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 Welcome to Nightmare Land ϟ [March L. RICHTER]

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MessageSujet: Welcome to Nightmare Land ϟ [March L. RICHTER]   Jeu 21 Juin - 20:20


Faire les cent pas était parfois long, inutile et retardait simplement de quelques secondes l'instant T qui vous mettait en face de la réalité. Les mains dans les poches de sa longue veste blanche, le regard perdu dans la contemplation du paillasson posé de travers devant la porte en bois de l'appartement, Pandore tendait l'oreille. Cela faisait à peine trois jours qu'elle n'avait pas vu March et elle se demandait déjà dans quel état elle allait le retrouver ... L'on ne pouvait pas dire que ce garçon n'était pas surprenant, bien au contraire, et alors qu'elle hésitait à entrer, la jeune femme ne pouvait s'empêcher de se demander quelle nouvelle surprise il allait bien pouvoir lui réserver. Allait-elle le retrouver en plein délire métaphysique, se roulant par terre les yeux exorbités ou bien plongé dans une intense concentration face à une nouvelle toile ? L'inquiétude ne faisait pas partie de ses principales occupations et pourtant, pendant ces trois longues journées, pas une seule heure n'était passée sans que la vaillante conseillère du maire ne s'interroge sur les activités de névrosé de celui qui avait su la toucher. Dans tous les cas, elle savait pourquoi elle était venue : le soutenir, l'aider à y voir clair dans la limite du possible, le réconforter et le rassurer, voilà les tâches qu'elle s'était imposées pour apaiser sa conscience perturbée.

Le Lièvre de Mars avait toujours été un peu spécial en son genre mais sa singularité et sa passion pour les cuillère avait ému la grande Reine des Glaces qui l'avait découvert dans ce monde étrange au beau milieu duquel elle avait atterri. Maintenant, ce pauvre lièvre n'était plus que l'ombre de lui-même ... La malédiction s'était révélée terrible pour certains d'entre eux et, se retrouver arraché de force au monde de folie qu'était le sien avait tendance à le laisser désorienté, complètement déboussolé et conscient que ce monde n'était pas fait pour lui. Il savait que quelque chose clochait et que le pays des merveilles existait ... ou plutôt, il tâchait de s'en persuader au plus profond de son âme. Arquant un sourcil, mordant l'intérieur de sa joue nerveusement, Pandore se demanda si elle n'avait pas commis une gaffe en lui avouant qu'elle le croyait la dernière fois qu'il lui avait parlé de ce monde fantastique où le non-anniversaire était la fête nationale de tous les jours, mais se rassura en se disant que cette révélation n'avait pu qu'être bénéfique pour lui et que, peut-être que depuis, il se sentait un peu moins seul, un peu moins fou ... Il fallait bien avouer que l'être qu'il était aujourd'hui dénotait totalement dans une ville comme celle-ci. Beaucoup s'en méfiaient, le regardaient de travers ou ne lui prêtaient même pas attention ... il était laissé pour compte mais Pandore comptait bien y remédier une fois de plus. Il n'y avait rien de plus terrible que la solitude et le déni, même la Reine des Glaces en avait conscience et pourtant, elle n'était pas du genre à compter sur les autres pour s'assurer de sa survie, bien au contraire. March était bien plus qu'un simple pion sur son échiquier de glace, il était une présence réconfortante, un être constitué d'un brin de folie et d'une pincée d'excentrisme, qu'elle appréciait savoir à ses côtés. Et pourtant, rares étaient les fois où la grande blonde s'attachait à quelqu'un. Selon elle, les hommes étaient le pire des fléaux, surtout lorsqu'ils étaient persuadés être puissants et invincibles. Les hommes étaient tous les mêmes à ses yeux et ce jusqu'à ce qu'elle tombe sur ce dingue. L'observer, essayer de le comprendre, contempler sa folie et l'apprivoiser ... tous ces petits efforts n'avaient pas été vains s'étaient transformés en une thérapie plutôt efficace. Avec lui et Jukka, elle parvenait à s'ouvrir au monde, à être un peu plus humaine et se soucier des problèmes d'autrui sans forcément avoir à se soucier des conséquences de ses actes. March était une faiblesse ... sa nouvelle faiblesse mais ça, personne ne le saurait, personne ne pourrait s'en servir puisque personne n'était assez fou pour s'en prendre à ce pauvre artiste.

