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 oh, kiss me beneath the milky twilight.

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MessageSujet: oh, kiss me beneath the milky twilight.   Mar 26 Juin - 23:19


lead me out on the moonlight floor, lift your open hand,
strike up the band and make the fireflies dances,
silver sparkling so kiss me.


    « Dessine un dauphin qui dit aux enfants de faire un don pour les créateurs parce qu'ils sont paraplégiques. » Yaël regarde le plafond, couché sur le sol du salon, alors qu'il semble réfléchir. Evidemment que non, il ne faut pas dessiner ce genre de dauphins, sinon il allait se faire taper sur les doigts, et Corbeau aussi. Les conneries qui lui passent par la tête n'ont pas vraiment lieu d'être, mais lorsque la ravissante demoiselle est dans les parages, l'écrivain n'arrive pas à se concentrer et à envie de tout faire sauf d'écrire une nouvelle histoire. Ils étaient censés trouver des idées pour un livre, et lui trouver une fin aussi. Tout ce qu'ils ont trouvés pour l'instant c'est une boîte de cookies qui traînait dans les placards et du lait dans le frigo. Des enfants, en quelque sorte, mais ils sont tellement attendrissant ensemble qu'on les pardonne. Le côté fragile de Corbeau est tout ce qu'il y a de plus ravissant et délicat dans ce monde, et Yaël se surprend souvent à la contempler longuement, ayant l'idée d'écrire sur une princesse aux longs cheveux dorés.
    Lorque le brun tourne lentement sa tête vers son illustratrice préférée, il la retrouve entrain de s'avancer dans le dessin d'un dauphin au regard sympathique... Yaël hausse un sourcil et finit par éclater de rire avant de se redresser tout de suite après. « N'importe quoi, dessine pas ça, on va se faire taper dessus sinon. » Et il attrape un cookie en la voyant gommer l'animal. Alors qu'il mord dans le gâteau, un soupir passe ses lèvres et il reporte son attention sur le plafond. Bon dieu, des idées, c'était trop demandé ? Apparemment. Avec un geignement plaintif, il essaye de compter toute les traces de peinture qui sont sur le plafond, mais c'est peine perdu, il y en a tellement. Il était tellement content de voir Corbeau aujourd'hui, qu'elle dessine pour lui, qu'il en oubliait de se concentrer. Tout ce qu'il ressentait, c'était la présence de la jeune femme à ses côtés, dessinant à même le sol. Il y avait de quoi être troublé.
    Yaël se redresse alors qu'il attrape un marqueur noir et le regarde quelques secondes. Ce sont les secondes de trop, celles qui le font flancher, celles qui font que le jeune homme se tourne tout sourire vers l'illustratrice et enlève le capuchon du marqueur. Une idée, folle, dessiner sur Corbeau, remplir la peau laiteuse de noir, la transformer en œuvre d'art, un tableau humain. Sans prévenir, Yaël attrape le bras de la jolie blonde avec toute la délicatesse du monde et commence à dessiner. Il tente de faire un chat, d'abord, et vu que ça donne rien, il transforme ça en animal étrange et il fronce ses sourcils. « Disons que c'est un loir. » En quel honneur, un loir ? Pourquoi cet animal ? Le jeune homme n'en sait rien mais il le fait quand même et finit par sourire légèrement moqueur. Sans même laisser le temps à Corbeau de se reprendre, il lui dessine une moustache juste au-dessus de ses lèvres et finit par sourire, fier de sa connerie.
    Pris d'une folie soudaine, le Creed se retourne vers Corbeau et vient s'asseoir juste face à elle, il glisse ses jambes aux côtés de la demoiselle, l'entourant silencieusement, et la laissant faire de même. Face à face, enlacé dans une étrange étreinte, il peut à présent encore plus dessiner sur la peau de la jeune fille. Comme si c'était un besoin évident, il relit quelques grains de beauté, fasciné par une telle constellation, et éclate de rire. « Voilà comme tu es belle maintenant, et je te garderais prisonnière pour que tu n'ailles pas les enlever. » Sauf que, ce qu'il n'a pas prévu, c'est qu'une tonne de marqueurs restent à la disposition de Corbeau qui peut très bien se venger.
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MessageSujet: Re: oh, kiss me beneath the milky twilight.   Mer 27 Juin - 12:47


DESSINE-MOI UN MOUTON !


Je crois que depuis que je travaille avec Yaël, nous n'avons pas eu une seule journée productive. Des fois on finit affalés sur le sofa à se remplir l'estomac devant la télé, d'autres fois on dort, d'autres fois on fait les deux. Le problème avec lui, c'est qu'on s'amuse toujours. Du coup, on bosse pas. On fait tout à l'arrache au denier moment, et je me cache derrière lui quand il faut tout rendre à l'éditeur parce qu'il nous crie dessus. Moi je vous le dit, travaillez avec quelqu'un de barbant : vous ne serez pas dans la merde. Il arrive à cet imbécile à bouclettes, bien trop souvent, de me donner des idées bizarres. Du genre : « Dessine un dauphin qui dit aux enfants de faire un don pour les créateurs parce qu'ils sont paraplégiques. » Mais je suis censée comprendre qu'il déconne. Mais je le comprends jamais. Et du coup je dessine. Et puis après je gomme. Et puis après la feuille est dégueulasse. Alors je la jette. Et à force y a plus de forêt. « T'es au courant que par ta faute bientôt y aura plus d'arbres ? C'est pas très cool, ça. » Je faisais la moue en le voyant prendre un biscuit et le lui piquais une fois qu'il y avait croqué un coup dedans, pour l'engloutir.
