très relatif. Il fallait des scrupules pour ne pas vouloir mentir. Je n’avais pas de scrupules. Je crois même que je n’avais de scrupules pour rien. Mentir, c’est avoir l’assurance d’une vie tranquille. Plus je mens, moins on en sait sur mon compte sauf peut-être que je suis un menteur et ça n’avance pas tellement les gens de le savoir. Au final, j’arrive quand même à mentir à nouveau. J’arrivais même à croire mes propres mensonges, c’est dire si j’étais fort. Ma vie était un mensonge alors c’est tout dire.

En attendant, j’avais posé un flot de questions. Je me demandais d’où ça me venait. J’étais incapable de suivre une conversation. J’avais le taux de concentration d’un gamin devant la cheminée le jour d Noël, du moins, du gamin qui croyait au Père Noël… Je n’y avais jamais cru. Ou du moins, si j’y avais cru, mes vieux avaient jugé bon d’éviter ça et tout autre connerie du style petite souris, cloche de pâques et tout le tralala. Je suis un mec qui ne croit en rien à part en l’argent et le pouvoir. Merci papa et maman. Enfin… Père et Mère.
Le plus marrant dans cette soirée, ou plutôt, dans ce qui se passait, c’est qu’elle y répondait. J’essayais de suivre, j’essayerai de m’en souvenir. J’essayais aussi de combiner tout ça. Pas de voiture ? Donc, elle ne considérait pas le machin du cimetière comme une voiture. Faudrait pas que j’oublie ça si un de ces quatre… Elliot, tu dérailles de nouveau !

Elle me retournait mes questions. J’avais demandé quoi déjà ?

« - Non, mais ça ne me dérange pas. »

Ah oui, ça c’était la clope. Alors, il y avait l’anniversaire, la couleur, la petite copine, la phobie… Je pouvais répondre sincèrement à trois questions sur les quatre. Bien !

« Le 5 janvier, le bleu ciel et le bleu vert, pas de copine et je déteste les réveils. Oh, je suis végétarien et je fume comme un centre industriel. »

J’avais déjà rajouté deux choses, c’était pas mal. J’avais balancé que j’étais végétarien, j’aurais peut-être pas dû mais ça n’était pas un secret d’état. Toutes les filles avec qui j’étais sorti le savaient, mes potes aussi, mes vieux, bref, à tous ceux qui m’avaient approché le savaient. Aussi loin que je me souvienne, j’avais refusé de manger de la viande ou du poisson et je ne savais même pas pourquoi dans le fond. Maintenant, la simple idée de manger un truc qui avait été vivant me répugnait mais je ne savais même pas ce qui m’avait mené à ça.

En revanche, je savais pourquoi j’avais commencé à fumer. J’avais surtout voulu faire chier et polluer l’air que les gens respiraient autour de moi autant qu’ils polluaient le mien. Je me faisais bien sûr une joie de fumer à la maison où que je passe. Je ne fumais pas toujours que des cigarettes mais ça, c’était une autre histoire et je n’étais pas stupide au point que ça se sache d’ailleurs. Ma chambre embaumait évidement mais pour que mes vieux s’en aperçoivent, encore fallait-il qu’ils montent jusque dans mon antre.

« Ton dernier pétage de plomb. Réfléchis pas, dis-le c’est tout. Faut répondre du tac o tac. Pas de réflexions, que du spontané. »

Là, je commençais à prendre des risques parce que si je me laissais prendre à mon jeu, j’oublierais peut-être de protéger certaines petites choses à mon sujet. Quoi qu’en général, j’étais aussi assez bon à ce jeu-là. Je mentais comme je respirais. Le plus dur bien sûr, c’était de se souvenir de ses propres mensonges. Je ne m’amusais pas à dresser une liste de toutes les conneries que j’avais bien pu dire. Il me semble d’ailleurs que c’était pour ça que ma dernière copine était devenue hystérique. Zut, c’était quoi son nom déjà à cette fille ?
Oh et puis ça n’était pas important, je passais ma soirée avec Aimée.

Dans la foulée, je me resservais un verre et à elle aussi. Je ne ferais sans doute pas le service tout le long de la soirée mais pour le moment, pourquoi ne pas le faire ?
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Lun 13 Aoû - 21:53



Je culpabilisais vite et pour un rien. Je crois que le fait d'avoir vécu avec des parents adoptifs qui me jette à la rue du jour au lendemain m'a encore plus poussé à éviter le mensonge. Comme si j'étais persuadé que c'était la chose la plus horrible du monde, pire que la mort. Je savais que parfois, on n'avait pas le choix. Que parfois, on était obligé de le faire, parce qu'il fallait se protéger et protéger ce que l'on cache au fond de soin. J'évitais de mentir, je ne mentais presque jamais. Même Richard savait plus ou moins pourquoi j'étais là et en réalité, s'il ne m'avait pas aidé j'aurais eu du mal à me faire une place ici. Je devrais m'estimer heureuse d'être tombé sur ce vieille homme. D'avoir trouvé quelqu'un sur qui compter, d'avoir un filet de secours qui avait l'air solide pour une fois. Ce qui me fait peur avec le fait de mentir, c'est d'un jour croire en l'un d'eux. Me persuader de l'un d'eux. C'est idiot, mais c'est comme ça.

Il me balance alors tout un tas de question auquelle je réponds sans la moindre hésitation. Je suis curieuse, je veux en savoir plus. Je veux aussi qu'il parle, parce que je ne voulais pas être la seule à raconter des choses et à dévoiler des choses. Même ce qui était inutile me satisferait. Je voulais éviter de trop en dire, mais je voulais aussi répondre comme il le fallait à ses questions. Je ne voulais pas lui raconter les choses d'une manière détaillée ni lui faire des réponses trop longues. Je n'étais pas si bavarde dans la vie, encore moins dans un bar. Je rebois dans mon verre lui retournant ses questions, avec une facilité qui déplait légèrement.

J'avais l'impression de le draguer, c'était un peu pathétique.

Visiblement, je me demande si l'alcool ne lui fait pas déjà de l'effet. Je ne sais pas, peut-être ? En tout cas, qu'il fume. Ça ne me dérangeait pas et je le lui disais.

« Le 5 janvier, le bleu ciel et le bleu vert, pas de copine et je déteste les réveils. Oh, je suis végétarien et je fume comme un centre industriel. »

Il aimait visiblement le bleu, il était célibataire - à ouais ça lui va bien. L'éternelle célibataire qui fait battre le coeur des jeunes minettes. Je me demande si un jour une fille lui plairait. Autrement que pour coucher avec elle et faire la fête. Je me pose trop de questions. Il n'aime pas se réveiller. Oh putain, un point commun ! Ne le dit pas Amy, garde le pour toi espèce de conne. Il était végétarien. Moi qui étais née dans une famille de viandard. Bon, il fallait que j'arrête de penser ainsi, c'était trop stupide. Sur le fait qu'il fume, je m'en doutais déjà. Je trouvais ça un peu dommage qu'il me le précise, tant je l'avais remarqué.

« Ton dernier pétage de plomb. Réfléchis pas, dis-le c’est tout. Faut répondre du tac o tac. Pas de réflexions, que du spontané. »

Il me prend de court là ! Je dois répondre quoi ça ? Pétage de plomb ? Et j'suis dans l'obligation de répondre maintenant, comme ça. Je bois une gorgée, je devais répondre vite et sans pour autant réfléchir.

« - Pétage de plomb... Il y a deux jours, dans le cimetière !» Et là je m'arrête et je termine mon verre. Mais j'imagine qu'il faut que j'en dise davantage, que j'explique ce qui m'a énervé. « - Des camarades de lycée qui avait fait les doubles de mes clefs et qui pensait pouvoir passer une soirée tranquille dans le cimetière. Quelles bandes de cons ! » et je termine mon verre.

J'espère que ça lui va, qu'il trouve ça satisfaisant. Je ne mentais pas, c'était pour moi la dernière fois où j'étais à deux doigts de frapper quelqu'un. Ils avaient peut-être mon âge, mais ils avaient osé m'utiliser. Ils avaient utilisé mes clefs, enfin ils en avaient fait des doubles, mais même. Leurs excuses étaient encore plus pourries que leurs venus dans le cimetière.

« - On a peur du loup dans les bois, alors on s'était dit qu'ici, ça serait plus tranquille. » Je laisse échapper un sourire. Je venais de faire une très mauvaise imitation de petite blonde idiote. « - Crois moi j'suis pire que ce foutu loup fantôme. » Je secoue la tête avant de regarder le verre qu'il me sert. « - Dernière fois que tu as fait quelques choses de con? »

Il m'avait posé une question, j'avais le droit de lui en poser aussi ? Non ?
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Mar 14 Aoû - 19:55

Très franchement, je me demandais ce que j’avais eu en tête. M’intéresser – un peu – à la fille qui bossait au cimetière. Grande pub ! Très grande pub… Soit j’étais un crétin, soit pour une fois, j’avais écouté autre chose que ma personne. Le problème, c’est… qu’est-ce que j’avais écouté. Pas mon cœur puisque je n’en avais pas et surtout parce que je ne la connaissais pas. Ma tête ? Ce serait bien la première fois que je l’écoutais. Mon instinct ? En avais-je seulement un ? Cette soirée était… un peu bizarre, je dois bien le reconnaître. Peut-être bien que l’accident de Kat’ m’avait remué à ce point. Peut-être bien qu’il m’avait été nécessaire de sortir de mon schéma habituel.

Je regardais Aimée alors que nous buvions. Comme j’étais parti, j’allais finir la soirée complètement ivre. Sauf si j’avais une raison de m’arrêter. J’ignorais ce que pourrait bien être cette raison d’ailleurs.
Je l’écoutais tout en fumant. Son dernier pétage de plomb remontait à peu de temps. Le mien datait du jour de l’accident de Kat’. J’avais insulté tout le personnel hospitalier que j’avais croisé. J’avais insulté quelqu’un dans la rue, je ne savais plus qui, tout ça parce qu’on m’avait demandé l’heure. J’avais insulté mes vieux en rentrant et puis je m’étais enfermé. Je n’étais pas ressorti de ma chambre pour aller en cours, parce que j’avais la gueule de bois, parce que j’étais encore dans un état second, parce que j’étais malheureux comme les pierres.
Personne n’en avait rien su, je me demandais bien comment, j’avais sans doute fait un raffut d’enfer.

« En sécurité dans un cimetière ? C’est sûr qu’ils ne risquaient pas de se faire attaquer par des morts… Mais le cimetière est aussi proche de la forêt que ne l’est la route ou quoi que ce soit d’autre. Faut être con pour ne pas remarquer que notre bonne ville de Taleville est entourée d’arbres. »

Pour ce qui était de se servir des autres, j’étais mal placé pour dire quoi que ce soit. Je faisais ça tout le temps et j’adorais me servir des gens.
Tout bien considéré, ne me servais-je pas d’Aimée pour me détendre ce soir ? N’avais-je pas besoin d’elle pour avoir juste cette impression fugace d’être un être humain avec un ersatz de cœur ? Je me posais trop de question ce soir. Sa franchise me laissait sur le cul mais je n’allais pas jouer franc jeu. Oui, je me servais d’elle à ma façon en cet instant précis et peut-être que quelque part, je l’appréciais un peu plus que les autres pour cette franchise dont elle faisait preuve avec moi. Elle me cachait sûrement des choses mais elle ne mentait pas ou alors, elle était une sacrée bonne menteuse. Moi en revanche, je mentais comme un arracheur de dents et ça, sans aucun scrupule.
Hors, tout le monde me mentait pour me plaire. Même Kat’ mentait, j’en étais presque sûr. Je ne savais pas jusqu’où ça allait mais j’étais persuadé qu’elle avait ses propres mensonges.