Alors qu'elle tentait de s'auto-persuader, sa main était restée en équilibre partiel dans les airs, avançant par à-coups vers la poignée qui lui faisait de l'oeil. La dernière fois qu'elle l'avait vu, il était en très mauvais état et le voir de la sorte l'avait terriblement atteinte. Une nouvelle émotion s'était emparée de son être mais elle ne pouvait mettre de mot dessus ... était-ce de la compassion ? De la tristesse ? Cette sensation était indéfinissable mais elle n'avait pas aimé la sentir s'infiltrer sous sa peau qui l'avait soudainement démangée. Cette démangeaison revenait, elle la sentait dans le creux de ses bras et, pour l'occulter, elle se décida enfin à tourner la poignée et pénétrer dans l'appartement du Richter. L'odeur familière de peinture qui semblait vivre avec lui lui monta immédiatement au nez, ayant pour effet de la faire éternuer alors qu'elle refermait la porte derrière elle. "Faudrait que tu penses à fermer ta porte à clé March ..." avait-elle soupiré après être entrée, observant du coin de l'oeil les tâches de peinture recouvrant le mur à certains endroits. À chaque fois qu'elle venait, c'était journée porte ouverte. N'importe qui aurait pu entrer mais ça ne semblait pas l'inquiéter plus que ça, contrairement à la jeune Montgomerry qui avançait à tâtons dans l'obscurité de la tanière du lièvre. Manquant de trébucher sur une toile inachevée trainant au sol, un grognement s'échappa d'entre ses lèvres alors qu'elle plissait les yeux à la recherche d'un quelconque corps humain que ce soit au sol, sur le canapé ou sous la table ... rien. "March ? T'es là ?
Ôtant sa veste qu'elle posa sur le dossier d'une chaise, elle passa une main dans ses longs cheveux blonds pâle qui tombaient en cascade sur ses épaules, tendant à nouveau l'oreille pour déceler ne serait-ce qu'un murmure. Réajustant les plis de la robe noire aux manches en dentelle qu'elle portait, elle s'approcha du pupitre de l'artiste pour contempler sa dernière oeuvre vers laquelle elle tendit ses longs doigts fins. Qu'attendait-il pour surgir de l'obscurité ? Allait-il l'attaquer avec le revers d'une cuillère à soupe ? Considérant la moindre hypothèse comme valable, elle resta sur ses gardes, prête à bondir au moindre assaut.
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MessageSujet: Re: Welcome to Nightmare Land ϟ [March L. RICHTER]   Ven 22 Juin - 20:11


❝ Et le corbeau, immuable, est toujours installé, toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante à terre, ne s’élèvera — jamais plus ! ❞

Bon sang March ! Ouvre les yeux. J'hausse mes sourcils, passe ma main dans mes cheveux. Où est-ce que je suis ? A l'odeur, je dirais mon appartement. Je tire une grimace, me redresse du mieux que je peux. Un vague gémissement de douleur, s'échappe de mes lèvres - il faut dire aussi, que la position dans laquelle je me trouvais, n'était pas vraiment confortable. Noir, tout noir ici. Je papillonne des yeux, tente de me souvenir. Tu te souviens pas ? Tu as explosé y'a deux jours et ça fait aussi deux jours, que tu restes cloitré ici, dans le noir. Tu devrais consulter. Oh la ferme. Mais, c'est vrai que maintenant, je me souviens. Yaël n'était pas là, et pour tout dire, vu le silence qui règne, c'est qu'il n'est toujours pas rentré. Ma chambre, est un champs de bataille. J'ouvre vaguement le volet, pour laisser un petit peu de lumière passer. Effectivement, c'est extrême dans cette chambre. Ma tête tourne, me fait mal. Je ne sais combien de temps j'ai pus dormir et me réveiller à la fois. Je passe devant un miroir et vu l'état de mon visage, je n'ai surement pas dormis énormément. J'ai des cernes à tomber, on dirait un animal, un animal violet. Je frotte mes yeux, m'avance tel un fantôme dans l'appartement, histoire de voir s'il y a beaucoup de dégât. Ce serait bête, que tes oeuvres soient explosées. Mon coeur claque contre ma poitrine. Non, il ne faut pas que mes tableaux soient morts. Surtout pas cette pièce. Je me dépêche, me met à courir puis, j'ouvre la porte. La lumière explose ma rétine, mon seul geste logique reste de mettre mon bras devant mes yeux. Je vois un peu, et par chance, ils sont exposés contre le mur. Sourire aux lèvres, je m'avance vers la fenêtre pour fermer les rideaux, histoire d'être moins agressé. Je me laisse tomber au sol, assis en tailleurs. Je lève les yeux vers mes histoires, mon monde qui maintenant, n'est plus. Autour de moi ? Des personnes étranges, qui croient que je ne vaux pas mieux qu'eux. Un monde sans rien de beau, sans rien de bien grand. Monde sans couleur, sans odeur, sans raison de tenir et tourner en rond. Qu'est-ce que je fais ici ? Je ne pourrais le dire. C'est une malédiction, une punition.