Je soupirais. Les idées ne se chevauchaient pas d'habitude, mais aujourd'hui c'était encore pire. Yaël se redressa, tout sourire. Ça annonçait toujours une connerie. Une idée, mais pas pour les livres qu'on devait écrire. Je le regardais attraper mon bras et entamer un dessin, le rater et le transformer. Je pouffais en le voyant s'appliquer, puis je prenais conscience qu'il dessinait, au marqueur, sur mon bras. Je ne prenais même pas la peine de me débattre – je n'arriverais pas à dégager mon bras de l'emprise d'un enfant de six ans, et en plus le dessin serait tout moche – mais protestais un peu : « Hé, mon bras ! La dernière fois, ça a mit plus de trois douches (oui, je compte en douches) à s'effacer, je te rappelle ! » Je faisais la moue un moment, puis m'arrêtais en voyant que ça ne le faisait pas réagir. Tant pis, je serais un tableau pour les jours à venir. « Disons que c'est un loir. » Quelle drôle d'idée. Ça t'aurait embêté de dessiner autre chose qu'un animal que personne ne connait ? Je me mettais quand même à sourire, en voyant le dessin. Ça n'était pas raté du tout, j'étais plutôt contente même. Il avait l'air gentil, son loir. Tout endormi, tout petit, tout mignon. Je devais avoir l'air d'une enfant, moi, avec des étoiles dans les yeux juste parce que j'ai un loir au marqueur sur le bras. Mais je trouvais ça joli. Et puis c'était comme une déclaration d'amour, parce que.. parce que je l'ai décidé, voilà. Je m'apprêtais à ouvrir la bouche, le féliciter, remercier, je sais pas, mais bouclette ne m'en a pas laissé le temps. Je me retrouvais sur le cul, avec une moustache au marqueur. Mes yeux s'agrandissaient sous l'effet de la surprise. On m'a souvent dit que j'avais de trop grands yeux, et que ça me faisait ressembler à une poupée. Soit, j'étais une poupée moustachue. Je le regardais, lui, souriant, fier de ses âneries. Quel idiot. Je lui tirais la langue mais le laissais m'étreindre, finissant par déposer un baiser sur sa joue et le serrer. « Voilà comme tu es belle maintenant, et je te garderais prisonnière pour que tu n'ailles pas les enlever. » Je n'avais juste pas prévu d'ensuite me casser le gueule par terre, sur lui. J'explosais de rire avant de me pousser de sur lui pour ne pas trop l'écraser. Entre cinq et sept trousses jonchaient le sol. Les siennes, les miennes. Les miennes étaient presque toutes roses; j'avais les mêmes depuis que j'étais petite. Avec des feutres qui sentent les fruits dedans. Miam. J'attrapais une de celles de bouclette et fouillais dedans. J'ai une théorie comme quoi ses trousses sont sans fond, vu leur taille et le bordel qu'il parvient à y mettre. C'est impressionnant. Je chopais des marqueurs de différentes couleurs – noir, rouge, bleu, vert – et ouvrais le noir. Je souriais au pseudo-écrivain (oui, pseudo, parce que t'écris rien du tout et que tu dessine sur les gens à la place !) et lui dessinais une moustache à la Dali. Satisfaite, je le fixais avec de grands yeux heureux et un sourire. Encore une fois, je riais de bon cœur et attrapais doucement sa main. Une bulle noire, comme dans les BD, s'y dessina. Puis un cœur rouge prit place au milieu et je lui faisais mettre mon œuvre d'Art à côté de son visage. « Mh, voilà ! Ca fait comme si tu m'envoyais un coeur. Ça te rendrait presque chou dis donc ! » Rire moqueur. Je jetais un dernier regard au loir sur mon avant-bras et réfléchissais à comment je pourrais finir de gribouiller mon ami. Je le dévisageais, l'étudiais sous tous les angles et prenais le marqueur noir. Je remontais la manche de son haut au plus haut possible, et entamais un bonhomme. Langue sortie, parce que j'étais en effort intensif. Tout petit, tout rond, tout mignon le bonhomme. Avec un étrange chapeau à drapeau. Il avait l'air spécial, mais attachant. Je balançais les marqueurs derrière moi et me ruais littéralement au cou de bouclette en me moquant un peu. « Il est louche, mais il te ressemble un peu.. » N'attendant même pas qu'il le regarde, je l'embrassais sur la joue pour m'excuser d'avance de le comparer à ce petit bonhomme. Quoi qu'il n'était pas si moche, mais.. « T'es quand même un peu plus beau que ça. » Je rigolais en l'imaginant au quotidien avec cette tête-là. Mon dieu. Pour le coup ce ne serait pas ses conneries qui me déconcentreraient !