« Personnellement, la forêt, j’évite. Bête sauvage, loup, qu’importe. J’ai la capacité de course d’un lapin avec une patte dans une attelle avec une pneumonie. Cent mètres… et j’suis mort. Alors si j’devais courir pour sauver ma peau, je serais mal barré. »

« - Dernière fois que tu as fait quelques choses de con? »

« Quelque chose de con ? Descendre par la fenêtre du premier après avoir vider la moitié d’une bouteille de sotch alors que je faisais une intoxication alimentaire avec une clope au bec. J’ai foutu le feu à la corniche, j’me suis cassé la gueule sur le perron, j’me suis bousillé la clavicule et j’ai régurgité mon dîner sur les pompes de mon vieux. Journée mémorable pour le médecin. Et tout ça pour quoi… Aller m’acheter des cigarettes. »

Là, je crois que c’était le truc le plus con que j’avais fait dernièrement et c’était pas peu dire. Si même moi je m’en rendais compte, fallait pas demander à quel point c’était idiot. J’étais pourtant fort quand il s’agissait de me trouver des excuses mais là… j’en cherchais encore. Je ne sais pas ce qui m’avait pris ce jour-là. Si je ne savais pas qu’on ne pouvait pas empoisonner à distance, j’aurais tout foutu sur le dos de Spencer. Ce type avait un regard à vous faire détaler s’il ne vous aimait pas et… on ne s’aimait pas. C’était la seule personne que j’avais croisé ce jour-là. Ah non, il y avait aussi un autre type… Son nom m’échappait à chaque fois.
Bon, ma mère aussi aurait très bien pu vouloir m’empoisonner, allez savoir avec cette famille de cinglés et d’orgueilleux.

Bref, je ne savais toujours pas pourquoi j’avais voulu sortir ce jour-là absolument, je ne me souvenais même plus ce qui avait déclenché cette envie, ce besoin parce qu’on ne pouvait pas dire que je manquais de clopes en plus. Ça, en revanche, on en avait peut-être bien entendu parlé. Le jeune Richter qui passe par la fenêtre, se bousille le bras et gerbe sur les chaussures en daim de papa… C’était du bon ragot.

« T’en as peut-être entendu parler d’ailleurs. Un grand moment. Surtout pour les autres. »

Je dois dire que j’étais assez vexé par cet épisode et surtout pas mon incapacité complète à me souvenir du pourquoi du comment. Si j’avais eu de la fièvre, ce crétin de médecin n’avait sans doute rien vu ou rien fait.
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Ven 17 Aoû - 11:47



Je ne me rendais pas compte, mais plus je restais avec lui, plus j'avais la sensation que j'avais peut-être enfin trouvé quelqu'un que je n'allais pas forcément insulter d'abruti. Oh Elliot était loin d'être parfait, mais il y avait quelques choses dans la manière qu'il est qui m'intriguait. Et je ne cache pas qu'il y a chez lui quelque chose d'attirant. Dès le départ je l'avais remarqué, pire encore il m'arrivait de sourire timidement à ce type, comme une gamine qui rougit devant le mec de ses rêves. Soyons clair, je ne cherche pas quelqu'un avec qui sortir, quelqu'un avec qui passait du temps parce que j'aurais trop de mal à partager ce que je ressens vraiment. Le plus dur serait que je tombe naïvement amoureuse et que je me torture les méninges à cause de ça.

Quelqu'un pouvait me plaire sans que cela signifie que je veux passer mes prochaines journées avec lui. Non ? Ma curiosité me poussait cependant à aller plus loin, j'avais déjà quelques idées sur sa personne et j'étais assez contente de savoir des choses sur lui que le reste ignoraient. Par contre, ça ne voulait pas dire que j'allais en parler avec mes amies. Il me demande alors à quand date la dernière fois que j'étais hors de moi et je balance la première chose qui me vient en tête. Au vue de sa réponse, il comprend à quel point c'était idiot.

« - Faut croire qu'il n'y pas mal de cons dans cette ville. » J'hausse les épaules, face à ma remarque. J'aurais pu dire que tout mon lycée était rempli d'abrutis sans cervelle et sans la moindre jugeote. Mais je préfère englobait les habitants, parce que c'était le cas. Elliot était la première personne qui avait quelques choses de spécial, de différent.

Ça me plaisait et il fallait que j'arrête d'y penser. Il fallait que je balance cette idée loin quelque part, parce que ça écarté ce que je pensais de lui à la base. J'étais loin d'avoir oublié la menace au cimetière, où les rumeurs sur lui. Sa réputation, ses mensonges, sa manière d'être. Personne n'est parfaits et ça je le sais mieux que les autres. Je crois que justement, que le fait qu'il mente, qu'il cache parfois - voir tout le temps - ce qu'il pense ou ressent me pousse davantage à aller vers lui. J'ai envie d'arriver à le faire parler, d'une manière honnête. J'ai envie qu'il soit lui avec moi et non un autre. C'est stupide, mais c'est là. C'est presque une obsession, mais je ne suis pas sûr de pouvoir y arriver. Je crois que pour le moment, je vais juste me contenter d'être moi et de laisser faire ce qu'il veut, sans pour autant tenter quoi que ce soit.

« Personnellement, la forêt, j’évite. Bête sauvage, loup, qu’importe. J’ai la capacité de course d’un lapin avec une patte dans une attelle avec une pneumonie. Cent mètres… et j’suis mort. Alors si j’devais courir pour sauver ma peau, je serais mal barré. »

Je ris. Ouais, l'idée me plait. Sauf qu'il y a quelques choses qu'on appelle l'adrénaline, mais j'évite de rajouter quoi que ce soit. Moi je suis bonne athlète. J'ai fait de la gymnastique plus jeune et j'ai fait partie des pompoms grils dans mon ancien lycée. Ça me rappelle de bons souvenirs tiens, j'adorais sauter et faire des sauts. J'étais comme plus libre. Plutôt que de me moquer de sa remarque et de lui, je lui balance une question. A son tour de répondre vite et sans réfléchir.

« Quelque chose de con ? Descendre par la fenêtre du premier après avoir vider la moitié d’une bouteille de sotch alors que je faisais une intoxication alimentaire avec une clope au bec. J’ai foutu le feu à la corniche, j’me suis cassé la gueule sur le perron, j’me suis bousillé la clavicule et j’ai régurgité mon dîner sur les pompes de mon vieux. Journée mémorable pour le médecin. Et tout ça pour quoi… Aller m’acheter des cigarettes. »

Je suis morte de rire. Vraiment, un bon gros fou rire. J'ai même du mal à m'arrêter, mais je finie quand même par me calmer et par boire dans mon verre. L'image est tout de même incroyablement drôle. Juste pour des cigarettes en plus. C'était beau.

« - Bravo ! J'aurais toujours cette image de toi en tête maintenant. »

C'était tellement idiot comme histoire, mais tellement drôle. Je n'avais rien d'aussi énorme comme souvenir. Rien d'aussi drôle, mais en même temps j'avais rarement la tête à déconner et à boire. J'étais calme dans mon genre, trop zen même. Ce qui devait se voir à des kilomètres, malgré mon caractère. Je me demande pourquoi il n'avait pas fait plus simple pour les cigarettes. Un mec aussi riche que lui pouvait aller en piquer chez son père ou chez sa mère ou demandait à un abruti de lui en ramener. Mais je préfère ne rien dire, j'aime ce fou rire.

« T’en as peut-être entendu parler d’ailleurs. Un grand moment. Surtout pour les autres. »

« - Non, jamais. J'en entends des choses sur toi, mais ça... » Et mon sourire s'élargie, j'aurais aimé rire de nouveau, comme une gamine. Je crois que ça devait se voir que je ne riais pas souvent. Que je n'avais pas cette capacité à masquer ma peine derrière des sourires. J'étais trop honnête pour pouvoir faire ça.

« - Il faut dire que monsieur à une très jolie réputation. »

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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Sam 18 Aoû - 13:11

J’allais avoir un problème, un énorme problème mais là, tout de suite, je ne me rendais pas bien compte de ce dans quoi j’avais mis les pieds. Tellement tourné vers moi-même que je n’étais pas capable de me rendre compte de la chose dans laquelle je mettais les pieds. J’étais incapable de me rendre compte que je me plongeais dans une drôle d’histoire.
Moi qui ne voulais rien avoir à faire avec quelqu’un, je tombais dans un piège idiot qui n’en était pourtant pas un mais ça ne changerait rien.

« - Faut croire qu'il n'y pas mal de cons dans cette ville. »

Ah ça, je ne pouvais pas dire le contraire, j’en étais un. Un connard… j’étais le connard du siècle même mais je ne m’en justifierais pas, je ne m’excuserais même pas d’en être un. J’étais un connard, point final.

Je la regardais boire son verre, je la regardais sourire. Rien de ce qu’elle faisait ne pouvait occulter ce que je ressentais pour Kat’, surtout pas maintenant, avec cet accident mais c’était une drôle de bouffée d’air. En général, les filles, c’était une distraction passagère, une façon de mentir à Taleville au grand complet. Elliot Richter n’était ni puceau, ni gay. Elliot Richter aimait les filles. Une autre façon de protéger mon petit secret.

Je lui raconte mon épisode le plus con, le plus humiliant même, quoi que… Et elle… Elle riait. Je la regardais quand même pas mal surpris. J’avais presque cru que cette fille était incapable de rire de bon cœur. Allez savoir pourquoi, après cette histoire de cimetière, je l’imaginais comme… comme quelqu’un incapable de rire ou de s’amuser. Je m’étais trompé.
Ceci dit, j’étais mal. Elle allait avoir un image de moi loin de celle que j’affichais en général. Elle le confirmait d’ailleurs. Ouais… Ma réputation. Ma super réputation…

Je me repris, heureusement que j’avais cette réputation. Personne n’avait besoin de croire que j’avais un cœur, personne n’avait besoin de croire que j’étais capable d’être vraiment sympa et avec elle, c’était déjà foutu. Je ne réitérerais pas ma menace cependant. Hors de question, je ne me répétais jamais, au niveau des menaces bien entendu.

« Tu entends donc des choses sur moi et qu’est-ce qui se dit ? »

Rien ne m’intéressait plus que ce qu’on disait sur moi en dehors du fait que j’étais tenté d’en apprendre un peu plus sur son compte à elle.
C’était un sacré problème… J’avais un sacré problème. Je me fichais des gens mais elle, je ne savais vraiment pas ce qui me poussait à ça mais j’avais envie de savoir des choses.

Je me demandais bien ce qu’on disait de moi et surtout, je voulais savoir ce qu’elle en pensait elle. Mais merde ! Y avait un truc qui tournait pas rond dans ma tête. Je ne m’étais jamais soucié du regarde des gens ! J’étais Elliot Richter, je savais qui j’étais, je me mentais très bien et mes mensonges étaient en béton alors qu’est-ce qui me poussait à vouloir savoir ce qu’elle pensait de moi.

Cette fille était foutrement dangereuse pour moi. Je me rallumais une cigarette, je me resservais un verre. Aussi agréable que soit ce moment, j’étais en train de commencer à stresser et je n’étais pas du genre à stresser, je n’étais pas du genre à m’en faire. Je me foutais de tout et de tout le monde alors bordel de merde… Qu’est-ce qui était en train de m’arriver ?

Je me demandais si j’étais capable de tenir encore quelques verres ou bien si j’étais capable de me contenir. Bien malgré moi, les doigts qui tenaient ma cigarette tremblaient un peu. Je posais pas main contre la table. Pourvu qu’elle ne pose pas de question. J’étais bon menteur mais s’il y avait une chose que je ne savais pas faire, c’était me contrôler réellement. Je me calmais vite oui, mais j’étais incapable de m’empêcher de réagir.

J’attendais qu’elle me dise ce que les gens pensaient, je comptais quand même lui demandé ce qu’elle pensait de ce que les autres pensaient.
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Sam 18 Aoû - 18:32




La situation me perturbe quand même un peu. Il faut dire que je n'avais pas prévu ce qui se passait. Je n'avais pas prévu de boire un verre avec lui, je n'avais pas prévu de me souler avec lui. Je n'avais pas prévu de lui sourire, de rougir face à lui. Je n'avais rien prévu de ce qui se passait et je ne prévoyais rien. Ce soir, c'était moi contre le reste du monde... Non, lui et moi contre le reste du monde. C'était nous. Parce que c'était le but de la soirée, laisser tout ce qui nous tracasse derrière et passer un bon moment. Je pouvais faire comme si j'étais ailleurs, comme si toute ma vie n'avait rien de mauvais. Je devais faire comme si rien de mon passé ne m'avait freinée dans mes pas. Je pouvais faire abstraction de tout ça, pour être moi et ailleurs. C'était humain de vouloir se sentir comme avant d'avoir l'impression de voler et de rire. De pouvoir rire sans se dire que c'est forcé. Je crois qu'Elliot ne sait pas à quel point j'avais besoin d'une soirée comme celle-ci.