Ma main se glisse sur mon torse, sur mon coeur. Qui petit à petit, se tord, se fane, perd de sa vitalité. Mon monde se meurt et je disparais avec lui. Simple création d'un esprit trop dérangé, âme en peine, qui petit à petit se perd dans les ténèbres. Tel un fantôme. Un jour, tout ça n'existera plus. Je suis né poussière, et je redeviendrais poussière. Je m'allonge sur le parquet, les yeux dans le vide. Le chapelier, le chat, le loir, tout. Alice. Alice. J'inspire un long moment, puis je vois maintenant des visages que je connais depuis mon arrivée dans ce lieu. Yaël, Katherine, Eliott même et surtout, Pandore. Sa pensée, m'arrache un sourire, presque idiot. Parait-il, que peu importe la personne, il y aura toujours quelqu'un pour la comprendre. D'une manière ou d'une autre, d'un sourire, d'un regard tout pourra se dire entre ses deux personnes. Je suis le funambule, sur ma corde glissante, et elle, c'est celle qui se trouve en dessous, prête à me rattraper. Une main blanche, tendue qui n'attend qu'une chose, qu'on la prenne, une main qui aide. C'est un baume au coeur, une envie de continuer à se battre, encore et encore. Redevenir, qui j'étais. Ne plus avoir honte de rien, parce que de toute manière, je dois m'adapter à ce monde, mais avec Pandore, je ne sais pas, je peux me montrer à mon vrai jour. Pas comme du côté de ma dite famille. Selon eux, je ne suis qu'une honte, une erreur. Peut-être qu'ils ont raison oui, mais moi, je me souviens de tout, tout, tout. Je me redresse, puis fixe la toile blanche. Depuis des jours maintenant, je ne suis pas arrivé à faire un trait de peinture. Rien. Le syndrome de la page blanche pour un écrivain et pour moi, je pourrais dire le syndrome de la toile blanche.
Blanche.
Silence.
Blanche ? J'hausse les sourcils et là, une idée me grimpe à la tête. Le blanc, le bleu, les couleurs froides, froides comme la neige. Comme elle, ô reine des lieux enneigés. Je me redresse d'un seul coup, attrape mes pots de peinture, mes pinceaux. Blanc, bleu, un paysage de glace, un visage qui apparait. Comme une transe, un état secondaire. Le temps passe vite, si vite. Et là, c'est le drame. Un son, un petit bruit qui me sort de mon monde. Un éternuement. Non, ce n'est pas Yaël. C'est bien trop aigu, bien trop je ne sais pas. Féminin je dirais ? Je passe le dos de ma main, sur mon front, et maintenant il y a une belle trace bleue. « March ? T'es là ? »

Mon coeur se met à claquer contre mon torse, cette voix, je connais cette voix ! Elle est douce, résonne dans mes oreilles. Quand on peint le loup, il arrive bien vite. Je repose mes pinceaux au sol, tant pis pour le parquet. Puis, j'ouvre la porte, il est vrai que, l'appartement est plongé dans le noir. Je glisse un doigt sur l'interrupteur, j'allume. Sourire aux lèvres, je me met à rire en voyant sa tenue, sombre certes, mais ses cheveux sont blancs, si blancs. « Tu fais contraste à ce lieu, tu le sais ça ? Un peu comme, la lumière dans les ténèbres. Mais en moins apocalyptique. Enfin, je parle de tes cheveux. Ta robe est superbe, du peu que je puisse voir. » Noir sur noir, ce n'est pas vraiment pratique. Seul ses yeux brillent et sa chevelure rayonne. « Je suis, heureux de te voir. Désolé de ne pas montrer vraiment ma joie en te sautant dessus comme d'habitude, mais, je vais éviter de tâcher ta robe avec mes mains. » Je lève celles-ci et montre le résultat, un peu de bleu par-ci et par-là. Je suis un tableau à moi tout seul, parait-il. De plus, je tiens à lui montrer le début de son tableau. De ce que je vois en elle, de ce que je pense d'elle. Des nuances de blanc, de bleu, des couleurs froides certes, mais il faut savoir regarder au delà de l'image. Savoir ressentir tout simplement. « Viens ! Tu sais quoi ? J'ai retrouvé l'inspiration en pensant à toi, dame des neiges. »

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MessageSujet: Re: Welcome to Nightmare Land ϟ [March L. RICHTER]   Mer 27 Juin - 3:34



La distance qui séparait la toile du bout des doigts de la Reine des Glace était minime à présent. Alors que les yeux clairs de cette dernière perçaient l''obscurité ambiante à la recherche d'autre chose que des tâches de peintures ou oeuvres d'artiste ou encore mobiliers atteints par la folie des coups de pinceau de ses habitants, un léger bruit la tira de sa contemplation, n'ayant guère le temps d'en découvrir plus. Faisant un pas en arrière, plissant les yeux, elle avait à peine frôlé la toile que de vieux souvenirs parsemés de flocons de neige ne prenaient possession de son esprit et de la pièce dont les contours se modifiaient. Une délicate bourrasque agita ses cheveux qui vinrent lui chatouiller le dos puis les épaules, recouvrant l'espace d'un instant ses yeux à demi-clos. Son épiderme fut parcouru d'un frissonnement incontrôlable se généralisant du sommet de son crâne à ses chevilles, comme si elle avait soudainement froid ...

« Quel est le comble pour une Reine des Neiges ? »
La Reine des Neiges se cambra légèrement alors que son serviteur achevait de retirer de sa peau les quelques fragments de verre s'y étant plantés lors de l'invasion ayant fait voler en éclat quelques vitres de son palais par une armée viking ennemie. Allongée sur la couverture en poil d'ours qui recouvrait son immense lit, torse-nu, Pandore attendait avec impatience en serrant les dents, étouffant les grognements lui montant à la gorge à chaque retrait de morceaux ayant perforés sa chair tendre et froide.
« Je l'ignore ... »
Ayant du desserrer la contraction de sa mâchoire afin de se prononcer à ce sujet, elle ne put empêcher à ce gémissement de franchir ses lèvres légèrement rosies par le sang qui coulait de la plaie la dévisageant le long de sa joue égratignée par un coup d'épée. Serrant l'emprise que ses mains exerçaient sur la couverture, enfouissant de nouveau son visage dans cet océan de poils doux et chauds, elle maudit Jukka d'avoir attiré son attention alors qu'elle s'était plongée dans une espèce de transe méditative lui permettant de faire fit de la réalité et ignorer les plaintes douloureuses de sa chair se séparant des nouveaux intrus l'ayant pénétrée.
« D'avoir la chair de poule. »
Jukka venait de retirer habilement l'ultime fragment et s'apprêtait à présent à panser ses plaies alors qu'elle détendait ses bras et jambes, remuait doucement les épaules afin d'agiter le haut de son dos meurtri et engourdi qui se remit à saigner sous la pluie de reproches que lui adressait son humble serviteur. Ce dernier revenait avec une espèce de bouillie à base de mousse de pin et de neige qu'il appliquait consciencieusement en silence, un léger sourire au coin des lèvres que la Reine des Glaces pouvait percevoir en tournant légèrement la tête vers la droite, apposant sa joue gauche contre la couverture.