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MessageSujet: Re: oh, kiss me beneath the milky twilight.   Mer 27 Juin - 15:46


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    « T'es au courant que par ta faute bientôt y aura plus d'arbres ? C'est pas très cool, ça. » Oh mais les arbres on s'en fiche, dis, tout ce qui compte c'est avoir de l'argent ! Voilà la manière dont pense Yaël, très constructive et très intelligente, oui, et qu'au lieu de l'exprimer, il lui tire la langue. Très mature. Mais en plus Corbeau lui pique son biscuit et le mange quoi ! Il n'y a pas de justice dans ce monde, surtout que c'était le dernier de la boîte. Alors oui, voilà, en plus Yaël n'est pas galant et mange le dernier cookie. Enfin, non, envisage de le manger, puisque son illustratrice vient de lui arracher des mains et l'engloutir. Enfin, elle fait moins la maligne maintenant qu'elle est dessinée sur le bras et le visage, maintenant qu'elle a du marqueur un peu partout. « Hé, mon bras ! La dernière fois, ça a mit plus de trois douches (oui, je compte en douches) à s'effacer, je te rappelle ! » Evidemment, ce n'était pas la première fois qu'il se dessinait dessus, et lorsque Corbeau lui parle en douche, il ne peut s'empêcher de rire un peu avant de hausser les épaules, lui adressant un clin d'oeil. « Fallait m'appeler, je t'aurais frotter le bras. » Sous-entendus ou pas, cette phrase reste plutôt étrange, ce qui fait rire Yaël qui accompagne le tout d'un clin d'oeil. Se contenter de travailler lorsque la jeune femme est dans les parages, c'est comme un affront, on ne peut se contenter de ça, ça serait malpoli. Voilà l'excuse qui tourne en rond dans la tête de l'anglais alors qu'il se redresse un peu, ses émeraudes dévorant sans doute un peu trop la demoiselle que nécessaire.
    Et boom, les voilà qui se ramassent en beauté, pour ne pas changer, Corbeau le dominant aisément à présent, et d'un coup Yaël a peur pour sa tronche. Il la voit fouiller dans les nombreuses trousses et ne peut s'empêcher de froncer ses sourcils. Non, pitié. Mais voilà que la ravissante blonde se venge et lui dessine une moustache, ce qui le fait sourire alors qu'il fronce un peu ses sourcil, mettant sa bouche en cul de poule pour donner un peu plus de relief à sa moustache. Magnifique, non ? Ca lui va bien ? Et elle prend sa main, y dessine une bulle puis un cœur, elle marque sa peau et Yaël se surprend à sourire, et il glisse sa main valide sur la taille de la demoiselle. « Mh, voilà ! Ca fait comme si tu m'envoyais un coeur. Ça te rendrait presque chou dis donc ! » Oh elle se moque de lui en plus ?! Yaël fronce ses sourcils et essaye de prendre un air menaçant, mais rien n'y fait, il est juste super drôle avec sa moustache et son cœur qui le rende adorable. « Je suis toujours chou, tu devrais le savoir, sinon j'aurais mangé le dernier cookie. »
    Mais Corbeau n'a pas dit son dernier mot, elle attrape un marqueur et remonte la manche de Yaël jusqu'au dessus du coude. « Eh, si j'avais voulu être à poil, j'aurais pas mis de chemise. » Sa belle chemise rouge qu'il retire pour rester en débardeur noir. Voilà qui est mieux. Et l'illustratrice est en grande concentration, la langue dehors, ce qui fait rire moqueusement Yaël alors qu'il en approche le doigt de sa main valide pour en toucher le bout. Le voilà qui éclate de rire, qui essuie son doigt sur son pantalon avant de marmonner : « Et en plus tu baves. » En plus elle lui dessine un bonhomme étrange sur le bras. Et sans crier garde, elle se jette dans ses bras, enlace son cou. Instinctivement, il resserre un peu sa prise sur sa taille pour la serrer contre lui. « Il est louche, mais il te ressemble un peu.. » Et il accueille le baiser avec un sourire avant de dégager l'un de ses bras pour regarder le dessin. Le ton est boudeur lorsqu'il répond. « Lui ? Le gros là ? T'insinues que je dois maigrir ? » Il la repousse alors qu'elle essaye de se rattraper en disant qu'il est moins beau, mais on ne la lui fait pas à lui !
    Yaël se penche alors et attrape une trousse rose d'une main, son autre bras toujours autour de sa taille, et fouille à l'intérieur. Il en attrape un feutre qui sent bon la cerise et l'ouvre avec les dents avant de dessiner un cœur sur sa joue. « De un. » Il rebouchonne le feutre avant d'en ouvrir un autre, un mauve au raisin, alors qu'il fait basculer Corbeau en arrière pour qu'elle se retrouve coucher sur le sol. L'écrivain remonte doucement le t-shirt de son illustratrice et vient dessiner un smiley sur le ventre, puis deux étoiles dans le creux de ses hanches, avant de rire et la regarder. « Comme ça tu as les mêmes que moi ! » Référence aux deux étoiles tatoués qu'il avait lui-même à cet endroit. Yaël se redresse juste après avant de s'allonger un peu sur le sol, son coude posé sur le sol, sa tête reposant sur sa main et ses émeraudes rivées sur Corbeau. Il se mord un peu la lèvre inférieure, alors qu'il regarde son amie et finit par hausser légèrement les sourcils. « Alors, tu dis mieux ? »
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MessageSujet: Re: oh, kiss me beneath the milky twilight.   Mer 27 Juin - 18:02


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« Fallait m'appeler, je t'aurais frotter le bras. » Je le fixais et hochais doucement la tête. Okay, je t'appellerais. Y a pas de raison qu'il n'y ait que moi qui m'emmerde pour les conneries de monsieur, hein. Alors voilà, la prochaine fois, il frottera (doucement, sinon ça fait mal) pendant que je regarderais la télé ou lirais un livre. Même si je sais pertinemment que jamais je ne le regarderais faire ça sans l'aider. Ça serait méchant.