De l'effet qu'elle a sur moi, ou qu'il a sur moi.

J'admets que cette ville est blindée niveau cons. Je ne le vise pas particulièrement, même si je sais qu'au fond, c'est le roi des cons comme on le dit si bien. Mais il y en a plein d'autre. Des centaines d'autres. Petite ville, tu parles. Le plus amusant c'est que ma réaction, mon rire, le surprend. Je ne savais pas pourquoi, j'aimais le surprendre. Lui, plus que les autres. Lui, parce qu'il n'était pas ce qu'il prétendait être. Je préférais un connard qui cachait un coeur, plutôt que l'inverse. Dans tous les cas, on est déçu parce que l'on découvre. Je crois qu'Elliot n'arriveras jamais à me décevoir, comme personne dans cette ville.

« - Oh, pas mal de choses. » Je finie mon verre et cette fois, je sers. Je suis alors toute souriante et je manque presque de renverser quelques gouttes, mais non. Je ne suis pas soule. Pas encore. Je commence juste à avoir chaud. A avoir un peu trop chaud. « - Tu es invivable. » et hop, je me laisse plonger dans mon verre de nouveau, avant de rajouter : « - Insolent, arrogant, pourri gâté, hypocrite, manipulateur, menteur, coureur de jupon, crétin, colérique, sans coeur... » Je ralentissais dans mes paroles. « - Je t'apprends rien de nouveau, j'imagine. »

C'est vrai, au final sa question est stupide. Il sait mieux que les habitants eux-mêmes ce qu'ils pensent de lui. Il a forgé sa réputation après tout. Les filles de mon lycée sont connes. Elles le regardent de loin comme un mec incompris qui ne demande qu'à être entendus. D'autres le voient comme un véritable connard sexy. Vraiment maso les filles de mon lycée. Moi de loin, je n'avais jamais cherché à en savoir plus sa personne. Je le trouvais beau, mais en même temps il le savait aussi, puisqu'il usait fièrement de son charme. Je remarque sa main qui tremble légèrement, je ne dis rien. Je crois juste que ça l'embête peut-être d'entendre tout ça. De savoir ce qu'il n'y a rien de positif sur lui.

« - Je supporte pas ça. » Je regarde mon verre avant de poser mes yeux noisette sur lui. « - Juger sans connaitre. C'est passer pour un abruti. »

J'avais appris qu'il ne fallait jamais juger un livre par sa couverture. Les actes que quelqu'un pouvait faire, les mots qu'il pouvait dire. Pour moi, sans connaitre la personne vraiment, sans vraiment avoir parlé avec, c'est comme si je lui avais alors collé une étiquette sur le front. Je n'aime déjà pas qu'on me juge moi sans la moindre idée de qui je suis, alors je ne fais pas ça aux autres.

J'avais encore du temps devant moi pour me faire une véritable idée sur Elliot Richter, c'était que suicidaire que de dire que pour le moment, je l'aimais bien ?
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Sam 18 Aoû - 19:40

J’écoutais très attentivement ce qui se disait sur moi et je dois dire que rien ne me surprenait. En fait, si, j’étais surpris de ne pas entendre des choses bien pires à mon sujet. Chacun des mots décrivait avec justesse la personne que je n’efforçais d’être. Comme quoi, j’y arrivais très bien. Tant que l’on me considérait ainsi, je n’étais pas une cible potentielle.

L’alcool commençait lentement à enrober mes idées. Cet effet cotonneux très plaisant qui précédait une superbe gueule de bois. Mes doigts me picotaient malgré le fait que je n’arrivais pas à m’empêcher de trembler rien qu’à l’idée de pouvoir me dévoiler à cette fille. Bordel, même Kat’ ignorait que j’avais un cœur ! La vie était une salope. Pourquoi avait-il fallu que ce soit de ma cousine que je tombe amoureux ? J’avais pas cherché ça ! J’avais bien tenté de ne pas l’aimer mais apparemment, y a une saloperie qu’on contrôle pas, c’est ses sentiments. On peut mentir autant qu’on veut, on peut être aussi salop qu’on veut, se dire et se répéter qu’on en a rien à foutre de rien. Y a des sentiments vicelards et insidieux qui sont de vrais poisons. Ça vous ronge de l’intérieur, ça vous ravage mais ça ne vous ravage jamais assez même quand il n’y à plus rien à arracher, déchirer, mutiler.
Je haïssais Kat’, je l’aimais. Et cette fille devant moi… Aimée, je commençais à la détester… à l’apprécier.
Oh ça oui, pour avoir un problème, j’avais un problème… J’étais surtout un con ! Comment on pouvait apprécier quelqu’un aussi vite ? J’étais vraiment un foutu cœur d’artichaut, un imbécile fini. Au final, le vieux avait peut-être raison, on ferait rien de bon de moi mais pas dans le sens où lui l’avait envisagé.

« Non, tu as raison, rien de nouveau sous le soleil de Taleville, on dit déjà ça de moi depuis quelques années. Les braves gens de Taleville devraient revoir leur classique, ça devient chiant. »

C’était chiant, c’est vrai mais au moins, c’était ce que je voulais qu’on pense. De ce côté-là, je n’étais pas lésé. Mais bien entendu, Aimée n’était pas de cet avis. Je commençais à m’y faire. Cette fille ne me jugeait même pas. J’avais du mal à le croire. Non, en fait… Je n’y croyais pas. Il était impossible de ne pas me juger. Tout le monde avait son petit avis pré fait sur tout et n’importe quoi. Elle avait dû avoir une opinion sur mon compte et refusait juste de m’en faire part.

« Parce que tu ne m’as pas jugé Aimée ? Jamais ? N’aie pas peur. Je ne le prendrais pas mal. Vas-y, balance, qu’est-ce que tu penses vraiment de moi ? »

Oh oui, j’étais vraiment curieux de savoir, j’aurais pu garder mon joker question perso mais là, il fallait que je la pose ma question.

« Qu’est-ce qui peut bien changer quelqu’un au point d’accepter d’aller boire un verre avec le type le plus salop de la ville dans la tranche des vingt, vingt-cinq ans. Qu’est-ce qui vaut à ce point la peine d’être oublié qu’on arrive à en oublier la réputation de la personne qu’on a devant soit. On se saoule pas avec le fils d’une des familles les plus riches de son patelin quand on a les idées en place. Voilà, ça c’est ma question Joker. »

Je n’étais pas observateur, je n’étais pas non plus un mec clairvoyant. J’étais même en dessous de tout quand il fallait comprendre quelqu’un mais ce qui se passait ici et maintenant… Personne à Taleville ne l’aurait fait. Personne n’était assez téméraire pour ça car personne n’était assez dingue pour tenter la chose. Qui pouvait savoir ce qu’allait dire le fils à papa et maman, ce qu’il allait faire… Et s’il regrettait le lendemain et faisait de votre vie un enfer ? Voilà pourquoi je me saoulais seul et ici la plupart du temps.
Aimée avait à peine réagit à ma menace et je commençais à croire qu’en effet, quelque chose de bien plus noir la rongeait… Qu’est-ce qui la rongeait ? Moi je savais ce qui me rongeait, mon amour et ma haine pour Kat’, ma rage étouffée pour mon vieux, ma rage envers tous les pecnos de cette putain de ville pour ne pas voir le marasme dans lequel j’étais. Tous assez cons pour gober que j’étais le petit riche heureux. Je les haïssais tous de gober mes mensonges et de ne pas creuser tout comme je les haïssais quand ils creusaient.

J’avais le cœur et la tête comme une saloperie de male militaire… j’étais un paradoxe ambulant. Je n’avais jamais réalisé à quel point je pouvais me haïr moi-même…

Je la fixais sans sourciller. C’était la première fois que je regardais quelqu’un dans les yeux dans l’espoir de déceler quelque chose. Ma main ne tremblait plus, j’étais figé, ma cigarette fumait dans ma main, mon autre main agrippant fermement mon verre à moitié vide. Je crois que je n’avais jamais posé de question aussi personnelle à quelqu’un, je crois que je n’avais jamais eu autant besoin d’avoir une réponse à une de mes question.
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Dim 19 Aoû - 9:03




J'étais loin d'avoir une bonne mémoire. Surtout là, avec quelques verres dans le ventre. Pourtant, j'arrive à me rappeler la plupart des choses que l'on m'a racontée à son sujet. Ouais, comme si j'avais tout noté quelques parts. Comme si j'avais fait l'effort de tout retenir. En réalité, je crois qu'à force qu'on me parle de lui, que j'entende parler de lui, c'est rentré tout seul dans ma tête. Je ne fais pas attention à ce qui nous entoure. Je commence à croire que l'alcool commence à m'affecter. Je n'arrive plus à penser clairement, mais je m'en fiche.

Je me fiche royalement de ce qui peut arriver ce soir, de ce qu'on va raconter, de ce que je vais penser. Parce que c'était ça le deal. On s'en fou. On n'a pas à se casser la tête, pas ce soir. Elliot me répond, effectivement il n'apprend rien de nouveau. Dans cette ville, il avait l'habitude d'entendre tout ça, j'suis sûr qu'il a déjà entendu pire même. La manière dont il me disait, je ne sais pas pourquoi, j'y voyais comme de l'agacement. Peut-être qu'un jour il aimerait qu'on dise autre chose de lui ? Comme parle de lui en bien par exemple ? Je ne sais pas, je ne suis pas très douée pour deviner les pensées des gens. Je lui balance que je déteste ça, juger sans connaitre. Et il me saute dessus. Avec des mots, je veux dire.

« - Jamais. » Je bois dans mon verre avant de rajouter. « - Pour moi, tu restes toujours un inconnu. »

Je reste un peu muette à ses paroles. Non, je ne l'avais pas jugé. J'avais comparé son comportement avec ce qu'on me disait de lui. J'avais trouvé ça plutôt drôle et puis quand j'ai parlé de Katherine j'ai vu quelque chose d'autre. Et puis Monsieur a dit que c'était un connard, alors je n'allais pas le contredire, puisque visiblement il l'était vraiment. Mais bon sang, je ne sais pas pourquoi, j'avais du mal. Du mal à me dire qu'il était QUE ça. QU'il y avait seulement cette apparence et rien d'autre. Il avait son caractère, sa manière d'être. Et ses mensonges, ses vises. Et il avait un coeur, je le sais. Je ne voyais que ça.

Comme toujours, je ne voyais que le bon côté des gens, aussi malhonnête et mauvais sont-ils.

Et Avant que je ne dise quoi que ce soit, il rajoute des paroles. Sa question Joker me perturbe. Pourquoi j'étais là, pourquoi avec lui. Pourquoi tout simplement. Je n'avais pas vraiment de mots pour décrire tout ça. Ni même pour exprimer pourquoi j'étais là. J'aurais aimé répondre vite. Pouvoir répondre à une telle vitesse que ma réponse aurait été plus que logique, mais je ne savais pas pourquoi. Je bouge légèrement négativement ma tête, évitant son regard. Puis doucement, des mots sortent de ma bouche. Je crois que je commence à ne pas contrôler mes paroles. C'est dur.

« - Je me cache. De la vie. De qui m'entoure. De tout en réalité. Je me cache, parce que j'ai peur. Et toi tu débarques et tu me proposes un verre, une soirée pour baiser la vie tant celle-ci a été bien salope avec nous. Pourquoi j'aurais refusé une telle opportunitée ? » Je termine mon verre d'un trait. Je ne veux pas penser à Tommy. Pas maintenant. « - Et tu sembles êtres un expert en la matière. » Je lève mon verre comme un signe de victoire.