March avait le même sourire que Jukka ...
À l'instant même où cette pensée traverse son esprit et qu'elle se retrouve de nouveau les deux pieds à terre dans la pièce principale et obscure de l'appartement du Richter et de son colocataire, ses yeux se ferment instinctivement alors qu'un rayon de lumière soudain illumine l'espace dans lequel elle se trouve. Levant ses mains à ses yeux, les laissant un court instant apposés contre ces derniers, elle finit par écarter ses doigts et découvrir à demi le jeune homme au front recouvert d'une trace de peinture. Arquant un sourcil, il ne lui faut que peu de temps avant de deviner à quelles activités il devait se livrer avant de se rendre compte qu'il avait de la visite et venir ainsi, la mine réjouie, riant devant son interlocutrice avant de la saluer. « Tu fais contraste à ce lieu, tu le sais ça ? Un peu comme, la lumière dans les ténèbres. Mais en moins apocalyptique. Enfin, je parle de tes cheveux. Ta robe est superbe, du peu que je puisse voir. » Un sourire amusé se dessine sur ses lèvres alors qu'elle ne retire entièrement ses mains de devant ses yeux et ne lui fasse une petite révérence, saisissant entre son pouce et son index de ses deux mains les pans de sa robe, la levant légèrement comme l'aurait fait une jeune femme de la cour à la robe trop longue. Les compliments que lui adressent le jeune artiste la touche ... Il a toujours su la faire rayonner en seulement quelques mots et le fait qu'il insiste sur la couleur de ses cheveux Cette marque sur ton front te va à ravir, tu ne m'avais pas dit que tu te lançais dans l'art du maquillage corporel ! J'aurais su, je t'aurais proposé mes services en tant que cobaye, je trouve ma peau bien trop blanche ... Le fait de porter du noir ne faisait que souligner encore plus la blancheur de ses traits bien que, depuis la malédiction, son épiderme n'ait reçu un taux de mélanine conséquent lui permettant d'acquérir une couleur de peau légèrement moins blanche de neige qu'auparavant. Seul trait inchangé, la couleur blonde tirant vers le blanchâtre de ses cheveux, sa grande fierté. « Je suis, heureux de te voir. Désolé de ne pas montrer vraiment ma joie en te sautant dessus comme d'habitude, mais, je vais éviter de tâcher ta robe avec mes mains. » Haussant les sourcils, la jeune femme fit un pas en avant vers son hôte, caressant du bout des doigts le mur recouvert de tâches de peintures que ses ongles eurent le temps d'érafler légèrement au passage. Le Lièvre lève les pattes en l'air, ces dernières sont elles aussi recouvertes de peinture ... À vrai dire, il n'y avait pas que ses mains ni son front qui étaient peinturlurés mais aussi le restant de ses vêtements. Cet homme était une vraie oeuvre d'art à lui seul, faisant vivre les traits de couleur le recouvrant à chaque mouvement devant les yeux curieux de Pandore jusqu'à ce qu'elle n'arrive à sa hauteur et ne tende ses bras vers lui.
« Voyons, pas de manières avec moi veux-tu ! Laisse-moi au moins te serrer dans mes bras puisque tu ne peux le faire. » Elle se glissa contre lui, sa chevelure caressa son visage alors qu'elle enserrait son corps entre ses bras recouverts de dentelle. Elle ne pouvait l'expliquer mais, le sentir là, avec elle alors qu'elle s'était inquiétée pendant trois longs jours la rassurait et lui donnait envie de sourire bêtement, chose qu'elle faisait bien rarement en dehors de cet appartement coloré. « Tu m'as manqué tu sais ? » Le visage enfoui dans son cou, elle venait de souffler ces quelques mots contre sa peau tout en se dandinant joyeusement contre lui avant de lui rendre sa liberté et le laisser l'entraîner vers une découverte inattendue.