En tombant sur lui, je sentais sa main sur ma taille mais n'y faisais pas plus attention que ça, ça n'était pas la première fois. Son air se voulait d'un coup menaçant, mais il avait juste l'air ridicule en tentant ça. Yaël n'a jamais eu l'air méchant, ni rien d'autre que joueur, provocateur, marrant, ridicule, doux ou joyeux. Mais le voir essayer était touchant. Surtout avec sa petite moustache.
« Je suis toujours chou, tu devrais le savoir, sinon j'aurais mangé le dernier cookie. » Je tirais la langue à mon interlocuteur et répliquais rapidement : « Si j'avais pas bougé, c'est ce que tu aurais fais ! Malpoli ! » Puis je lui adressais un grand sourire, moqueur et qui aurait pu passer pour hypocrite sans qu'il n'en soit rien. De toute façon, c'était toujours ça : il voulait manger un gâteau et je lui en piquais au moins la moitié. Soit en le prenant par surprise, soit en pleurnichant. A noter que la seconde option marche aussi bien que la première ! Je ne captais qu'un temps après qu'il l'ait fait qu'il avait enlevé sa chemise. Je tâtais son bras un moment, puis faisais la moue. « Mouais, c'est pas très très musclé tout ça.. » Vu ce qu'on fait d'habitude, je ne pense pas que Yaël m'ait jamais vue aussi concentrée qu'aujourd'hui; il ne connaissait donc pas ma manie de tirer la langue quand je m'appliquais à faire quelque chose. Ce qui explique le fait qu'il se moque de moi – c'aurait pu être la millième fois que je le faisais devant lui, il en aurait toujours ris je crois – en touchant ma langue et me disant que je bave. Je ne décidais même pas de lui répondre sinon son visage ressemblerait à celui de Sacha après s'être endormi auprès de Rondoudou.
Ses bras m'entoure quand je me jette à son cou, et je pose ma tête sur son épaule, sans bouger jusqu'à ce qu'il dégage son bras pour regarder le bonhomme fraichement dessiné. Il se faisait boudeur. « Lui ? Le gros là ? T'insinues que je dois maigrir ? » Je soupirais et lançais tout doucement « Mais non t'es pas gros, t'es très bien comme t'es ! » Je sais pas, j'aurais été mal à l'aise de dire ça tout haut. Je disais toujours ce genre de choses bas, mais je ne m'en rendais pas vraiment compte. C'était devenu comme une sorte d'automatisme. Je pouvais lui sauter au cou ou l'embrasser sur les deux joues ou lui dessiner dessus jusqu'à ce que ça l'oblige à enlever ça chemise, mais il y avait des trucs que je trouvais étranges à dire tout haut. Je m'accrochais un peu plus encore à lui en le suppliant du regard de ne pas bouder. Je ne supportais pas me mettre quelqu'un à dos, qu'on m'en veuille ou me boude.
Et là, c'est le retour de la trousse sans fond, remplie de feutres parfumés cette fois. Cerise tout d'abord, pour sentir bon de la joue et me donner envie de la manger. Je ne voyais pas d'ici ce qui était dessiné, mais j'irais voir plus tard. Alors que j'étais en position de force, Yaël m'obligea à m'allonger, inversant les rôles. Je le sentais mal, tiens.. Le feutre au raisin fit son entrée en scène, et j'agrippais le poignet de mon bourreau pour sentir le feutre avant de le laisser exprimer toute sa créativité. Je le regardais soulever mon t-shirt sans réagir, et me retenais jusqu'à ce qu'il ait fini pour rire un bon coup. Ça chatouillait énormément, et j'étais très chatouilleuse. Me calmant, je regardais comment il m'avait décoré le ventre. « Comme ça tu as les mêmes que moi ! » Puis je soulevais son débardeur pour regarder. « Ah ouais ! Je suis une mini-toi maintenant ! » Je lui souriais et me redressais pour lui faire un bisou sur la joue. Puis il se redresse pour se rallonger plus loin. J'en profitais pour courir à la salle de bain et revenir un peu plus tard, le t-shirt noué sous la poitrine. « C'est trop mignon le petit coeur ! » Je partais m'asseoir à côté de lui et le regardais. « Yaël ? Pistache ! » Je riais quelques instants et m'arrêtais net. « C'est bizarre, c'est drôle normalement.. » Pas douée.