Tu parles, j'avais mal. J'avais mal d'avoir l'impression que le seul type qui me redonnait le sourire était peut-être le mec le plus ignoble qui soit, pourtant il ne l'avait pas été avec moi. Pas si j'éloigne sa menace de ma tête. Pas si l'éloigne son monologue sur ce qu'il était vraiment et sur le fait qu'il n'y avait rien à chercher derrière ce masque. Il me rendait folle, c'était le mot. Je cherchais tellement pas à savoir ce qu'il était vraiment, tellement pas à savoir si ce qu'on disait de lui était vrai, et pourtant ce soir, plus la nuit avance dans sa course, plus je me rapproche de son être.

Je crois que j'ai envie qu'un jour, il se rende compte que je suis à terre.

Et qu'il me tende sa main

Stupide. C'est le moment où jamais de fuir. Que je retire cette image stupide de ma tête. Je n'ai pas besoin qu'on m'aide, je n'ai pas besoin qu'on me sauve. Je n'ai pas besoin d'aller mieux. Je mérite chaque secondes à terre.

C'est fou comme je ne suis pas douée pour dire ce que je pense vraiment. Comment j'ai du mal à m'exprimer. Pourtant je me mets à sourire bêtement, remplissant mon verre. Je me mets à sourire parce que j'ai l'alcool heureux. Idiote.

« - Faut croire que je t'aime bien, Richter. »

Heureusement, que je ferais abstraction de ce soir, demain matin.
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Dim 19 Aoû - 21:16

J’étais réellement surpris – encore – d’entendre Aimée me dire qu’elle ne m’avait pas jugé. Je ne pouvais pas croire à un truc pareil. Tout le monde jugeait, tout le monde… Je n’avais jamais vu une seule exception. Je n’arrivais pas à la croire. Pour moi, elle me mentait. J’étais un menteur, je ne disais jamais la vérité. Quand on essayait de me persuadé qu’on me parlait avec franchise, je n’y croyais pas.
Un inconnu ? Elle croyait vraiment que j’allais gober ça ? Le problème, c’était que j’avais envie d’y croire, de vraiment croire qu’elle ne m’avait jamais jugé parce que pour moi, c’était une véritable bouffée d’air même si je n’étais absolument pas prêt à le reconnaître.
Je crois que l’alcool me tapait vraiment au cerveau.

Mais moi qui n’écoute jamais personne, là j’écoute, j’écoute ce qu’on a à me dire parce que je la veux ma réponse…
Vraiment, j’étais super nul pour comprendre les gens, j’étais un confident foireux vu qu’on ne pouvait avoir aucune confiance en moi mais là… il était clair qu’Aimée avait un truc à cacher, qu’elle ne voulait rien dire et qu’elle voulait boire.
J’avais deux choix. Soit j’insistais et je rompais l’accord tacite du juste un verre… Soit je laissais tomber. La deuxième option m’embêtait mais c’était la meilleure chose à faire. Dans le fond, est-ce que je voulais vraiment me dévoiler ? Non ! Non, surtout pas ! Je ne voulais pas qu’on s’intéresse à moi autrement, je voulais la paix, je voulais la solitude et mes vrais faux amis. Personne ne devait creuser sous la surface.
Creuser chez les autres, c’était les inciter à creuser chez vous.

Je revenais à notre conversation. Baiser la vie… Oh oui, ça, je gérais à merveille.

« Baise la vie ? C’est la seule chose qui vaille la peine. À quoi ça sert sinon de vivre… À subir ? Je subirais jamais sans balancer à la face des autres que je les emmerde. »

Subir, je subissais, je n’avais pas le choix. Le libre arbitre, c’est une vaste merde. C’est juste… un moyen de faire croire aux gens qu’ils sont libres de leurs mouvements alors qu’en réalité… ils n’ont qu’une liberté restreinte à la taille de la corde qu’ils ont au cou.
Les gens plein de thunes, comme moi, ont une superbe laisse à allonge automatique alors que les autres ont un collier étrangleur. Tu parles d’une putain de liberté.

Je la regardais Aimée… Je ne comprenais pas les gens en règle générale mais elle, je la comprenais encore moins que les autres. Elle était… spéciale. Merde ! Nom de Dieu ! Mais qu’est-ce qui m’arrivait ? Même bourré j’ai jamais été aussi con ! Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je ressemblais à un de ces types en pamoison devant une fille… Je me dégoûtais. Réellement.

« - Faut croire que je t'aime bien, Richter. »

Elle m’aimait bien… On m’avait déjà dit tout un tas de choses, on m’avait murmuré des mots gentils, doucereux mais jamais… Ô grand jamais… on ne m’avait dit qu’on m’aimait bien sur un ton aussi désinvolte et sincère, c’était franchement… troublant… agaçant… démontant !
Les gens ne m’aimaient pas mais elle, elle m’aimait bien. Je n’en revenais pas, je vidais mon verre, la regardant encore plus perplexe qu’à l’origine.

C’était fini, je ne tremblais plus mais j’étais… intrigué. Vraiment intrigué. Je retirais ma veste et la balançais sur mon dossier.

« Tu m’aimes bien ? » J’étais incrédule. « Je te menace tout à l’heure, je t’emmerde à la sortie du boulot pour des gens dont je n’ai rien à foutre et toi tu m’aimes bien ? »

Qu’elle le sache seulement que je me foutais des parents Richter morts et enterrés, j’espérais même que les miens allaient vite finir dans le trou mais là, j’étais abasourdis.

« T’es vraiment quelqu’un d’étrange Aimée, vraiment… Je sais pas ce que je dois en penser… »
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Lun 20 Aoû - 13:21



J'étais sincère, aussi incroyable cela puisse être. Je n'avais vraiment aucun jugement sur lui. Je ne le pensais pas connard fini, ou salaud de première. Je le voyais encore comme un étranger qu'il fallait que j'apprenne à connaitre. Un étranger qu'il avait un problème dans son caractère, qui avait une réputation plus grande que le mont Everest et qui me plaisait bien que je ne cessais de dire le contraire. Je ne sais plus combien de verre j'ai déjà avalé, ni même si ça a vraiment de l'effet sur moi. Je commence juste à avoir chaud, d'ailleurs je peux m'empêcher de toucher à mes cheveux, de les mettre sur le côté, parce que j'ai chaud.

Mais sa question me perturbe, je suis toute retourné par ce soudain changement. Il veut vraiment savoir pourquoi ? Je lui balance, après un moment, ce que je pense, ce dont je me souviens. Je crois que j'ai plus le contrôle sur mes mots, encore moins sur mes gestes. C'est vrai, ce soir c'est baiser la vie, où va te faire foutre. En gros. Et moi j'suis plutôt pour la première idée. Etrangement mes pensées sont presque vides. Il y a quand même une légère brise qui souffle dans mon cerveau. Je ne pense plus à rien. C'est sans doute le meilleur moyen pour moi d'oublier et de faire comme c'était prévu à la base, s'éclater. Mais au fond, je le regarde lui. Je regarde sa taille, son visage, ses courbes, ses cheveux... chaque partie de son être comme si j'essayais d'y trouver un défaut. Quelque chose qui me ralentisse, me pousse à ne pas l'appréciait, à refouler cette attirance. Je le regarde quand il parle, quand il m'explique que la vie ne sert qu'à subir. La fin de sa phrase me laisse croire que tout ce caractère qu'il a, c'est juste pour se venger. De la vie ? Non, je veux en savoir plus. Je veux savoir pourquoi, vraiment, il était comme ça.

Sauf que non.

Contrairement à lui, je subissais moi. Lamentablement. Je subissais au point où j'étais à terre, en train de ramper pour survivre. En train de ramper pour mourir aussi. Je subissais avec une telle force que la seule façon que j'avais trouvé pour continuer à vivre s'était de me cacher ici. C'était comme plus fort que moi. Tout à coup, je voulais lui parler, je voulais lui dire que j'avais mal, que j'étouffais. Que j'avais besoin de quelqu'un, que quelqu'un me regarde...

Mais non, non. Je terminais mon verre, je le finissais et ma pensée s'échappa avec cette fin-là. Je lui avoue alors que je l'aime bien. Je souris même en disant ça. Je le pensais vraiment, ce qui était encore plus étrange. Je venais de me resservir à cette parole je fixais mon verre, pensif. Moi-même je n'en revenais pas de ses mots que je disais, de la manière dont j'avais dit ça. Je n'en revenais pas de tout ça, mais j'étais tout de même heureuse comme une gamine. Sa voix alors me ramène à la réalité. Je le regarde alors. Il était donc venu au cimetière, comme ça. Pour le fun ? Je l'avais accompagné pour aller voir des gens dont il se fichait complètement ? Il jouait trop bien son jeu.

« - Pense que... » Je réfléchis, parce que je suis déjà un peu à l'ouest. « - Pense que tu as en face de toi, un cas désespérée. Tu ferras peut-être de ma vie un enfer demain, mais ce soir... »

Soudain j'ai un blanc. J'ai du mal à dire la suite, pourtant j'ai envie de la dire. J'ai envie qu'il sache. Je ne sais pas pourquoi, je sens quelque chose au fond de ma gorge qui m'empêche de le dire d'une voix normal. Quelques choses qui fait que la sincérité de ses paroles dépasse l'inimaginable. Oui, j'ai tendance à l'exagération, je le sais.

« - tu es la seule personne de cette ville qui... » Ouais, je sais, je la joue suspens, mais ce n'est pas intentionnel. « - Qui me traite comme un humain et non comme une chose. »

C'était ce que j'avais ressenti. A Taleville, j'étais l'étrangère dont on se fichait pas mal. Au lycée j'étais la nouvelle chose à la mode, un objet qu'on regardait parfois d'un drôle de manière. Techniquement, Richard était le premier tant il m'a aidée, mais lui c'était autre chose. Non, dans cette ville je ne connaissais pas grand monde, mais ce n'était pas seulement ma faute, c'était aussi leurs fautes. A ceux qui me regardait de loin sans m'approcher.

Lui était venu vers moi, comme ça.
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Lun 20 Aoû - 18:49

Aimée n’avait pas l’air de comprendre qui j’étais, ce que j’étais… Elle était loin de ce douté à quel point j’étais un des plus grands connards de Taleville. J’étais prêt à mentir pour tout, à réclamer n’importe quoi tant que j’en avais envie, à jeter la disgrâce sur quelqu’un s’il m’avait regardé de travers, à embrasser une fille qui avait envie de sortir avec moi alors qu’au final, elle n’aurait rien du tout.
Je la revois encore, cette fille. Une jolie brune, j’ai oublié son nom. Je l’avais embrassée parce que je savais qu’elle craquait. De mauvaise humeur ce jour-là, je l’avais regardé droit dans les yeux après l’avoir embrassé et je me revoyais lui dire de bien s’en souvenir parce que c’est tout ce qu’elle aurait jamais de moi. Je n’avais pas eu l’once d’un seul scrupule, pas un ou si peu…

Mais je ne sais pas, il y avait… quelque chose chez Aimée. J’aurais pu passer mon temps à me cogner la tête contre un mur en me traitant de gros imbécile mais y avait un truc. Y avait vraiment un truc. Ça pédalait sec dans ma tête. Je tournais vraiment pas rond. J’avais les fils qui se touchent. Je m’étais jamais intéressé à personne à part Kat’. J’avais une drôle de façon de faire. Je crois qu’en définitive, l’alcool combiné à l’accident m’avait totalement et indéniablement mis le cerveau à l’envers.
Et si pour une fois… une seule fois ? Je faisais vraiment ce que j’avais dis ? On boit, on se saoule, on emmerde la vie et puis… et puis wait and see. Mais Aimée… De toute façon, on habitait dans la même ville, c’est pas comme si je ne pouvais pas la voir.