Le comportement du lièvre de Mars avait interpelé la Reine des Glaces dès l'instant où elle l'avait rencontré. Un être perturbé au caractère explosif et aux interventions remarquables. Angoissé, délaissé, il ne lui restait plus que son ami le Chapelier et leur tea-party interminable pour animer ses journées. sous le tic tac incessant de la montre du lapin blanc qui courrait de-ci de-là pour rappeler à tout le monde que le temps tournait et qu'il ne fallait pas être en retard ... Dès le début, elle avait ressenti cette envie de le protéger de cette Reine coupeuse de tête, de le rassurer quant à la réalité de son monde, de lui faire ouvrir les yeux et comprendre qu'il y avait finalement quelqu'un pour illuminer ses journées avec ses longs cheveux blancs qui avaient toujours eu l'air de le passionner. March était un repère, une boule d'énergie qui rythmait le temps passé à ses côtés, rendant les secondes, minutes et heures en sa présence agréables et uniques. Il n'y avait pas à dire, elle était heureuse de le savoir ici, à Taleville. Lui chuchoter qu'il lui avait manqué était une façon de lui faire savoir qu'elle était là et le serait toujours comme elle l'avait toujours été depuis leur rencontre remontant à des années lumières de ce monde qui n'était pas le leur. Tant qu'il souriait, qu'il avait l'air un tant soit peu conscient et bien loin d'une nouvelle crise d'hystérie, la jeune femme était pleinement satisfaite ... D'ailleurs, il avait l'air impatient de lui montrer quelque chose ... « Viens ! Tu sais quoi ? J'ai retrouvé l'inspiration en pensant à toi, dame des neiges. » Jetant un bref coup d'oeil à sa tenue pour voir s'il l'avait contaminée d'une varicelle de couleurs avant de le suivre, intriguée par cette révélation, elle finit par le suivre refusant de laisser paraître sur son visage le trouble qui l'avait envahi alors qu'il prononçait la fin de sa phrase ... dame des neiges ... Se pouvait-il qu'il lui reste quelques bribes de souvenir de l'ancien temps ? Se pouvait-il qu'il soit proche de découvrir la réalité ? Il n'avait pas le droit ... Que risquait-il en découvrant la vérité vraie ?
Mordant l'intérieur de sa joue, Pandore lui adressa un regard interrogateur mais aussi un sourire encourageant. Si elle pouvait l'aider à ne pas sombrer dans la douce folie salvatrice qui lui tendait bien trop souvent les bras, l'invitant à se perdre une fois de plus dans un monde angoissant pouvant lui faire perdre pieds plusieurs jours durant, tant mieux. « Je vais pouvoir me reconvertir en muse ! Tu crois que ça paye bien ? » Agrippant son bras, elle se laissa guider, ne sachant à quoi s'attendre.


Dernière édition par Pandore C. Montgomerry le Jeu 28 Juin - 0:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Welcome to Nightmare Land ϟ [March L. RICHTER]   Mer 27 Juin - 14:09


❝ Et le corbeau, immuable, est toujours installé, toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante à terre, ne s’élèvera — jamais plus ! ❞

Pandore ? Je ne saurais comment la qualifier réellement à vrai dire. Je sais que, sa présence me fait du bien, elle réussi à me donner ce truc que personne ne pourra jamais me donner. Cette certitude, de servir à quelque chose, d'être quelqu'un de bien, être apprécié par ce que je suis. Ne pas mettre un masque pour être " comme tout le monde ", oui, je dois dire en toute franchise, que Pandore est le point positif de ce monde. Celle à qui je donne ma confiance, celle a qui je confie mes plus sombres secrets, mes plus sordides souvenirs. C'est l'oreille à l'écoute, la main qui prend la mienne, le sourire dans les causes perdues. Elle a une place importante, laquelle ? Je ne pourrais le dire, mais, elle est importante à mes yeux. Ce petit fil fragile qui me permet d'être accroché à mes idéaux, mes envies, mon monde. « Cette marque sur ton front te va à ravir, tu ne m'avais pas dit que tu te lançais dans l'art du maquillage corporel ! J'aurais su, je t'aurais proposé mes services en tant que cobaye, je trouve ma peau bien trop blanche ... » Elle prend partie de mes idées, tente de me cerner. Un large sourire s'accroche à mon visage, est-elle vraiment sérieuse ? Est-ce qu'elle serait partante pour que je tente cette expérience ? Je papillonne des yeux, j'avoue être étonné. Mais, peut-être est-ce une simple petite blague, je ne sais pas. En tout cas, je dirais oui avec grand plaisir. Sa peau est fascinante, elle est réellement blanche. Comme la neige oui. On dirait que le soleil n'agit pas sur son épiderme, c'est fascinant. Par ailleurs, ses cheveux blonds, n'arrangent certainement pas cette pâleur. Mais, la pâleur a du charme à sa façon. Une beauté froide, considérée comme insaisissable. Le genre de fruit interdit, comme dans ce bouquin là ... Oui la bible. La beauté froide, est fascinante, étonnante. Pandore dégage ce quelque chose, cette différence flagrante, elle est unique en son genre. Imprévisible. « Voyons, pas de manières avec moi veux-tu ! Laisse-moi au moins te serrer dans mes bras puisque tu ne peux le faire. Tu m'as manqué tu sais ? » Je ferme les yeux un moment, tout en évitant de tâcher sa belle robe sombre. Sa parole me fait du bien, je sens comme un poids tomber au sol et se fracasser. Manquer à quelqu'un, t'as décidément pas l'habitude mon vieux, ça te met dans des états. C'est pas la peine de t'en mêler. Je tire une grimace, mais c'est vrai que cette petite voix intérieure a raison. Pour tout dire, c'est la première qui me dit ça. Après tout, le trop fêlé March, ne va certainement pas manquer à ses parents ou bien à sa famille, l'autre côté Richter. Non, je suis juste un fardeau pour eux. Alors oui, si je dois dire que cette phrase me fait du bien, je peux le dire, haut et fort. « Toi aussi, tu m'as manqué. Énormément même. » Mon coeur claque contre mon torse à une certaine vitesse. Comme l'adolescent amoureux transi. Sans pour autant vraiment l'être. Comme le gamin qui découvre un magasin de bonbons, c'est ce genre de bonheur là. Celui qui na partira plus. Jamais.