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MessageSujet: Re: oh, kiss me beneath the milky twilight.   Jeu 28 Juin - 14:11


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    Corbeau et Yaël ensemble dans une pièce, c'était étrange. Et lorsque les yeux verts se plantent dans les océans de la jeune femme, un sourire naît sur les lèvres du brun, complice. « Si j'avais pas bougé, c'est ce que tu aurais fais ! Malpoli ! » Oh cette histoire de cookie, c'était du n'importe quoi, et si Corbeau tire la langue, Yaël l'imite aussitôt avant de rire un peu. De toute manière, il lui cède toujours tout, comme s'il était sous un charme puissant... Ca doit sûrement être ça. C'est pas possible de croiser le regard de l'illustratrice et ne pas succomber, on a tout de suite envie de se plier en quatre pour exhausser tout ses désirs. Elle n'a qu'un mot à dire et Yaël est tout dévoué. Lorsqu'on se moque de lui, notamment les mecs de l'imprimerie, voir même leur boss, il se contente de dire que c'est pour toujours avoir de beaux dessins pour ses livres. Pauvres enfants. Pauvre Yaël. Et, couché au sol, nonchalamment, ses yeux ne peuvent s'empêcher de fixer ceux de Corbeau. Le voilà prisonnier, un sourire idiot aux lèvres. Un seul mot. « Mouais, c'est pas très très musclé tout ça.. » Pardon ? Lui pas musclé ? Il en avait tapé des tas de mecs qui se la pétaient avec leurs muscles, et à part le nez cassé, il s'est toujours bien sortit de ces bagarres. Il est fort, l'air de rien, alors il se met à bouder, comme un enfant, parce qu'il en est un. Il faut prendre garde quand même, parce qu'il est dévoué à Corbeau, mais il est prêt aussi à lui dessiner partout dessus. C'est le cerveau à l'envers.
    « Mais non t'es pas gros, t'es très bien comme t'es ! » Ce n'est qu'un murmure, et Yaël se surprend à sourire alors qu'il glisse doucement ses doigts sous son menton avant de le redresser pour la regarder droit dans les yeux. Il la connaît à force, il a l'habitude de la voir déborder d'affection -il est pareil, en fait- et de n'entendre des compliments qu'à demi-mots, à peine formulés. Sans plus attendre, il vient doucement déposer un baiser sur son nez avant de la relâcher. « Merci. » lâche-t-il finalement avec un sourire moquer et il s'empresse de reprendre sa pose au sol, sa main toujours soutenu par son coude. De toute manière c'est pas possible d'en vouloir à Corbeau, elle vous regarde avec des grands yeux adorables et on finit par craquer. C'était toujours comme ça, il se faisait toujours avoir de toute manière. Ses yeux glissent sur le cœur à la cerise sur sa joue et il hoche la tête, se félicitant d'avoir fait un truc si mignon, ce qui la rendait encore plus adorable. Et en plus de ça elle rit, et son rire résonne dans tout l'appartement, et c'est joli un rire de fille, encore plus lorsque c'est celui de Corbeau. Un sourire dessine les lèvres de Yaël, il observe les étoiles et lève son débardeur pour lui montrer les étoiles qu'il a de tatoué. « Ah ouais ! Je suis une mini-toi maintenant ! » Ouais, voilà. Son sourire s’agrandit et il la regarde filer dans la salle de bain tout en haussant un sourcil. Qu'est ce qu'elle fait ? Et Corbeau revient, son t-shirt noué sous sa poitrine, dévoilant son corps, sa taille. Il ne prend même pas garde Yaël, mais il est entrain de se faire avoir bêtement, surtout quand dans son cœur ça s'accélère un peu plus, et qu'il mord sa lèvre inférieur, ses yeux glissent sur sa taille.
    Planer, il est l'heure de planer. Pour changer un peu, pour penser à autre choses, Yaël sort son matériel pour rouler et commence à se faire un joint. Ah, ça le perdra sûrement un jour. « C'est trop mignon le petit coeur ! » « Comme toi. » répond-t-il du tac-au-tac. Oui, elle est mignonne comme un cœur, voilà. Et l'anglais se met à rire un peu avant de glisser le joint entre ses lèvres et de l'allumer. On ne dit pas que ça aidait l'imagination ? D'un seul coup, il allait avoir une tonne d'idées. Voilà. « Yaël ? Pistache ! C'est bizarre, c'est drôle normalement.. » Qu'est ce que... ? Et, derrière les volutes de fumée, Yaël fronce un peu ses sourcils avant de comprendre. Elle a essayé de faire une blague. Voilà qui la rend encore plus attachante. Il dépose le joint dans le cendrier au sol, et finit par poser ses mains sur sa taille, et ses doigts sur sa peau nue, ça fait comme une décharge agréable. Il l'attire doucement à lui, reprenant leur étrange étreinte auparavant, faisant passer ses jambes par-dessus ses cuisses à lui. Quel enlacement. « Tu oses me faire une blague à moi ? Et en plus tu te rates. » Il rit, un poil moqueur, avant de froncer ses sourcil, ses doigts ne se délogent pas de sa taille. « Je penses qu'il faut que je te montre comment on fait vraiment rire les gens. » Et le voilà qui se met à la chatouiller, se retenant d'éclater de rire à son tour.
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MessageSujet: Re: oh, kiss me beneath the milky twilight.   Jeu 28 Juin - 18:27


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Ce qui était bizarre dans le fait d'être avec Yaël, c'est que j'avais l'impression de pouvoir tout et rien faire à la fois. De pouvoir tout lui dire mais en même temps pas vraiment; c'était peut-être parce qu'il était l'ami et le collègue, que je pouvais me confier à l'ami mais devais rester distante avec le collègue. Quoi que jusqu'à maintenant je n'ai jamais vraiment croisé le collègue. Devant les éditeurs, si. Ils nous regardent bizarrement, mais Yaël a l'air beaucoup plus sérieux que quand nous ne sommes que deux. Il faudrait que chacun bosse de son côté, mais c'est pas possible. C'est bien de le revoir, et tellement pas marrant de bosser seule. Je préfère encore me faire écrire dessus.