Je m’arrachais mes considérations de la tête à grand coup de pied mental dans le fion et je la regardais mais surtout, je l’écoutais. Elle galérait à parler, j’ai bien failli la pousser à lâcher le morceau tellement je détestais devoir attendre qu’on en vienne au fait.
J’en aurais presque la mâchoire décrochée. Moi ? Moi Elliot Lukas Richter, Sexy Boy avec des dollars plein les poches, je la traitais comme un être humain. Je tirais sur ma cigarette. Perplexe. Si moi je la traitais comme un être humain, comment les autres la considérait-elle, c’était à se demander.
C’est là, de façon insidieuse que j’ai compris. Comme un poison, ça s’est mis à se répandre dans mes veines. J’avais de la peine… J’avais de la peine pour elle parce qu’être considéré comme une chose, comme un objet de collection, je connaissais. Je vivais comme ça tous les jours et je m’y étais fait. En plus, bien souvent, je l’avais cherché. Non, en fait, je l’avais cherché et ça ne m’avait jamais posé de problème… J’étais un Richter, un nom classe dans le répertoire. Je les haïssais tous… Profondément, viscéralement, totalement.
Mais là, je haïssais d’autant plus Kat’ qui n’avait pas fait attention à cette voiture, je haïssais le chauffeur de cette foutue bagnole qui l’avait renversée et j’en voulais à Aimée, je lui en voulais à mort de crever le plafond de ma vie et de réussir à m’intéresser. Je ne m’intéressais qu’à tellement peu de monde.

Je tirais sur ma cigarette, je buvais une longue gorgée à m’en ravager la tête. Ni le moment de penser, ni de réfléchir. J’étais toujours mauvais à ce jeu-là, comprendre les gens.

« Si moi j’te traite en être humain, faut pas demander les autres. Je leur écraserais bien ma clope entre les deux yeux, juste pour voir ce que ça fait d’être un cendrier… ou m’essuyait les pieds sur leur dos pour qu’ils imaginent ce que c’est d’être un paillasson… »

À ces mots, j’écrasais ma cigarette dans le cendrier, comme si je l’écrasais vraiment sur le front de quelqu’un. J’étais saoul… J’avais du mal à contrôler mes paroles, mes pensées, mon expression. Je n’étais pas violent, mais j’avais le fantasme du bagarreur. Je m’imaginais chacune des choses que je venais de dire, je m’imaginais les faire… Dieu que ça aurait été plaisant… Mais je n’étais pas un bagarreur. J’enfonçais les gens en paroles, je les enterrais bien profond. J’allais tous les enterrer profond si ça pouvait me soulager et… la soulager et qui sait ? Avec de la chance, je pourrais aussi me défouler sur le responsable de l’accident de Kat’ ?

Je ressentais, en vérité, ce qu’elle ressentait à propos de son entourage et c’était perturbant. Sans le vouloir, je l’exposais ma haine, je l’exposais ma peine et j’en avais à revendre, j’en avais plus qu’assez en stock pour empoisonner la vie de n’importe quel individu.
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Mar 21 Aoû - 13:53



Étais-je naïve ? Très bonne question, je n'en avais pas la moindre idée. Je crois que je ne suis pas en état de pensée comme il se doit. Je crois que je suis trop à l'ouest pour mettre mes idées au clair. Encore quelque chose que j'allais regrettait. Je sens que je vais peut-être regrettait ce que je vais dire ou ce qui va se passer ce soir, ou peut-être carrément l'inverse. Je ne sais pas, j'étais capable de tout là tout de suite, de tout comme de rien. Et surtout, j'essayais de savoir qui il était. Oui, c'était une évidence, j'étais plus que curieuse de savoir qui il était. Il pouvait être le mec dont on me parlait tant, comme l'inverse même. Pour le moment ce que je gardais de lui, c'était sa réaction face à mon idée que Katherine soit morte et qu'il revienne au cimetière pour ça. Il devait être le seul mec de cette ville qui avait vraiment réussi à capé mon intention. Pire encore, je l'aimais bien.

Quelle idiote, j'avais même dit ça à voix haute et maintenant me voilà qui lui raconte qu'il était le seul. Le seul à m'avoir traité comme un humain, lui le pire connard du monde. Enfin d'après ses dires, mais une part de moi savait que lorsqu'il disait l'être, il l'était. Qu'il était capable de choses dont moi-même j'ignorais tout. Sauf que j'étais trop doué pour faire abstraction de ce genre de détails. Oui, trop doué pour ignorer cette partie et cette facette. Il ne fallait pas, il ne fallait pas que soit attiré par lui, parce qu'il était, parce qu'il faisait. Je ne devais pas me faire avoir par Elliot Richter pour ensuite le regretter. Il fallait que je profite de cette soirée, en évitant tout de même de faire des choses que je finisse par regretter.

Ou dire des choses que je finisse par regretter.

Et sous l'effet de l'alcool je pouvais en dire des choses. En parlant de la manière dont on me traiter, ça avait fait remonter en moi de mauvais souvenir. Je m'étalais presque sur la table, reposant ma tête sur mon bras, fixant mon verre, jouant avec de ma main, laissant mon doigt parcourir le verre. Je crois que ça m'avait affaibli d'y penser. J'entends alors la voix d'Elliot me sortir de ce léger coma. Je crois qu'il est curieux, de la manière dont les autres me traite et peut-être perturbé par le fait qu'il fasse quelques choses de bien, sans le savoir ? Et puis il rajoute qu'il aurait bien aimé écraser sa cigarette entre leurs deux yeux. Je ne sais pas pourquoi, je souris. Je souris comme une idiote, comme si le fait qu'il s'énerve, qu'il dise ça... c'était pour me défendre ? Non... Ou alors parce qu'il comprenait.

Je me lève, les coudes sur la table, ma tête posée entre mes mains et je le fixe. Curieuse sans doute. J'agissais déjà comme une femme soule, c'était beau à voir.

« - Alors toi aussi... »

Ouais, c'est tout ce que j'articule. Je me lève alors et je prends carrément la bouteille. J'avais mal aux fesses tellement j'étais assise. Je n'aimais pas être assise trop longtemps, au bout d'un moment, je bougeais. J'en avais marre.

« - T'as dit que tu voulais t'amuser, je ne sais pas toi, mais pour le moment, ce n'est pas la grande éclate. »

Bouteille en main, je le lève comme un petit signe de victoire et comme prévu, je me tire. Je souris comme conne à Elliot avant de prendre la sortie. J'arrive à marcher droit, pour le moment, c'est juste dans ma tête que ça tourne pas rond. Ouais juste dans ma tête. L'air froid dehors me caresse alors le visage. J'aime la nuit, la fraicheur, les étoiles. Je fixe le ciel un moment, me demandant si Elliot allait me suivre où s'il s'était dit que c'était mieux sans moi.

J'aimerais bien qu'il apparaisse à mes côtés, d'un coup.

Je veux que mon prince charmant n'en soit pas un. Qu'il soit même plus naturel et normal qu'un prince. Qu'il est des défauts, qu'il est des qualités, qu'il soit unique et surtout qu'il soit le seul à me ressentir quelques choses, quelque chose de différent... Non, mais attendais, j'étais sérieuse là ? Je me mets alors à rire. Oui, bêtement. La main devant la bouche, je m'assois sur le trottoir. Je prends place, comme à l'aise. Heureusement que je n'ai pas de talons, sinon imaginait la catastrophe. J'aime mes chaussures plates. Oh oui.
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Mar 21 Aoû - 16:19

J’avais été imprudent, j’avais été con, je m’étais ouvert sans le vouloir. Je n’avais vraiment rien d’un génie. Heureusement que j’en étais conscient mais d’habitude, je donnais le change, j’arrivais à ne rien dévoiler de ce que je ressentais vraiment, j’arrivais à ne pas m’exposer de façon aussi idiote mais le fait de parler de ça, de savoir que dans cette ville, je n’étais finalement pas le seul à être un objet de collection… ça m’avait… je ne sais pas… Touché ? Mon pauvre Elliot. Tu disjonctais ferme.

Je ne répondis pas mais oui… moi aussi… mais… elle n’avait pas tord, pour le moment, on se fendait pas vraiment la poire. Cette fois c’était sûr, j’avais des cases qui avaient sauté. Ça n’était pas mon genre de me morfondre, ça n’était pas mon genre de m’apitoyer.
Je me rallumais une cigarette en la regardant. Ma petite gardienne de cimetière était ivre, autant que moi. Je donnais juste mieux le change.

Je la regardais se lever sans réagir et quand elle passa la porte, mon cerveau daigna enfin traiter l’info. Je remis ma veste, saluais le patron de mon refuge en laissant un pourboire sur la table pour le nombre de taxi que j’avais coûté et je la suivais, ma propre bouteille en main. L’air frais me fit l’effet d’une bombe. J’avais plus d’alcool dans le sang que je ne l’avais cru. Je plissais les yeux.
Où était-elle passée ? Déjà remise en route pour le cimetière ? Non, mon regard venait de se poser sur elle, assise sur le trottoir. Je l’aidais à se relever en râlant, je n’étais pas un homme fort.

« Tu vas te les gelé assise par terre. Tu sais quoi ? J’crois qu’on a pas encore assez bu. J’te raccompagne. »

Moi raccompagner quelqu’un, on aura tout vu mais vu les neurones qui avaient grillé, j’étais plus à ça prêt ce soir. À dire vrai, j’étais totalement largué. J’aimais bien cette fille, elle ne ressemblait pas vraiment à ce qu’on trouvait en ville d’habitude. Et puis surtout, elle était venue boire un verre avec moi alors qu’en général, on me fuyait.
Peut-être qu’il valait mieux que je rentre chez moi, là, tout de suite avant d’encore dire quelque chose que je regretterais, peut-être qu’il valait mieux que je me tire comme un foutu lâche, que je la blesse comme tous les autres histoires de ne pas avoir à stresser.

C’était pas mon genre de raccompagner les gens, pas mon genre du tout, je ne raccompagnais personne mais elle n’habitait pas tout à fait en ville. Est-ce que c’était ça ? Se sentir coupable ou obligé de faire quelque chose pour quelqu’un ? C’était franchement déroutant comme sentiment.
Oui, je tanguais autant qu’elle mais j’allais a raccompagné, moi, on m’avait déjà retrouvé ivre mort sur la chaussée, ça ne serait un scoop pour personne. Je pris une gorgée d’alcool et tirais sur ma cigarette.
Je mis mon bras autour de sa taille pour la soutenir.

« Promis, on va vraiment se changer les idées sur le chemin du retour. »

Et voilà que je faisais des promesses. La terre devait tourner dans le mauvais sens, c’était sûr maintenant. Et dans la foulée, mon cerveau avait grillé, mon bon sens et mon mauvais sens aussi. J’allais le regretter, je le regretterais amèrement, j’en étais sûr.
Pourquoi je savais que je disjonctais à ce point ? Parce que je me voyais déjà aller la chercher à la sortie du lycée pur emmerder tout le monde. Parce que je me voyais surtout le refaire ! Si là, je n’avais pas totalement disjoncté, je ne savais pas ce que c’était d’autre.

Ou alors, une solution qui me plaisait plus, j’étais vraiment un parfait connard et j’avais juste besoin d’un soutien pour supporter ce qui était arrivé à Katherine et que ça m’affectait vraiment beaucoup plus que je ne l’admettrais jamais.

Et puis c’est sorti tout seul…

« Et si on allait boire un café après les cours demain ? »

Je bus une gorgée supplémentaire histoire d’oublier ce que je venais de dire. J’allais vraiment le regretter.
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Jeu 23 Aoû - 14:57



Je regardais les étoiles et ça m'apaisait. Ça avait calmé alors mes pensées, mes idées, ma manière d'être. Sortir du bar était sans doute la meilleure idée que je n'ai jamais eue. Ouais, enfin, c'était la seul façon que mon être avait trouvé pour fuir et s'échapper. Je fuyais, constamment, toujours. Je trouvais la conversation si lourde, si dur, que je fuyais parce que je ne voulais pas parler. Je ne voulais pas lui raconter ma vie, parce que contrairement à lui j'étais capable de tout dire.