« Je vais pouvoir me reconvertir en muse ! Tu crois que ça paye bien ? » Muse, oh oui et quelle belle muse ! Elle pourrait inspirer le plus désespéré des écrivains, le plus tordu des peintres, le plus étrange des musiciens. Elle inspire le froid, le regard profond, un peu tout et rien à la fois. En tout cas, me concernant, c'est une explosion d'inspiration. Moi, pauvre peintre à la recherche de quelque chose, mais quoi ? A la recherche de cette inspiration divine, parce que mes souvenirs, sont restreints, et quand je n'en ai plus, je tente de me diriger vers autre chose. Parfois, je fais rien pendant des semaines et m'amuse à jouer aux fléchettes sur mes propres toiles. Mais, aujourd'hui, mes pinceaux ne bougeront que pour elle. « En tout cas, je serais prêt à payer pour que tu sois mon modèle. » Rire en coin, sourire presque béat. Elle s'accroche à mon bras, et moi, j'avance dans ma fameuse salle. Elle est d'une blancheur éclatante, malgré tout, il y a des doses de couleurs ici et là. Des tâches sur le plafond, sur le sol, sur les murs. Puis, la toile au centre, c'est elle. Enfin, elle n'est pas totalement finie à vrai dire. J'ai encore des tas de détails à faire, des émotions à rajouter. La peinture, tout un art je vous l'accorde. « Ce n'est que le début, j'ai encore des tas de choses à peaufiner, des couleurs à rajouter. Une genre, d'émotion à faire passer. » Des yeux, de la neige, un sourire. Je mordille la lèvre inférieure, glisse un doigt sur la peinture encore fraiche. Intérieurement, j'espère que le pauvre début, va lui plaire un minimum. Je ne me considère pas comme le meilleur dans ce domaine, mais pas comme le plus médiocre non plus. Malheureusement, tout dépendra du goût des gens. Certains préféreront l'abstrait, d'autres pas. « Tu aimerais continuer ? Avec moi ? » Simple proposition, presque enfantine, mais avec un certain sérieux. Pour tout dire, j'aimerais bien la voir s'amuser avec des pinceaux, se laisser aller. Parce que intérieurement, je sens qu'elle a de l'imagination à revendre, des lieux en tête, des histoires à raconter. Je veux voir ce qu'il se passe dans sa tête. Parce que oui, les yeux sont certes une ouverture sur l'âme, mais la peinture aussi. Elle montre la personnalité, la façon de voir les choses. « Peinture sur corps, tu m'intéresses ! Tu serais vraiment partante ? Après, mis à part ce trait monstrueux sur mon front, je n'ai jamais essayé. Je suis plutôt inculte de ce côté. » Peinture sur toile seulement, après il y aussi les croquis sur papier. Mais sur corps, c'est nouveau. Ma curiosité l'emporte sur tout.

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MessageSujet: Re: Welcome to Nightmare Land ϟ [March L. RICHTER]   Mer 27 Juin - 22:17



La lumière extérieure arrive à ses yeux et l'éblouit tout comme l'éblouit le jeune homme tout de peinture recouvert. Il était amusant, presque touchant avec ses vêtements tout tachés qui auraient provoqués un soupir de désespoir provenant d'une mère exaspérée de devoir une fois de plus laver les affaires sales de son fils qui ne se faisait pas prier pour se jeter dans les flaques d'eau, se rouler dans l'herbe, faire toute sorte d'activités destinées à rendre ce t-shirt blanc comme neige d'une toute autre couleur du moment qu'il ne soit plus immaculé. Un enfant, voilà comment Pandore le voyait lorsque ses yeux pétillaient de la sorte, révélant un petit côté malicieux sur ses traits, et qu'il souhaitait lui montrer quelque chose d'exceptionnel, quelque chose qui lui plairait et la ferait sourire. Il en fallait peu provenant du jeune homme pour faire s'illuminer le visage de marbre de la grande blonde aux cheveux aussi rayonnants que sa mine. Son sourire s'allonge encore plus devant cet air étonné qu'il arbore alors qu'elle vient d'évoquer la possibilité de lui servir de cobaye. Était-il réellement étonné qu'elle trouve sa peau trop blanche et que, par conséquent, elle ne refuserait pas un ravalement de façade au pinceau ou doutait-il plutôt de sa sincérité ? Il était vrai que peu de personnes aimaient se faire dessiner, écrire ou peindre dessus mais elle n'avait jamais tenté l'expérience ... La neige l'avait déjà recouverte de la tête au pied mais jamais la peinture. Qu'est-ce que cela donnerait sous le coup de pinceau appliqué que tiendrait entre ses doigts agiles l'artiste March dont les cernes ternissaient un peu le regard. Elle leva sa main à sa joue, caressa cette dernière, fit passer son pouce sous ses yeux tentant d'effacer ces traces indiquant le manque de sommeil mais en vain. Une moue contrariée anima son visage alors qu'elle ôtait sa main et qu'il semblait toujours aussi exténué. L'avait-elle jamais connu en pleine possession de tous ses moyens ? Avait-il déjà dormi plus de trois heures par nuit ?