Je m'étirais rapidement, au sol, comme une larve. Voilà des larves. Des groooosses larves, c'est ce que nous étions. Mais en même temps, c'est pas mal d'être une larve, hein. Mon nouveau but dans la vie peut maintenant être : devenir un papillon. Voilà voilà.
Je ne pouvais qu'apprécier ces moments. Après tout, Yaël était doux et adorable. Plein d'attention, et faisait à peu près tout ce que je voulais. Je le regardais et penchais la tête sur le côté en réfléchissant. « Yaël, tu me raconte une histoire ? » J'aimais bien ses histoires. C'en était qu'il aurait pu mettre dans un bouquin pour enfants. Et au fond, j'étais une enfant. J'adorais ça. Ces histoires, je veux dire. Ça finit toujours bien. Ça change un peu de la réalité. J'étais rapidement sortie de ses pensées par un baiser sur la joue et un remerciement qui me faisaient sourire.
En revenant de la salle de bain, je sentais son regard fixé sur moi. « T'es tellement fier de tes dessins que tu veux les encrer dans ta mémoire ou quoi ? » Je riais doucement en me moquant de lui. Et, assise en tailleur, je le regardais rouler puis allumer son joint. J'avais jamais osé fumer ça. J'avais failli m'étouffer d'une clope, j'imagine même pas ça. Ceci dit, je tenterais bien. Je sais pas, tenter de nouvelles choses. Trouver mes limites. Faire comme lui. C'est bête, mais je voulais faire les mêmes choses que les autres. Alors que c'est complètement con. Bref. « Comme toi. » Ces deux mots me sortirent de mes pensées. Je fixais le joint de monsieur, partir de ses mains à ses lèvres. Je remontais le regard vers le sien, dont les sourcils étaient froncés. Soit il n'avait pas apprécié la blague soit il ne l'avait pas comprise. J'hésitais un moment entre les deux avant de comprendre que je m'étais lamentablement raté. Je me serais bien caché dans un trou, là. Tu crains ma fille. Encore une fois, je suivais le parcours de son joints. Lèvres, main, cendrier. Je sentais autour de ma taille passer ses mains. Il m'attirait vers lui – dans tous les sens du terme – et faisait passer mes jambes par-dessus les siennes pour que l'on soit encore plus proches. Je l'imitais en l'enlaçant, ma tête se posant sur son épaule. Je le sentais respirer, je sentais son souffle quand il parlait, et c'était étrangement agréable. « Tu oses me faire une blague à moi ? Et en plus tu te rates. » Il se mit à rire, se moquant au moins un peu de moi. Je me faisais boudeuse un moment, le mordant gentiment dans le cou pour signifier un « Je te merde » jamais prononcé. « C'est pas ma faute, j'ai une mauvaise mémoire ! J'voulais juste te faire rire, c'est pas gentil de se moquer ! » Je soupirais et me mettais à sourire niaisement. Je ne pouvais pas faire la tête longtemps – encore moins à Yaël. Il finissait toujours par me faire ne serait-ce que sourire. Et heureusement que je n'aimais pas être de mauvaise humeur, parce que je ne resterais pas avec lui trop souvent – je n'arrive jamais à rester de mauvaise humeur quand il est dans les parages. Trop enjoué. « Je penses qu'il faut que je te montre comment on fait vraiment rire les gens. » Je m'attendais à tout avec lui. J'allais me préparer mentalement, me concentrer à ne pas rire pour ne pas lui donner raison, mais manquais à ma tâche en le sentant me chatouiller gaiement. Je basculais en arrière et finissais allongée, mes jambes toujours sur les siennes, me tortillant – comme une larve, le retour. Dans tous les sens. J'explosais de rire à ne plus en pouvoir et manquer d'air. Mes mains s'accrochèrent à ses poignets et je tentais entre deux rires de les éloigner de ma taille pour le faire arrêter. Puis sans savoir comment, je réussissais l'exploit de m'éloigner un peu. Juste le temps de me calmer, reprendre mes esprits. Expire, et inspire un grand coup. Tu vois, c'est comme ça qu'on respire. Merci bien. Tu t'endormiras moins bête ce soir ! Je me tirais intérieurement la langue à moi-même et reportais toute mon attention sur le conteur face à moi. D'accord, il avait gagné. Je ne pouvais pas m'empêcher de rire. Et je pouvais encore moins m'empêcher de rire quand on me chatouillait. Et puis je me retrouvais d'un bond sur mes jambes. « Tu peux reprendre après, mais mon jean me gratte ! Ça te dérange pas hein ? » Ledit jean balancé à terre, je me rasseyais comme je l'étais auparavant. Déposais un bisou sur la joue du conteur le plus idiot et adorable que je connaisse – et le seul en même temps – et faisais des grimaces face à lui pour le faire rire. En espérant que ça marche mieux que la blague pourrie et ratée de tout à l'heure – en même temps, ça sera pas bien dur vous me direz !
Prise dans une contemplation du plafond rendu coloré par la peinture, je me laissais tomber en arrière la bouche ouverte, comme fascinée. Un air me passait dans la tête, air que je m'empressais de chantonner en bougeant la tête en rythme. Même le plafond chez Yaël était décoré, racontait presque une histoire à lui tout seul. Mon regard se baladait de tache en tache, jusqu'à se rapprocher de la fenêtre du salon. Je me redressais contre lui, fixant ladite fenêtre avec surprise. « Dis bouclette, pourquoi y a des vieux monsieur qui nous fixent en bougeant comme ça ? Ils veulent aller aux toilettes ? »

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MessageSujet: Re: oh, kiss me beneath the milky twilight.   Dim 1 Juil - 17:33


lead me out on the moonlight floor, lift your open hand,
strike up the band and make the fireflies dances,
silver sparkling so kiss me.