J'étais capable d'avouer le moindre de mes secrets, sans faire attention. C'était l'un de mes plus gros problèmes. Je ne m'en rendais compte que rarement, mais je savais qu'il s'en était rendu compte. Qu'il savait que j'étais trop honnête dans la vie, incapable de mentir. Je crois même le lui avoir dit. Je crois que cette nuit, je ne vais pas l'oublier de sitôt, même si mon esprit est légèrement ailleurs. Que mes sens me lâche et je continue à boire dans ma bouteille. Une main alors m'aida à me relever, mon sourire disparus un moment le temps de comprendre ce qui se passait. Le temps que mon cerveau se décide à envoyer un signal, à me faire parler. Je regarde alors Elliot, alors qu'une mèche de mes cheveux me gêne et se colle à mon visage.

Venez-t-il de dire qu'il me raccompagnait. Je restais muette face à ça. Je le fixais tout simplement. J'aurais dû me détacher à ce moment-là ; lui dire que je pouvais rentrer seule ou que la soirée était loin d'être fini. Que le froid ne me faisait pas peur, que j'avais toujours froid. Que mon sang était plus glacé qu'autre chose. Non, je ne fis rien. Je le regardais, tout simplement. J'étais donc à ce point fasciné par lui ? Par ce qu'il était ? Par l'effet qu'il avait sur moi ? Je tentais de tenir plus fermement la bouteille que j'avais en main. Il but, tira sur sa cigarette et alors, je senti son bras autour de ma taille. Comme un soutient. Sa voix brisa de nouveau le silence. J'étais déjà ailleurs pour ma part. Un sourire s'affiche enfin sur mon visage.

« - Fait attention aux promesses que tu fais. »

Promis, on rentrera tôt.

Je me revoyais dans la voiture, sourire à mon petit-frère qui m'avait fait une crise par qu'il ne voulait pas rester seule à la maison. Ce soir-là, mes parents étaient de gardes à l'hôpital et mes deux meilleures amies faisaient une petite fête, avant leurs départs pour l'étranger. Je voulais les revoir une dernière fois avant longtemps et j'avais décidé d'attendre que Tommy s'endorme devant la télévision pour y aller. Sauf qu'il m'avait entendu et qu'il s'était précipité vers moi pour ne pas me laisser partir. Je regarde s'il attache bien sa ceinture et dans la voiture, on chante tous les deux. On adore faire ça, surtout modifié les paroles des chansons et faire des choses idiotes.

On n’est jamais rentré.

Alors qu’on avait repris la marche, je décide de terminer ma bouteille. La voix d’Elliot m’empêche d’aller plus loin dans l’image que j’avais de Tommy. Merci. Je m’écarte de lui, marchant à reculons devant. Je le fixe un moment, un sourire moqueur sur le visage. De la main qui tient la bouteille je le pointe du doigt.

« - Un café ? Après les cours ? » Je me mets à sourire, m’arrêtant pour être face à lui et le regardait dans les yeux. « - Qu’est-ce donc, Richter. De la pitié, parce que cette fille du cimetière est trop solitaire à ton gout où serait-ce autre chose ? »

Quelle conne. Je lui souris et toute heureuse je balance ma bouteille derrière moi, comme dans les films parfois. Des gens assis sur un banc balance leurs bouteilles de bières derrière eux. Sauf que la bouteille se brisa en plein milieu de la route, ce qui m’arracha un fou rire. Ouais.

J’étais ivre.
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Jeu 23 Aoû - 15:54

J’étais prêt à accepter que j’avais envie de la raccompagner chez elle mais pas prêt d’être capable de comprendre pourquoi j’avais envie de la raccompagner. C’était dur à admettre alors il ne fallait pas trop m’en demander. Mais je ne comptais pas la laisser rentrer seule, pas avec cette bête. Soudain, ça me frappa tout simplement. Je devais la raccompagner. J’en ressentais le besoin, il fallait que je le fasse, c’était tout ce que je savais. Mon corps, ma tête me poussait à la raccompagner.
Cette nécessité qui me gouvernait me filait la chair de poule. Depuis quand me sentais-je obligé de faire quoi que ce soit ? Pourtant, là, je ne pouvais pas m’en empêcher, c’était un peu comme si j’étais responsable, comme si c’était ce que je devais faire, ce que j’avais toujours fait.
Décidément, l’alcool ne me réussissait pas ce soir. D’accord, je ne tournais pas rond à cause de Kat’ mais je crois que l’alcool n’avait pas arrangé mon cas.

Je regarde Aimée au même moment où elle me regarde, une mèche de cheveux me barre la vue de son visage dans son intégralité, je la repousse. Je finis par me détacher de ses yeux. Je ais le payer cher… Je ne sais pas encore comment, mais cette soirée va me revenir comme un boomerang en plein figure. Je le sens. Je reprends contenance.

« - Fait attention aux promesses que tu fais. »

Comme si une promesse voulait dire quelque chose pour moi ? J’en faisais à tour de bras et je ne les tenais jamais. Avec elle pourtant, j’essaierais de la tenir. Je nous entraînais sur le chemin qui la ramènerait chez elle. J’avais toute une armée de cyclistes dans la tête pour vouloir la ramener absolument…
Mais alors qu’on marchait tranquillement, buvant en silence je lui proposais le café. Brillante idée Richter… Très brillante et la réaction ne tarda pas. Je me refermais comme une huître, mon visage se durcit. Elle avait raison, il faut faire attention aux promesses que l’on fait.
Comment des paroles aussi stupides, aussi bénignes pouvait faire tant de mal ? Je me souvins pourquoi je me fermais. J’étais susceptible, j’avais un cœur d’artichaut et j’en souffrais. Je la regardais envoyer sa bouteille se fracasser derrière elle. Je vidais la mienne et lui tournant le dos avec vigueur, je balançais ma bouteille vide avec rage le plus loin possible. Je m’empêchais juste de crier en faisant ce geste. La bouteille alla se fracasser contre une façade. Ironie du sort, la bouteille se fracassa contre la façade du journal. Sous le coup de la colère, ma respiration s’était accélérée, avant de me retourner pour la regarder de nouveau, je fermais les yeux et tirais sur ma cigarette. Finalement, je me retournais.
J’avais décidé de la raccompagné, je le ferais, j’avais décidé de boire un café, je le ferais mais elle oubliait qui j’étais. Je me rapprochais d’elle, je plongeais mon regard dans le sien.

« La pitié ? Tu veux voir ce que c’est la pitié ? Le jour où j’aurais pitié de quelqu’un dans cette ville, c’est que la terre aura cessé de tourner. C’est vu ? Mais surtout… Ne pose pas les questions dont tu ne veux pas connaître les réponses tout comme il ne faut pas creuser quand on sait qu’on aime pas ce qu’on trouvera. Retiens ça Aimée… Ne creuse jamais sous ma surface, ce que tu y trouveras ne te plaira pas, jamais… contente-toi de ce que j’ai à offrir car je n’offre jamais grand-chose. »

Je lui offrais une sorte d’amitié tordue, je lui dévoilais déjà suffisamment de moi. Comme si savoir que j’avais un cœur, comme si savoir que je tenais à quelqu’un, comme si savoir que j’étais mal dans mes chaussettes, comme si savoir que je haïssais me monde entier ne suffisait pas… Pourquoi ne pouvait-elle pas s’empêcher de creuser là où ça faisait mal, pourquoi ne pouvait-elle pas se contenter de ce que j’avais à offrir ? Je ne voulais pas qu’elle creuse… et si en creusant, elle touchait ce dont j’étais fait ? Qu’arriverait-il ?

Je reculais et je repassais mon bras autour de sa taille pour l’aider à marché droit autant que j’en étais moi-même capable à travers cette brume d’alcool. J’étais déjà calmé, j’avais au moins ce mérite.

J’insistais.

« Toi et moi, un café, demain après les cours. Oui ou non ? »
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Ven 24 Aoû - 17:45



Je Crois que j'avais poussé le bouchon un peu trop loin. Aucun de nous de ce rendez vraiment compte de ce qui se passait réellement ici. Moi plus idiote que jamais. Je ne pensais pas que l'alcool avait si vite un effet sur moi. J'avais rarement souvenirs d'une telle chose. Il faudrait que j'essaye de me souvenir qu'à l'avenir je ne devais pas abuser de cette boisson. C'était dangereux. J'avais en moins l'affreuse envie de m'asseoir et de ne plus bouger du tout. De reste là et de ne rien faire, parce que mon corps se sentait trop faible fasse aux douleurs qui m'envahissaient. Mais tout ça, disparaissaient bêtement quand Elliot me parlait, me toucher. Me regarder. C'était tellement con, la sensation que ça me faisait.

En réalité, j'étais comme apaisée. C'était le mot. Il calmait en moi toute envie d'hurler, de pleurer, de frapper les murs bêtement au tour de moi. Mais il suffit qu'on me parle de promesse pour que je me rend compte que comme tous les autres, lui aussi était sans doute incapable de les tenir. Incapable comme moi. J'avoue que j'en ai fait des promesses stupides dans ma vie, avec le temps le mot en lui-même avait perdu sa valeur, face à ce qui m'était arrivé, le mot avait complètement disparu de mon vocabulaire et l'entendre m'énerver.

Alors que j'avais envoyé comme une conne ma bouteille derrière moi, Elliot en fit tout autant. J'avais beau gardé mon sourire, ma joie peigné par l'ivresse, je savais... non j'avais vu son visage se durcirent d'un coup. Il me tourna le dos un instant, pour moi j'avais l'impression que c'était une éternité. Je le voyais de dos et je n'avais qu'une envie c'est qu'il me fasse face. Qu'il me regarde. Que peu importe ce qu'il pense, qu'il continue de me regarder et de me parler, comme il le fait. Je voyais la fumée de sa cigarette que je suivais bêtement des yeux alors qu'il se retourna.

Sauf que je n'avais pas prévu que son regard me ferait si peur.

« - Ne creuse jamais sous ma surface, ce que tu y trouveras ne te plaira pas, jamais... »

C'était tout ce que j'avais retenu et mon sourire s'était éclipsé. J'avais baissé les yeux, il avait brisé mon humour à deux balles et mes idées idiotes. Je ne sais pas si j'aurais préféré un « tait-toi et marche » ou autre chose dans le genre que ça. Je ne savais pas non plus tout ce que ça signifie. Je devais m'estime heureuse qu'il n'avait pas pitié de moi, non ? Parce qu'après tout c'était un non que je voulais, alors c'était plus ou moins similaire ? Je ne dis rien. Parce que je suis incapable de répondre à ça. Je crois que j'étais choqué ou troublé de ses paroles. Parce que j'étais comme lui. Je ne voulais pas qu'il aille plus loin que la fille du cimetière qui ne sait pas tenir sa langue. Pourtant, c'était plus fort que moi, peu importe avec qui, j'étais toujours moi-même.

Il y avait juste une partie de moi qui était morte et c'était ça que je ne voulais pas qui découvre.

Au fond, je sais que j'ai quand même pu apercevoir un bout de ce qu'il était. Un tout petit bout qu'il avait caché aux autres, mais pas à la folle qui avait osé lui parler de sa cousine et du fait qu'il reviendra au cimetière pour elle. J'avais vu qu'il tenait à elle plus que d'apparence. Qu'il s'inquiéter sans doute pour elle. Mais je ne sais pas ce qui me fait le plus peur... le fait qu'il ai un coeur, mais qu'il ne s'en sert pas, ou le fait qu'il soit totalement perdu entre deux facettes de lui ? Après tout, c'était un menteur, un connard... peut-être avait-il fini par devenir une partie de cette personne et peut-être n'arrivera t'il jamais plus à dévoiler qui il est vraiment ?

Je ne me rends pas compte à quel point je pense trop et pour rien. J'étais la première à dire que demain, ce soir ne serra rien. Un souvenir. Une nuit pour s'amuser sans conséquence, mais au final... Au final j'avais osé m'attacher à lui.

Quelle honte.

Je senti de nouveau son bras contre moi. On avait repris la marche. Cette fois, j'en avais fait tout autant. Comme si je m'accrochais à lui.

« - Oui. »

J'avais articulé ça doucement. J'étais fatigué, je le ressentais maintenant. Mais je n'allais pas rester sur cette simple parole. Non. Je ne voulais pas qu'il sache que je venais, parce que je continuais à l'apprécier, malgré tout.