Alors qu'un tas de questions cheminaient à son esprit, elle le saisit dans ses bras, coupant court au flot de questions auxquelles elle n'avait aucune réponse. Sa peau était chaude et imprégnée elle aussi de cette odeur particulière de peinture qu'elle aimait sentir. Prenant une grande inspiration, inhalant cette puissante odeur de peinture mais aussi de March, car chaque personne avait une odeur particulière, elle soupira en riant légèrement alors qu'il lui soufflait « Toi aussi, tu m'as manqué. Énormément même. » et qu'elle sente le coeur de l'homme battre fortement contre sa poitrine. Il ne fallait pas nier l'évidence, Pandore était très attachée à son Lièvre de Mars, un peu trop même ... Sa peau frissonne légèrement alors qu'elle se retire délicatement, un sourire béât inhabituel collé sur ses lèvres. Elle se sent stupide et n'aime pas ça, tente de masquer maladroitement cette expression en regardant un instant vers la pièce de laquelle il venait de sortir, ayant tout de même le temps de remarquer qu'il tirait une tronche à peu près semblable à la sienne. « En tout cas, je serais prêt à payer pour que tu sois mon modèle. » Autant la remarque de la peinture sur corps était sérieuse mais cette dernière sur le statut de muse était pure ironie mais lui semblait intimement persuadé qu'elle aurait fait une bonne source d'inspiration. « Vraiment ? » Reprenant contenance, elle s'agrippa à son bras et l'accompagna dans son antre. Jamais elle n'avait visité l'antre d'un lièvre mais savait déjà qu'elle serait émerveillée par ce qu'elle allait découvrir tant le personnage l'y menant la surprenait de jour en jour.