    « Yaël, tu me raconte une histoire ? » Un sourire éclaire le visage de Yaël, c'est comme si on lui annonçait que Noël c'était tout les jours. C'est une fierté qui s'empare de lui lorsqu'on lui demande une histoire, mais surtout un ravissement total. Il était fait pour raconter des histoires, comme si c'était écrit dans ses gênes, comme s'il était né pour ça. Et lorsque c'est Corbeau qui lui demande, c'est comme si c'était le plus beau jour de sa vie fois quinze. Alors c'est avec un plaisir immense qu'il va lui raconter une histoire, juste quelque instant pour pouvoir en retrouver une. Il en a un million qui lui passe par la tête, un lièvre, un chaton, un mouton, n'importe quoi. Enfin, le temps passe et il y a trop d'idées dans sa tête, Corbeau a le temps de revenir de la salle de bain. « T'es tellement fier de tes dessins que tu veux les encrer dans ta mémoire ou quoi ? » Et c'est ça qui le fait sursauter un peu, se rendant compte que ça fait une demi-heure limite qu'il fixe le corps de Corbeau et que, en effet, c'est iridescent. Le voilà qui toussote un peu et détourne son regard, c'est sans doute mieux comme ça, il y a trop de mauvaises pensées. Il est décidément irrécupérable, surtout que c'est son illustratrice, et une vraie Princesse, on ne traite pas les Princesses de la sorte. Enfin bon, il faut se reprendre en mains ! Ca serait bien. C'est pourquoi il secoue la tête. « Non c'est bon, je les connais maintenant : le smiley, les étoiles, la moustache... » Et le voilà qui explose de rire en retombant sur la moustache de Corbeau. Okay, la concentration chez lui c'est pas fabuleux.
    Yaël passe doucement sa main dans les cheveux blonds, attend un peu comme ça en souriant, parce qu'il est bien comme ça, Corbeau elle sent bon en plus, et elle est toute adorable. « C'est pas ma faute, j'ai une mauvaise mémoire ! J'voulais juste te faire rire, c'est pas gentil de se moquer ! » Oui c'est vrai, c'est pas gentil, elle voulait juste faire un blague... mais bon dieu, elle est tellement mignonne, on peut pas résister à son visage de poupée ! Voilà que l'anglais se met à sourire comme un idiot, et il la chatouille alors pour la faire rire. En plus ça marche, et c'est contagieux parce que Yaël se met à rire avec elle, jusqu'à ce qu'elle s'échappe, qu'elle se redresse et décide de... retirer son jean. Attendez, pourquoi ? Il comprend plus rien, pauvre petit écrivain, et se contente de glisser son regard sur ses jambes. Argh. Pourquoi tant de souffrance intérieure ? Mon dieu. On a pas idée de retirer son jean aussi facilement et de s'asseoir, même si c'est face à un ami. C'est pas bien. Et Yaël se mord la lèvre avant se reposer ses mains sur sa taille, un peu plus gêné qu'avant. Et il se rend compte qu'elle lui a demandé si ça le dérangeait, alors le voilà qui déglutit un peu et secoue sa tête. « Non, non t'inquiètes. » penses-tu ! Le voilà qui essaye de se persuader du contraire, par ce que bon, il en a déjà vu des filles en sous-vêtements mais... Bon, stop les pensées là, ça va partir trop loin.
    L'anglais penche un peu sa tête sur le côté et l'observe regarder le plafond avant de se dire que c'était bientôt l'heure du thé tiens, et en plus de ça il avait fait des shortbread. Alors qu'il se penche pour attraper le joint et le glisser entre ses lèvres, Corbeau attire son attention sur la fenêtre. « Dis bouclette, pourquoi y a des vieux monsieur qui nous fixent en bougeant comme ça ? Ils veulent aller aux toilettes ? »Et lorsqu'il tourne la tête à son tour pour voir les voisins d'en face, c'était pour se rendre compte qu'ils ne voulaient pas aller aux toilettes, non, il les encourageait plutôt à passer au niveau supérieur. Oh mon dieu, c'était horrible. D'un bond, Yaël se lève et s'approche de la fenêtre pour montrer son majeur aux vieux. « FUCK OFF » lâche-t-il avant de refermer d'un coup sec les rideaux. Bande de fous. Il revient près de Corbeau et secoue la tête. « Laisse tomber, ces vieux sont trop tarés. » Et il se dirige vers la cuisine, lui faisant signe de le suivre et fais chauffer de l'eau. C'est un rituel que Yaël se doit de garder, ça rappelle un peu la maison, et puis c'est sacré le thé chez les anglais... quitte à correspondre aux clichés, il ne ratait jamais cette heure précieuse dans la journée. Un cendrier et le joint se retrouve dedans alors qu'il se tourne vers Corbeau. « Donne moi trois mots et je te fais une histoire ! » Le pire c'est qu'il est sérieux alors qu'il commence à préparer le thé.