« - Je fini à 17h. Après mon entrainement. »

Je ne vais pas lui donnait les détails non plus. Mais bêtement je me mets à rire. Ouais, parce que Richard m'avait forcé à m'inscrire à un sport, un truc pour pas me vernir les doigts tous les soirs. Même si le boulot me prenait du temps, l'entrainement n'était pas mieux. Ce qui me fait rire, c'est l'uniforme. J'aurais l'uniforme de pompom... parce que je l'étais avant et que mon égo m'avait poussé à faire partie de la team du lycée de Taleville... Bon, je n'étais pas capitaine, mais ça... c'était une question de temps.

« - Tu vas adorer. J'aurais mon uniforme de cheerleader. »

J'avoue, je dis ça un peu de manière à remonter l'humour et l'ambiance. Alcool joyeux, vous vous souvenez ?
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Ven 24 Aoû - 22:16

Très sincèrement, je n’avais pas voulu prendre la chose aussi mal. Je n’avais pas voulu être aussi brusque avec elle mais je m’étais emporté. Je ne comprenais pas pourquoi il était tellement nécessaire de remettre en question les actions de quelqu’un quand il se montrait légèrement différent de ce qu’il affichait.
Je laisse aller bien trop loin avec elle. Je baissais la garde. C’était curieux… Devant Katherine, je mettais une telle distance que je n’avais aucun chance de flancher. Je me méfiais d’elle tout en l’aimant réellement. Devant Aimée, j’étais un mec maladroit, trop franc, en équilibre total. Avec Aimée, j’étais en équilibre précaire avec les deux parts de moi-même parce que je ne savais pas ce qu’elle pensait de moi. Kat’ en revanche, je le savais ce qu’elle pensait de moi. Pas de surprise. Elle ne m’avait jamais pardonné mon attitude, avec elle, je savais à quoi m’en tenir.
En résumé, avec Aimée, j’étais perdu. Je ne savais vraiment pas comment agir et je détestais ça. On pouvait me qualifier de tout un tas d’adjectifs plus ou moins négatifs mais en général, je n’étais pas quelqu’un d’indécis. Cette fille me rendait marteau à sa façon.

Pour un type qui s’était juré de ne plus tomber dans le panneau de l’amitié ou de l’appréciation, il fallait bien admettre que cette fois j’avais totalement raté mon coup. Pire que ça, malgré toutes mes tentatives pour remettre la balance en équilibre, je penchais toujours cruellement du mauvais côté, celui du sentimentalisme. Et elle, elle qui aurait dû fuir, s’accrochait malgré tout à mes perches ridicules. Je me faisais l’effet d’un mec qui essayait de sauver quelqu’un avec une corde qu’il savait volontairement fragile. Quoi que non… ça n’était pas le bon exemple. J’essayais plutôt de noyer quelqu’un tout en lui laissant la possibilité de respirer. Oui, voilà… l’image me plaisait mieux.

À près un moment, Aimée repris la parole. Je la regardais du coin de l’œil tanguant ainsi légèrement vers la droite avant de retrouver la ligne droite.

« - Oui. »

Oui quoi ? Ah oui… Le café après les cours. De toute évidence, j’avais plombé l’ambiance. Il fallait en effet que j’arrête de faire des promesses que je ne tiendrais pas. Minute… Je ne faisais jamais de promesses de toute manière.
L’ai frais ne me réussissait pas. On le disait toujours, ça vous plombait n’importe qui s’il avait bu plus que de raison et j’avais trop bu, bien trop bu. Mon cœur battait à mes tempes, la gueule de bois serait violente demain.

Je pensais que le silence allait retomber mais au final, Aimée se remit à parler à nouveau. Le coup de l’entraînement me chiffonna les neurones qu’il me restait de sec. Autrement dit, pas des masses.
J’allais poser ma question quand elle enchaîna… Les mots cheerleader s’inscrivirent en lettre de feu dans mon cerveau et sur ma rétine. Inconsciemment, je fronçais le nez. Je m’étais fait quoi ? La moitié de l’équipe des cheerleader majeures ? Et si elle croyait que c’était mon but ? Non… À tout bien réfléchir, elle savait que je n’avais même pas conscience qu’elle était cheerleader.

« Sérieusement ? Toi cheerleader ? Je paierais cher pour voir ça. Quoi que tes copines ne risqueraient pas d’apprécier ma présence et leur petit copain encore moins. »

On commençait à se rapprocher de chez elle. Bientôt, je ferais le chemin inverse pour rentrer chez moi. J’allais sûrement me faire pas mal enguirlander par mes vieux. J’avais dépassé l’heure prévue, j’étais ivre mort, je tenais debout grâce à ma seule volonté de ramener Aimée chez elle et en plus, j’avais traîné dehors en montrant que j’étais ivre. Crime de lèse-majesté s’il en est.
Pour tout avouer, je me serais bien écrouler sur le canapé d’Aimée si j’étais sûr que personne ne m’y retrouverait le lendemain matin. J’aurais bien aimé cuvé en silence pour une fois et pas avec un père totalement chiant derrière la porte qui martelait du poing à l’en faire sortir de ses gonds.

Je baillais, la larme à l’œil. Le grand air, c’était vraiment mauvais quand on était totalement bourré. J’en avais oublié ma cigarette, consumée jusqu’au filtre. Je la lâchais pour m’en rallumer une. Je fumais comme un trou.
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Sam 25 Aoû - 12:01



Je n'avais pas la moindre idée de ce qui se passait dans sa tête. De ce qu'il pouvait penser de moi, d'ailleurs que pensait-il de moi ? J'avais pu lui dire ce que moi je pensais de lui ou plutôt que je l'aimais bien et puis c'est tout, lui n'avait rien dit sur moi. Sur ce qu'il pensait de moi. Et je crois que je ne voulais pas savoir. Pas maintenant, du moins. Je ne voulais pas l'entendre mentir, dire des choses que je ne voulais pas entendre. De toute façon, ma tête commencais à tourner et je commençais à perdre le fil de mes pensées. Pire encore, j'avais parfois de drôle d'image dans ma tête. Le fait qu'on ne marchait pas très droit me forçait aussi à tenter de respirer et de faire en sorte que ma tête ne prenne pas un coup.

Je n'avais encore jamais vomis après une bouteille. J'étais du genre à savoir mes limites. A savoir quand arrêter de boire pour ne pas faire une overdose de boissons. J'avais du mal à tenir debout par contre. La fatigue venait vite prendre le dessus sur mon être. J'aurais pu m'étaler par terre et dormir comme un bébé.

J'aurais pu, mais je ne le ferais pas. J'étais pas si suicidaire et je n'avais pas envie qu'Elliot retienne cette image de moi. Surtout que maintenant, je savais qu'on allait se revoir demain. Pour un café. Après les cours. Y'a que moi qui trouve que ça fait très rendez-vous ? Parce que oui, c'était ce que je voulais l'entendre dire plus tôt. Je voulais qu'il me dise qu'il me proposait un rendez-vous. Il n'y a pas plus idiote que moi en la matière. Je lui raconte alors - parce qui dit bourré, dit raconter n'importe quoi. Ouais, ça vous est jamais arrivé ? Visiblement, ça le perturba un peu que je sois cheerleader. Ouais. Le fait qu'il paierait cher pour voir ça me fit rire. Demain, je lui rappellerais de sortir l'argent. Enfin, si je me rappelle de ça. Il rajoute que mes copines risques de ne pas vraiment apprécié et que les petits amis non plus.

« - Et alors ? »

Ouais. Je crois qu'il sait que je me fiche pas mal des avis des autres. Surtout d'eux. Les filles de l'équipe étaient toutes plus bêtes les unes que les autres. Et en ce qui concerne Elliot, je savais que la plupart parlait de lui comme la réputation qu'il avait et d'autre comme une belle proie. Les avis étaient partagés, mais je n'étais pas là depuis des lustres. Du coup je ne savais pas tous les petits secrets. Je ne savais pas tout ce qu'Elliot avait pu faire ou avait fait avec elles et sérieusement... qu'est-ce que je m'en foutais.

« - Ce ne sont pas vraiment mes amies tu sais. Tu prouves que t'es plus douée et voilà qu'elles te tombent dessus en prétendant vouloir être tes meilleures copines. » Je remarque qu'on est bientôt arriver près du cimetière. J'étais peut-être ivre, je savais tout de même me repérer. Ouais, je fouillait dans la poche de ma robe mes clefs que je sortie. Il fallait rentrer dans le cimetière, tourné et marcher jusqu'à la petite maison en bois. Richard dormais à l'étage de la boutique de pierre tombale et autres truc... qui se trouve devant l'entrée du cimetière. « - Elles attendent que tu racontes tes petits secrets et bim ! Dans ta face la nouvelle... »

On s'arrête devant les grilles du cimetière où je me détache d'Elliot qui fumait, toujours. Et vous savez à quoi je pense ? A l'haleine horrible que lui doit avoir. Moi, je puais le whisky, lui il y avait la cigarette en plus. Pourquoi je pensais à ça déjà ? J'essaye de me concentrer pour ouvrir la grille et bizarrement j'y arrive.

« - Tu veux rester chez moi ce soir ? »

Ouais. J'ose. Y'a rien chez moi. C'est une petite cabane au fond. C'est petit, mais j'dois avouer que je n'aime pas le savoir ivre et rentré chez lui. Je ne sais pas, j'aime quand il est là. C'est la chose la plus stupide du monde. J'entre dans le cimetière et je laisse la porte ouverte. Pour voir si jamais il rentre. Si jamais il est trop flemmard pour aller plus loin. Et comme une gamine impatiente je lâche.

« - Allez... j'vais pas rester debout longtemps. »

Ouais, j'avais mal aux jambes. J'avais envie de sauter dans mon lit sans bouger. Sachant que je me réveillait dans quelques heures. Oh putain... je me réveille dans quelques heures. Pour le coup, j'ai envie de foncer me coucher. Ouais. Je le fixe en attendant, pour avoir une réponse.

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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Sam 25 Aoû - 14:13

J’écoutais Aimée me dire qu’elle se fichait pas mal de leur mécontentement, je n’en étais pas si sûr. J’avais mis un beau boxon dans l’équipe des cheerleader il y a quelques mois de ça. J’avoue que j’y avais pris un plaisir certain. Je ne peux pas le nier, ça m’avait beaucoup amusé de voir ces bécasses se battre entre elle en apprenant que j’avais joué avec leurs pieds.
Depuis, elles s’étaient toute retrouvé un petit copain pur les consoler mais mon petit jeu n’était pas encore digéré ce qui ne m’amusait que davantage. Pauvres garçons… Ils entendraient parler de moi encore un sacré bout de temps, je n’y avais pas été de main morte en jouant avec leur pied.
Enfin… Aimée apprendrait ça rapidement. C'est-à-dire, le lendemain de notre café, ne nous leurrons pas, les commérages filaient vitesse grand V à Taleville.

« Tu l’apprendras bien assez vite. Ne t’en fais pas, elles se feront une joie de tout te raconter, je n’en doute pas un seul instant. À dire vrai, je ne suis pas peu fier de ce qu’elles te raconteront, tu verras bien si tu m’apprécies toujours après ça. »

Il fallait admettre qu’il y avait un gros risque qu’Aimée m’apprécie nettement moins en ayant toutes les cartes en moins mais je ne reniais pas ce que j’étais. Ça n’était pas parce que j’avais un coup de blues et un coup de cœur… et merde… que j’allais changer et me confier à cœur ouvert. Je serais le même en moins casse pied si seulement c’était chose faisable.

« Les cheerleader, c’est un nid de serpents… J’ai été le prédateur du serpent et c’est bien connu, les prédateurs détestent se retrouver au rang de proie. C’était assez jouissif. Donc, cher petit oiseau, prend garde au nid de serpents dans lequel tu as les pieds. »

Oui, je la mettais en garde. Je connaissais bien ces vipères, certaines bibliquement. Si je devais ressortir avec l’un d’elles, le pire, c’est qu’elle dirait oui. L’argent est un effaceur remarquable dans ce genre de milieu. Mon nom, un baume apaisant sur toutes les saloperies que je pouvais trouvé à faire. C’était aussi pour ça que je les haïssais peut-être plus que la plupart des gens.