Cette pièce, comme toutes les autres pièces de l'appartement, avait elle aussi été touchée par une pluie de peinture. Les murs, le plafond et même le sol étaient contaminés par cette varicelle de couleurs diverses et variées. Les plus grands peintres avaient-ils cette manie d'eux aussi tout tâcher ? « Ce n'est que le début, j'ai encore des tas de choses à peaufiner, des couleurs à rajouter. Une genre, d'émotion à faire passer. » N'en doutant pas un seul instant, acquiesçant d'un signe de tête, la jeune femme n'avait pas encore vu l'ébauche de tableau trônant au centre de la pièce, bien trop distraite par l'originale décoration des lieux. Et puis là, c'est la stupéfaction. Lâchant son bras sous le coup de la surprise, elle hésite puis s'avance. Un pas après l'autre, là, doucement. Les couleurs, les formes, tout ce qui se dégage de ce tableau lui inspire bon nombre de sensations indescriptibles. « March ... C'est ... » Merveilleux ? Incroyable ? La Reine des Glaces qui sommeille en elle se réveille le temps de faire pâlir ses lèvres, ses cheveux et son épiderme. Elle contemple à travers ces yeux clairs les traits de peinture représentants un sourire, des yeux et ... de la neige ... Oubliant un instant de terminer sa phrase, elle eut l'impression qu'il lui suffirait d'avancer sa main vers la toile pour que cette dernière ne se matérialise sous ses yeux et ne prenne vie, la plongeant de nouveau dans ce monde si particulier et si désert qu'était le sien à l'époque des contes ... Une pointe de mélancolie s'empare de son être, elle tremble légèrement puis tourne son regard ému vers le visage concentré de March qui, au même instant, fait glisser son doigts sur la toile. Le tableau avait beau ne pas être fini, ce qu'elle avait vu était suffisant pour toucher en plein dans le mille son coeur de glace dont les battements s'accéléraient progressivement. Alors comme ça, il lui restait quelques bribes de vérité, quelques souvenirs de leur ancienne époque et sûrement des souvenirs du descriptif qu'elle lui avait fait de son royaume ... Après tout, qu'est-ce que cela avait de surprenant ? Elle l'avait déjà vu parler ouvertement du pays des merveilles et se défendre y appartenir pour ensuite partir dans des crises d'angoisse le faisant se tordre au sol. Aurait-elle le même comportement en voyant cette oeuvre terminée ? Ce paysage et cette représentation d'elle-même la renvoyant à des années lumières du présent ? Serrant la mâchoire, les poings, elle finit par se détendre. Elle savait qu'elle aurait tourné folle si Jukka ne l'avait pas suivie dans l'aventure car il était sa raison, sa conscience, ce qui la rattachait à cet ancien monde dans lequel elle était si puissante ... Puissance désormais envolée au profit de la cause que tous les méchants défendaient, ayant fait s'éteindre l'étincelle de magie et la cruauté qui l'animait pour la rendre aussi humaine que les autres. « Tu aimerais continuer ? Avec moi ? » Ses yeux papillonnent à son tour alors qu'elle prend conscience de son état passager de faiblesse. « À vrai dire ... je n'ai nulle compétence en la matière ... j'aurais trop peur de tout gâcher ... » Ses yeux se tournent de nouveau malgré elle vers la peinture de laquelle elle parvient difficilement à détourner le regard. Si elle avait l'audace de s'emparer d'un pinceau, que se passerait-il ? Arriverait-elle à reproduire exactement les reflets merveilleux émergeant de la faïence bleue pâle recouvrant les vitres du palais et s'étalant au sol en de merveilleux éclats de couleurs ? Trouver le mélange parfait de couleur afin de représenter les aurores boréales recouvrant le ciel d'un amoncellement de couleur inimaginables ? La réalité lui faisait peur mais heureusement, March remit en avant un point évoqué quelques minutes plus tôt la tirant de sa méditation. « Peinture sur corps, tu m'intéresses ! Tu serais vraiment partante ? Après, mis à part ce trait monstrueux sur mon front, je n'ai jamais essayé. Je suis plutôt inculte de ce côté. » Haussant les épaules comme s'il s'agissait d'une évidence, elle ne put qu'acquiescer à cette demande. La blancheur de sa peau était sûrement équivalente à celle d'une toile vierge, il parviendrait certainement à faire le même genre de miracle que celui qu'il parvenait à étaler sur ses tableaux de la pointe de ses pinceaux. « Il y a un début à tout ! Tu te sens capable de relever un tel défi ? Dans ce cas j'accepte volontiers de t'offrir mon corps ! » Façon de parler n'est-ce pas ? ... souriant, légèrement gênée par ce qu'elle venait de dire, une bouffée de chaleur lui monta au visage faisant s'empourprer ses joues ... étrange sensation qu'elle n'avait jamais ressentie. Qu'était-ce ? Il lui restait encore tant à découvrir quant aux réactions humaines auxquelles étaient confrontées son corps bien trop humain, bien trop faible et avec lesquelles elle n'avait pas pour habitude de vivre. Trop longtemps elle avait été enfermée dans ce dôme de glace, trop longtemps elle avait fait fit de tout sentiment, se renfermant sur la certitude que tous les hommes étaient mauvais et en particulier les vikings ... Elle se sentait revivre. Plutôt étrange ... même son coeur se réchauffait. Était-ce March ou l'effet de la peinture ? Peut-être un mélange des deux, un mystère sur lequel elle ne s'attarda guère longtemps, préférant se laisser distraire par un pot de peinture rouge ouvert vers lequel elle s'avança pour y tremper son index. Le contact était spécial ... Jamais elle n'avait fait corps avec la peinture et la matière de cette dernière coulant le long de son doigt était ... surprenante. Ça devrait être agréable de se faire peindre, voilà la conclusion qu'elle en tirait après s'être redressée l'index en l'air, apposant ce dernier sur le bout du nez de March, un sourire enfantin aux lèvres tout en se plantant devant lui. « Ça te va bien le rouge ... » Puis son doigt peinturluré se pose sur son cou, son épaule et sur son torse y dessinant trois points distincts pour finalement s'arrêter à l'endroit où elle pouvait sentir battre son coeur. Son visage se relève de sorte à ce qu'elle ait son expression dans son champs de vision. Leurs yeux se croisent. Son index reste posé contre son coeur et elle se perd dans la contemplation de ces yeux qui la regardent.

Depuis quand s'autorisait-elle à avoir autant de contact avec quelqu'un ? Cherchait-elle à ce qu'il la fasse fléchir, se briser sous son regard ? La paume de sa main remplace l'index contre son coeur, à travers le t-shirt tâché, et les battements de ce dernier lui donnent l'impression que lui aussi cherche à s'exprimer. Le coeur était un organe singulier dont elle ne voyait pas l'intérêt dans son ancienne vie. Elle se méfiait énormément de cette partie de son corps ayant pu constater au fil de ses périples qu'il pouvait lui aussi souffrir. Combien de jeunes femmes de contes avaient-elles eu le coeur brisé à cause de tel Prince ou tel Chevalier ? Ainsi s'était-elle refusée à exposer son coeur à nu au premier homme qui aurait pu la briser aussi facilement qu'on pouvait le faire avec une allumette. Seulement, avec March, elle avait l'impression qu'elle pouvait s'ouvrir un peu plus sans avoir rien à craindre. Lui avait-il déjà fait mal ? Non, jamais ... Mais pourquoi devenir soudainement si sentimentale ? Est-ce à cause de ce regard inquisiteur, curieux et malicieux qui la fixe tout comme elle le fait ? Ses joues n'en finissent plus de rosir. Le temps s'est arrêté tout comme sa respiration. Il lui semblerait presque entendre au loin quelqu'un marcher dans la neige ... ou alors n'est-ce qu'au final le coeur de March ... Ses lèvres s'entrouvrent pour au final ne laisser passer qu'un mot faisant naître un chatouillement dans le bas de son ventre « Mars ... ». Ce nom ... C'était ainsi qu'elle l'appelait dans le pays des merveilles lorsqu'elle caressait ses longues oreilles et qu'il divaguait sur les choses qu'il voyait, les tasses qu'il envoyait valser à tire larigot ...
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