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MessageSujet: Re: oh, kiss me beneath the milky twilight.   Mar 3 Juil - 2:07

Je trouve que les contes sont quelque chose d'important dans une vie. Il faut toujours un échappatoire à un quotidien gris et morose. Chacun d'entre nous a besoin d'un rappel de son enfance, d'un repère quelconque auquel s'accrocher quand on a plus rien d'autre. Ce repère, c'est les contes. Les histoires qui se finissent bien, toujours. Pour se rappeler qu'on peut toujours s'en sortir. Pour retrouver un peu d'espoir là où on en a plus. On aura jamais trop de magie pour embellir ce qui a besoin de l'être, pour dessiner un sourire ou faire éclater un rire. C'est ça, les contes c'est un peu magique. Petits, nos grands-parents auraient pu nous conter quelques histoires au coin d'un feu de cheminée. Et aujourd'hui, c'est à nous de faire passer cet amour des contes. Sortez chapeau haut de forme, costume, lapins et hirondelles; nous endossons pour une génération le rôle de magiciens.
Le problème de notre génération est que plus rien n'étonne les enfant. Plus rien n'éveille leur curiosité ou ne les fait rêver. Plus rien de fantastique, du moins. Parlez-leur d'un lapin, d'une petite fille trop rêveuse, de deux jumeaux chanteurs et d'un petit animal narcoleptique et ça ne leur fera ni chaud ni froid. Ne leur parlez plus de licornes, de princesses, d'amour impossible ou de chevalerie – malheureusement, tout cela ne les touche plus. Même regarder un ciel nuageux, personne n'y verra plus de forme de tortue ou de nounours; tous s'ennuieront avant ça. Plus aucun d'entre eux ne regardera un ciel étoilé de la même manière que nous. Nous sommes les derniers venus d'une autre génération.
Vestige du temps passé.

Je sentais Yaël plus tendu que d'ordinaire. Il semblait aussi plus réfléchi. Je ne l'avais jamais vu autrement que comme quelqu'un de naturel, spontané, très à l'aise. Il me semblait découvrir une autre facette de lui – ou la même légèrement bouleversée. Il était peut-être autre chose que le conteur peu concentré et l'ami un peu fou que je connaissais. Allez savoir. Peut-être même qu'il n'a pas changé, mais que je me retrouve face à un uranien ayant prit contrôle de son enveloppe charnelle. Eh quoi, c'est possible !
Je sentais ma tête se pencher sur le côté par pue automatisme, et prononçais doucement : « Yaël, Yaël, Yaël. Yaël le magicien, Yaël l'uranien. Pourquoi pas même Yaël le chirurgien. » L'air se faisait sérieux, le ton grave... l'accent so british. Le bras se tendait, doigts-pistolets. « Rendez-vous, vous êtes cernés ! » Je ne tenais pas plus de dix secondes et éclatais de rire. J'aurais adoré faire du théâtre et jouer une gendarmette.
L'anglais tirait encore sur son joint. Il devait passer plus de temps avec cette merde à la bouche qu'un stylo en main – conteur, ce devait être une couverture; j'aurais pu écrire un livre sur une théorie que j'ai établie il y a bien huit mois : Yaël est agent double. Oui oui oui. Mais chut, si jamais il point le rayon gama de son flingue d'uranien sur votre tempe, vous êtes mort.
Les jambes précédemment placées sous les miennes s'en allèrent sur leurs petits pieds, si vite que je ne le remarquais qu'une fois que lesdits pieds étaient aux fenêtres. Yaël tendit un doigt en l'air et ferma les rideaux d'un coup. Je ne comprendrais sûrement jamais pourquoi. Qu'y avait-il de mal pour de vieilles personnes dans le fait de vouloir aller faire pipi ? Ça n'était cependant pas intelligent de le faire partager à ses voisins avant ses toilettes. Mais passons.
Toujours au sol, j'imitais Yaël en tendant mon majeur, puis m'arrêtais brusquement. Qui sait si ça n'était pas un signe de gang. Oh non non non, je refusais de mourir pour un pauvre doigt tendu.
Je concentrais à nouveau mon regard sur le plafond coloré. Arc-en-ciel créatif. « Laisse tomber, ces vieux sont trop tarés. » Je souriais. Le pauvre ne nous avait sûrement jamais regardés, en train de se dessiner dessus à vingt ans révolus chacun. C'était drôle de le voir qualifier d'autres de tarés. Tu seras toujours aussi surprenant, Yaël...
Ses pas s'éloignaient et je me redressais, finissant moi aussi sur mes pieds. Il s'éloignait vers la cuisine, et je le suivais de près comme il me faisait signe de la faire. Je ne sais pas, comme si rester éloignée de lui me rendrait vulnérable à un écureuil-garou invisible grâce au charme d'Izma la magnifique. Ah.
Yaël-le-bouclé mettait l'eau à chauffer. Je regardais ma montre; l'heure du thé. Il ne l'avait pas loupé une fois depuis que je le connaissais. Rituel sacré. Le joint passait de ses lèvres à son cendrier, et je le suivais du regard. Grossièrement baladé. Trois mots. « Colombe, étoiles, noir. Voilà tes trois mots. » Je lui souriais et me hissais sur le plan de travail en attendant mon histoire. Les balancements de mes jambes dans le vide soulignaient le tic tac incessant de l'horloge.
C'était peut-être du temps qui passe dont j'avais peur en m'éloignant de lui.
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