Je la relâchais pour qu’elle ouvre les grilles et je la regardais, surpris. Elle m’invitait vraiment ? Je n’en revenais pas. Je mis d’ailleurs un certain temps à me rendre compte que je n’avais rien répondu. Il était pourtant temps que je réagisse. Mais au final, c’est elle qui repris la parole à nouveau.
J’y voyais là une occasion en or, celle de dormir en paix et de cuver tranquillement, de n’avoir personne sur le dos. Demain, j’allais avoir des problèmes. De gros problèmes mais j’aviserais.

« Oui, pourquoi pas. Ton canapé est confortable ? »

J’aurais pu vouloir profiter de l’occasion, j’aurais pu avoir envie de faire des choses pas très catholiques au lit avec elle mais… même si c’était tentant, je squatterais le canapé. J’étais totalement ivre et avec l’air frais, je ne mettrais pas longtemps à cuver. Non seulement, je n’étais pas dans un état optimale pour faire ce genre de choses mais en plus, je n’en avais curieusement pas envie.

Je passais la porte du cimetière en tirant une dernière fois sur ma cigarette et je l’aidais même à fermer.

« Une vraie nuit de sommeil sans les vieux pour me réveiller. C’est le paradis que tu me proposes là, je sais pas si tu t’en rends bien compte. »

Je ne découchais pas souvent, sauf dans certains cas assez facile à deviner. Inutile de dire qu’aucune fille n’avait jamais passé la porte de ma chambre, mon antre perso, mon territoire. Quand bien même, mes parents ne laisseraient personne entrer s’ils ne pensaient pas que cette personne en vaille vraiment la peine. Bref, pour qu’ils laissent entrer quelqu’un, cette personne devaient être de leur niveau de vie sinon, c’était hors de question.

Allais-je regretter demain toute cette histoire ou allais-je voir tout ça autrement une fois que j’aurais cuvé ?
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Lun 27 Aoû - 14:15



Je n'avais pas vraiment la moindre idée de ce qu'il avait fait avec toute l'équipe. A vrai dire, je crois juste que je suis arrivée quand tout ça était terminé et qu'il n'en restait que des échos. Mais je m'en fiche, je les aime pas ses filles là. Je les déteste presque. Voire carrément. Je sais qu'une des filles s'étaient trouvés un mec qui ressemblait à Elliot en quelques sortes et que ça m'avait fait rire sur le coup, parce que je ne savais pas vraiment qui était Elliot, avant de le voir de loin. Peut-être qu'après notre café, elles allaient me sauter dessus et me raconter tout un tas de choses.

Peut-être.

Mais comme je lui ai déjà dit, je me fiche pas mal de ce que les gens peuvent dire. Je suis la reine du je m'en foutisme. Je suis loin d'être susceptible. Au fond, c'était peut-être lui. Lui qui avait peur de tout ça ? Enfin... j'suis con, j'parle du fils Richter quand même !

« - On verra. »

Oui, c'est tout ce que j'ai à lui répondre. L'avis des filles ne m'enchantent guère, ce qui m'intrigue moi c'est plutôt c'est plutôt comment ça va se passer demain. Comment ça va se dérouler autour de ce café. Est-ce qu'on pourra discuter tranquillement, ouvertement ? Ou est-ce un moyen pour lui de prouver qu'il est cet être abject dont tout le monde parle ? Je ne sais pas, je préfère ne pas y penser. Parce que ça me fait peur. Peur d'apprécier quelqu'un qu'on ne devrait pas, ce n'était pas ma faute... enfin si un peu. J'étais l'idiote qui fermait les yeux sur ce qu'il montrait aux autres. Je ne sais pas ce que je cherche vraiment avec lui, ce que je veux vraiment. J'aimerais qu'il soit lui, qu'avec moi et uniquement avec moi.

Pour avoir une raison d'être moi, uniquement avec lui.

« - Petit oiseau ? Et qui te dis que je ne suis pas un serpent ? » Et je ris.

J'ai pas du tout compris ce qu'il vient de me raconter. Je voyais étrangement ça comme un moyen de me prévenir qu'il ne voulait pas que je devienne un cas désespérée comme ses filles là. Peut-être. C'était loin d'être le genre de choses qui pouvaient arriver. Surtout avec moi. Je crois qu'il sait mieux que quiconque à quel point je ne suis pas comme ça. Menteuse, manipulatrice... toutes ses choses que les filles populaires s'amusent à montrer pour clamer leurs puissances. Ce que j'avais du mal à comprendre, c'était pourquoi. Pourquoi me mettait-il en garde ? De l'inquiétude ? C'était horrible de trainer avec ce type. Il y avait des instants où on pouvait le hair, comme l'appréciait idiotement. Je suis une idiote, mais moins que ses filles là.

L'argent, le nom. C'était tout ce qu'elles voulaient, c'est tout. Moi j'avais besoin de plus, j'avais besoin de quelqu'un qui me prenne dans ses bras et qui m'ouvre son être comme je pourrais ouvrir le mien. J'étais une romantique. Une éternelle romantique qui un jour à fait une overdose des livres de Janes Austin. Heureusement que la mort de Tommy me rappelle à quel point c'est impossible. Que je ne mérite pas de prince charmant. C'est peut-être pour ça que je l'apprécie Elliot. Parce que ce n'est pas un prince charmant.

« - Mouais. »

Je ne savais pas si j'avais un canapé. J'étais soule. Il fallait attendre un moment avant que l'information viennent à mon esprit pour au final me rappeler qu'il y a un canapé assez vieux dans le ce qui fait office de salon/ salle à manger. Qu'il est confortable et que je m'y suis déjà endormi 3 fois par erreur. Il m'aida à fermer alors, avant de partir direction chez moi, ou la cabane au fond du jardin... pardon au fond du cimetière.

« - C'est vrai ? Le paradis ? » Je souris bêtement. J'avais envie de boire un coup, mais en regardant ma main je me rends compte que j'ai jeté la bouteille plus tôt. « - Je préfère te savoir sur mon canapé plutôt que t'imaginais quelques parts dans un coin de rue. »

J'avais dit ça étrangement calmement. Je fixais même le sol alors qu'on avançait. Ce n'était vraiment pas si loin que ça. D'ailleurs je mets à courir pour arriver devant la porte avant lui. Je ne sais pas d'où je viens cette force d'ailleurs. C'est inhumain. Peut-être le fait de savoir que mon lit est assez proche. Ma chambre et la salle de bain était les seules pièces fermé de la cabane dans laquelle je vivais. Il y a pas vraiment de décoration ou de truc dans le genre, parce que je ne suis pas doué pour ça. Il y a une cuisine, ouverte sur le salon avec une espèce de bar à l'américaine... ouais le seul truc kiffant de tout ça. Une grande table, quatre chaises un canapé, une table base, une télévision assez vielle d'ailleurs et un bureau plus loin avec tout un tas de dessin et d'autre truc qui m'occupe quand je m'ennuie. Le reste, c'est dans ma chambre, à droite de la porte d'entrée.

J'ouvre et je fais comme si Elliot n'était plus là. Ouais, j'suis con parce qu'il est là. Je balance les clefs sur une commode près de l'entrée et je vais lui chercher un drap et un coussin que je trouve très vite dans le placard en dessous de la télévision. Je pose tout ça sur le canapé en retirant deux magazines qui trainaient là que je pose sur la table. Près d'une assiette où quelques miettes étaient restées et un verre de jus d'orange entamé tôt ce matin-là. Oui, ce n'est pas très rangé chez moi et alors ?

« - Surtout fait comme chez toi et dors bien ! »
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Lun 27 Aoû - 16:30

Elle n’avait pas idée ce que c’était de dormir et de cuver quand tu étais un Richter… Les réveils étaient désagréables et les journées qui suivaient l‘étaient tout autant. Il n’était d’ailleurs pas dit que je n’en chierais pas demain, mes vieux n’aillaient sans doute pas me laisser m’en tirer comme ça. Mais si au moins je pouvais passer une nuit tranquille, je dois dire que je ne crachais pas dessus.
Certes, j’aurais préféré un plumard, j’étais un mec douillet pour ça mais si le canapé était confortable, ça m’irait très bien. De toute façon, j’étais à peu près sûr qu’Aimée me réveillerait en se levant.

Je la suivais donc jusqu’à sa maison… enfin non, cabane, c’était plus approprié. J’acquiesçais… Ouais, le paradis. Je souris légèrement à la suite. Légèrement. Est-ce qu’elle s’inquiétait vraiment que je puisse cuver dans un coin comme ça ? Aussi sympathique que vexant cela dit.

« Le truc, quand t’es un Richter, c’est que tu peux pas cuver tranquille… Enfin, quand t’es moi, tu peux pas cuver tranquille. Donc oui, pouvoir cuver en paix, c’est le paradis. Quant aux coins de rue… Je ne suis peut-être pas encore suffisamment mort pour y dormir. »

Peut-être, j’avais moi-même dit que ça n’était peut-être pas tout à fait possible. Donc, dans ma tête, j’étais capable de le faire. Ok, j’étais bourré. Irrémédiablement bourré. Je la soutenais le long de l’allée et puis je ne sais pas, elle retrouva le bon fonctionnement de ses pieds et une coordination acceptable. L’appel du lit sans doute, ça me faisait ça aussi parfois.
Une fois à l’intérieur, je me mis à détailler l’endroit. Petit, pauvre en déco… Bordel de merde, j’aimais vivre chez moi. Les vieux mis à part bien sûr. C’était grand, c’était vide, la solitude m’y hantait quand j’y étais seul mais j’étais bien malgré tout. J’étais celui que j’étais, j’adorais l’argent, je l’adorais vraiment même si je ne voulais pas vivre de la façon qu’on me dictait. Quelque part, ne vivais-je pas dans une grande cage ? Si, bien sûr que si mais je n’étais pas prêt de l’admettre, je n’étais pas prêt à comprendre ce qu’impliquait tout ce que je ressentais sur bien des choses. J’étais peut-être heureux dans ma haine finalement.

Je regardais Aimée courir un peu partout et revenir avec drap et oreiller. Je posais ma veste sur le dessus du canapé, je virais mes pompes et…

« - Surtout fait comme chez toi et dors bien ! »

« Dors bien toi aussi… Aimée… »

Il ne fallait pas me le dire deux fois… J’allais aux toilettes. Sans déconner, j’avais bu comme un trou, logique. Cause à effet. Une fois cette bonne chose de faite, j’allais m’étaler comme un bien heureux dans le canapé. Je tapais l’oreiller, je me mis en caleçon et je m’enroulais dans les draps après avoir éteint mon portable. Personne ne me réveillerait en dehors d’Aimée, ça, c’était hors de question.

Rapidement, je sombrais et l’alcool aidant, je me mis à faire un rêve très particulier. J’étais dans une forêt mais j’étais plus petit et… j’étais un lapin blanc. Je portais un gilet et je courais comme un dératé. J’en avais l’habitude, c’était comme si j’avais passé ma vie à courir. J’étais pressé par le temps, je le sentais mais je ne savais pas pourquoi. Je passais à côté d’un chat étrange qui souriait, ce chat, me semblait-il, souriait toujours.
Je laissais tomber ma montre mais je la ramassais comme si j’étais incapable de m’en séparer. Et puis j’eus peur, rapidement. Une terreur atroce. Quelque chose allait arriver et je ne serais pas là à temps. Me pardonnerait-on ? Mais qui était ce on ? Pourquoi étais-je un lapin ? Pourquoi avais-je cette impression viscérale que ce que je voyais était d’une importante capitale. Pourquoi ce chat me préoccupait-il tant ?

Dans mon rêve, je me sentais un peu plus moi-même mais je n’aimais pas ça pour autant. Je dormais dans le salon d’Aimée… Je rêvais d’un autre monde, un pays merveilleux… Mais tout était embrouillé dans ma tête, même pendant que je rêvais.
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MessageSujet: Re: “ – La mort nous entoure, tu as peur ? ”   Aujourd'hui à 2:10

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